Les Pavillons Sauvages: en attendant les forces de l'ordre
Ils s'y attendaient mais pas aussi vite. La Préfecture vient d'annoncer aux squatteurs de l'avenue Jean Dagnaux la démolition imminente des anciens bâtiments de l'armée occupés depuis le mois de janvier 2007.
Exit le squat doté d'un espace d'habitation collectif, d'une salle de concerts, d'un accès Internet gratuit et de locaux de répétition rebaptisé «friche sociale et culturelle» (cf. Libetoulouse du 18/11).
La Société nationale immobilière (SNI), filiale de la Caisse des Dépôts et Consignation propriétaire des lieux a prévu de démarrer le chantier de construction d'immeubles de logements dés cette semaine.
Les forces de l’ordre n'ont pas encore fait évacuer les lieux. «Pour l’instant…» nous précise la Préfecture.
Sur place, la trentaine d'habitants des Pavillons Sauvages se mobilisent, soutenus par l'antenne locale de Droit au logement.
Sarah, 30 ans, mère d'une petite fille de trois mois annonce l'organisation de journées portes ouvertes : «Le but est de montrer ce que nous faisons aux habitants du quartier et à tous les toulousains. Ce lieu qui mêle habitat et activités culturelles est une alternative aux problèmes de logements ».
«Nous avons sollicité l'intervention de la Mairie afin d'obtenir un bail d'occupation, ajoute-t-elle. Nous sommes prêts à payer un loyer. Des solutions de ce genre existent ailleurs en Europe, en Italie et en Allemagne».
Du côté des politiques, le collectif des Pavillons Sauvages interpelle les prétendants aux prochaines élections municipales. François Simon, le candidat de «l'Autre Liste» (Gauche alternative) est «intervenu auprès de Jean-Luc Moudenc afin de trouver une solution négocié avec la SNI et la Mairie pour le maintien de ce lieu de vie ouvert sur le quartier».
Á la Préfecture, le ton reste ferme : «Pour l'instant, le recours à la force publique n'a pas été délivré à l'huissier qui en fait la demande, mais ce recours peut être délivré à tous moments à l'encontre de ces squatteurs qui ne bénéficient pas de la trêve hivernale ».
www.olibanum.org Olibanum
Journées portes ouvertes « friche Jean Dagnaux », 23 avenue Jean Dagnaux du mercredi 12 décembre au samedi 15 décembre à partir de 16 heures.
J-M.E


Après Bordeaux, Marseille et Paris, nous avons le plaisir de vous inviter à participer à une rencontre débat avec des membres du bureau de la Société des Lecteurs de Libération.
Nous vous donnons rendez-vous le MERCREDI 12 DÉCEMBRE à 18h au CAFÉ PICCADILLY (12 rue de la Trinité - entre Esquirol et les Carmes) à TOULOUSE
Rédigé par : Mikael | 12/12/2007 à 13h31
La situation des Pavillons sauvages des Minimes devient critique.
Le 17 décembre, les forces de l'ordre devraient faire évacuer le site. En plein hiver et alors que la loi sur les expulsions n'est pas applicable en cette période, des familles, des enfants vont se retrouver à la rue à la veille de Noël.
Ce lieu de vie ouvert sur le quartier et apprécié des riverains ne peut disparaître sous le coup de la force publique.
Je demande qu'une réunion de concertation et de dialogue s'ouvre dans les plus brefs délais avec tous les partenaires afin qu'une solution alternative acceptable soit proposée.
Pierre COHEN
Rédigé par : Pierre COHEN | 12/12/2007 à 14h49
LES PAVILLONS SAUVAGES DOIVENT VIVRE*
En ces temps où l'on parle de remettre les citoyens au coeur des dispositifs, où l'on parle de proximité, de mixité, de responsabilité citoyenne, individuelle et collective, où l'on parle d'identité d'une ville, se sont ouverts sur le quartier Chaussas « les Pavillons Sauvages ». Riches d'expériences antérieures multiples et croisées, les Pavillons Sauvages se définissent et se vivent tel un champ d'expérimentation sociale, écologique, artistique, culturelle et citoyenne, en prise directe avec les populations environnantes.
En ces temps où « les marges de manoeuvres » que permettait l'argent public semblent se restreindre, où pour autant on ne saurait « amputer davantage le pouvoir d'achat de nos concitoyens », où la mise à plat d'un existant et sa réinvention possible ne semble pas être imminente et prendre le temps qu'elle doit prendre, le Couac soutient les Pavillons Sauvages à ce titre d'expérimentation sociale, économique, écologique, artistique, culturelle et citoyenne partagée et encourage les partenaires institutionnels à en faire autant.
Cette aventure sous-tend une autre manière d'appréhender l'utilité publique, l'intérêt général en particulier par la co-construction citoyenne.
Ces aventures sont donc à suivre, certainement à évaluer dans la durée. Pour autant faut-il encore les laisser exister, les saisir là où elles se présentent, en respecter la fragilité et leur force qui est celle de ces gens divers, multiples qui se rencontrent dans le faire.
Rédigé par : La collegiale du Couac | 13/12/2007 à 08h46
Une analyse intéressante fut publiée ici il y a quelque temps sur les squats, il serait peut-être bon d'y revenir :
http://www.libetoulouse.fr/2007/2007/10/rflexion-le-squ.html
Rédigé par : Hiasmin | 13/12/2007 à 09h55
Un hommage à ceux qui agissent, comme François Simon qui se démène depuis la semaine dernière pour sauvegarder le pavillon sauvage en intercédant auprès du maire pour éviter l'expulsion, comme il s'est déjà mobilisé à plusieurs reprise pour les Don Quichottes Toulouse, les sans papiers et bien d'autres causes... la politique de l'engagement sur le terrain...
Rédigé par : Lola | 13/12/2007 à 20h52