Municipales: le Modem du centriste Forget dans les pattes de Moudenc
«Je ne joue pas les trublions !» L’avocat centriste ex-UDF Jean-Luc Forget met le Modem dans les pattes
du maire sortant centriste UMP Jean-Luc Moudenc, mais ne veut pas qu’il soit dit que c’est pour l’embêter…
«Après 30 ans d’une même municipalité, c’est une grande lessive à laquelle aspirent les toulousains», sourit-il très aimablement. Jean-Luc Forget n’embête personne, mais il n’aide pas beaucoup non plus l’équipe sortante.
Son objectif : atteindre le second tour, se maintenir puis trier dans le programme de l’équipe gagnante ce qui méritera ou non son soutien.
François Bayrou a emporté 19,36% des suffrages toulousains à l’élection présidentielle. «C’est une rupture majeure», note Forget. Lui-même a réalisé 9,56% aux élections législatives qui ont suivi.
Il faut 10% des suffrages exprimés pour maintenir sa liste au second tour des municipales. Il est certain d’en obtenir beaucoup plus, le Modem, selon lui, ramenant aux urnes les électeurs perdus de la gauche et de la droite..
Un avocat centriste pour concurrencer un maire UMP qui revendique lui-même ce titre de centriste. Cela fait beaucoup de centristes dans la bataille. Le concours de beauté est lancé.
C’est au mois d’août que Jean-Luc Moudenc a appelé Jean-Luc Forget au Capitole pour lui proposer une liste commune UMP-Modem. Refus poli de ce dernier.
Ce que déclinant, l’ami de François Bayrou a fâché une grosse majorité d’élus centristes. Michel Valdiguié ou Jean-Pierre Lloret ne sont pas pressés de quitter la barque Moudenc pour le frêle esquif de l’avocat. La présidente de la fédération centriste Isabelle Husson tord elle-même le nez. «Mais 86% des 800 militants Haut-Garonnais du Modem ont soutenu ma démarche», dit-il.
François Bayrou devrait d’ailleurs venir en meeting à Toulouse au mois de février pour y soutenir son poulain.
Le poulain en question sort du bois devant la presse ce lundi 14 janvier en fin d’après-midi. Il ne présentera toutefois pas sa liste : «de toute façon, explique-t-il, elle est uniquement composée de gens nouveaux, donc inconnus du public».
C’est sur son programme qu’il devrait insister. Un programme «élaboré par une équipe à l’écoute des citoyens» dans ses «ateliers de la ville utopique». Et non pas un programme sorti du chapeau, lance-t-il avec un œil mauvais sur le prestidigitateur politique Jean-Luc Moudenc et ses «7 passerelles au-dessus de la Garonne que personne n’a jamais demandées».
Le candidat du Modem promettra ensuite à ces concitoyens de ne pas enchaîner plus de deux mandats au motif que «les hommes, ça s’use au pouvoir». Il leur promettra aussi de les «écouter» avec des échanges de mails, des mairies de quartiers transformées en forum continu, des numéros verts de téléphone, des courriers: «Pour que chacun puisse être informé des projets, des travaux entrepris et de leur état d’avancement».
Jean-Luc Forget dit que son projet est de «rendre le pouvoir aux toulousains», selon la vieille formule de François Mitterrand en 1974. Il dit aussi que «Moudenc est un contorsionniste qui ne sait plus comment se mettre pour faire oublier qu’il a adhéré 6 ans à l’UMP». Il dit encore que son programme est le plus beau. Ça ne mange pas de pain.
GLv


Jean-Luc Forget est plutôt bel homme. Son diagnostic sur les décennies de centre droit et sur le contortionnisme de Moudenc est plutôt juste. Pour le reste, il propose ce qui existe souvent déjà, en mieux.
Atteindra t-il les 10% ?
Espérons qu'ensemble nous pourrons reconquérir le capitole,avec Pierre Cohen, au deuxième tour.
Rédigé par : jani-rah | 14/01/2008 à 09h30
Pourquoi vous ne mettez en comparaison JL Forget uniquement qu'avec JL Moudenc ?
"Ca ne mange pas de pain". C'est sûr que les candidats PCF présents sur la liste de M? Cohen vont pouvoir, eux, en manger du pain, alors qu'ils ne pèsent rien électoralement (M.Cohen est pourtant un proche de DSK !?!).
Quant à M. Moudenc, il est peut-être centriste, mais reste entouré de gens de droite. Il est centriste "par idