Les irradiés de Rangueil avaient-ils tous besoin d'un traitement aux rayons ?
Il y a ceux qui ne voient plus, ceux qui courraient des marathons et n’ont plus la force d’aller chercher leur courrier à la boîte aux lettres, entre autres…
Les irradiés de Rangueil portent plainte contre X.
Les plaignants sont à ce jour 46, sur les 145 victimes du surdosage du service de radio chirurgie du CHU. Ces plaignants viennent en outre, de se réunir pour opposer leur refus de l’indemnisation provisoire proposée par l’hôpital.
Ils posent enfin la question de savoir si leur cas justifiait toujours un tel traitement aux rayons. Ou s'ils n'ont pas été parfois l'objet de simples considérations économiques.
Tout de suite, c’est 10.000 euros de provisions qu’ils exigent, contre les 5000 que le CHU leur tend. Il n’est de toute façon pas question pour eux d’attendre que la justice ait identifié les responsables alors qu’ils n’ont souvent plus de revenus.
Le avocat, M°Christophe Léguevaques est lui-même pressé de savoir qui, du CHU, de son bio physicien ou du constructeur de l’appareil de rayonnage, Brain Lab sera tenu pour responsable de ce «dysfonctionnement».
Mais il n'y a qu'un juge du pénal qui puisse mener son enquête. Pour l’heure, lui se heurte au refus de Brain Lab de transmettre les contrats qui lient la société au CHU de Rangueil. Ce qui lui permettrait de savoir précisément qui devait assurer la mise en route de l’appareil et former les personnels l’utilisant.
Brain Lab refuse encore de communiquer les documents établissant la validation des tests de mise en route.La transparence n'est pas la première qualité de ce dossier.
Le parquet de Toulouse choisira le mois prochain de confier son instruction soit à un juge toulousain, soit à un juge du pôle Santé de la Chancellerie. Cette dernière solution a la préférence des plaignants, ce pôle Santé n’en étant pas à sa première affaire du genre.
La plainte est déposée pour mise en danger de la vie d’autrui, coups et blessures involontaires et homicides involontaires. Six de ces irradiés sont en effet décédés. Le CHU de Rangueil persiste à penser que ces décès ne sont pas une conséquence de cette surexposition aux rayons, mais qu’ils ne sont dus qu’à l’état de santé des patients.
L’affaire pourrait enfin déborder la seule question du surdosage. Les plaignants ne sont en effet pas tous convaincus d’avoir eu besoin de ce traitement par les rayons. Quelques uns sont aujourd'hui invalides alors qu'ils se sont fait soigner pour une seule tumeur bénigne.
Dans leurs moments d'angoisse, ces irradiés en viennent à se demander si la multiplication des patients ainsi traités n’aurait pas servi à amortir un peu plus vite les 4,7 millions d’euros que coûte la machine.
GLv.
Le site des Irradiés de Rangueil : http://www.sosirradies31.fr


Je constate qu'à chaque fois qu'il est question de décès, le CHU dit que le lien n'est pas fait entre le surdosage (reconnu et parfois extrêmement important) et l'état de santé des patients.
Comment le CHU peut-il se dédouanner de la sorte ? Dans les autres centres où la radio chirurgie stéréotaxique est pratiquée depuis des années, il a bien été traité des tumeurs cancéreuses dans le cerveau ! Ces patients sont-ils tous morts dans les 6 mois qui ont suivi ? Si c'est le cas, c'est criminel de continuer ... si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui fait la différence ? LA SURDOSE... Force est de constater, EVIDENCE A L'APPUI que le traitement surdosé à Rangueil a abrégé la vie de ces patients alors qu'il devait les guérir ou,
pour le moins, prolonger leur vie !!!
Rédigé par : josette Trancho | 21/01/2008 à 14h07
Personne ne viendrait tenter d'amoindrir la souffrance et l'anxiété ressentie par les patients sur-irradiés depuis un an.
Néamoins il me semble à la limite de la manipulation voire diffamation de laisser filtrer certaines remarques.
1- Le traitement des métastases cérébrales (que ce soit par radiochirurgie ou par neurochirurgie "ouverte") ne vise pas forcemment à guérir le patient mais à prolonger sa vie dans les meilleurs conditions. Tous les centres traitant des tumeurs cérébrales connaissent ces cas de patients traités de leur lésion cérébrale mais mort à cause de leur cancer primitif. La communication sur ce sujet est très tendancieuse, comme d'accuser l'équipe de décision criminelle.
2-Laisser entendre que l'équipe muiltidisciplinaire cherche "à faire du chiffre" est intolérable, et montre une méconnaissance de la sélection rigoureuse des indications, lors d'un staff faisant appel à de nombreux spécialistes.
3-Une tumeur cérébrale même bénigne peut avoir des conséquences fonctionnelles ou vitales et nécessite donc un traitement agressif.
4- Les signes cliniques de patients sont incontestables et doivent être parfaitement évalués. Certains sont transitoires. Il faut faire la part des choses entre les signes liés à la tumeur elle même, au traitement radiochirurgical (les patients traités avec des doses normales sont rarement asymptomatiques) et les patients sur-irradiés.
5-Personne ne nie l'importance d'expertise à ce stade : les patients qui sont très anxieux et qui doivent être dédommagés, et l'équipe médicale qui est tenue par le secret médical (aucune communication piossible sur les pathologies, dixit les avocats) et qui est demandeuse d'expertise sur les cas de décès en priorité et les autres. L'accusation d'homicide sans possibilité de réponse adaptée est insupportable.
6-enfin on prend note de la parfaite communication médiatique qui en tentant de tirer le dossier vers un hypothétique complot des blouses blanches permet d'alimenter les gros titres et d'augmenter à chaque fois l'angoisse bien légimitime des patients.
Rédigé par : peter grimes | 22/01/2008 à 13h45
Je trouve cet article bien tourné.
Il écrit tout simplement ce que pensent les victimes ! Et cela peut au contraire leur faire beaucoup de bien: sentir ainsi qu'on s'occupe d'eux, que leur affaire n'est pas oubliée... il n'y a rien de pire que d'être relégué dans un placard !
La notion de "complot blouse blanche" est de mise ici : à partir du moment où il n'y a pas volonté de transparence on peut légitimement envisager qu'il y a "magouille" , "complot"... chacun choisira le mot qu'il trouve le plus adéquate !
Ce serait bien que les patients ayant reçu le même traitement mais avec de bons dosages, puissent prendre contact avec ces victimes, pour échanger sur ce qu'elles ont ressenti durant la période d'action du traitement. (elles peuvent le faire par le biais de leur site : http://www.sosirradies31.fr). Cela permettrait peut être à certaines victimes de relativiser un peu leur état, et cela permettrait aussi de constituer une bonne référence de symptomes dits "normaux" et pouvoir les comparer aux symptomes des victimes.
Cette affaire doit suivre son cours ! et surtout ne pas être reléguée en arrière plan, car nous sommes tous potentiellement amenés à cotoyer ce genre de traitements !
Je pense personnellement que dans les milieux médicaux, il y a des dessous de tables qui circulent : les centres hospitaliers pouvant se faire "graisser la patte" pour accepter de prendre une machine malgrè leur manque d'effectif et/ou leur manque de niveau de sécurité...etc.
Je ne dis pas que c'est le cas du CHU rangueil. Mais il est quand meme bon de controler tout ceci !
Il me semble évident que le seul responsable vis à vis des victimes est le CHU: il est fournisseur de "prestations médicales". Sinon, il faudrait que chaque patient puisse connaitre l'ensemble des fournisseurs des centres hospitaliers pour juger si oui ou non ils peuvent faire confiance !
L'erreur reste humaine, mais elle ne doit pour autant pas rester impunie !
Rédigé par : Isabelle | 24/01/2008 à 19h38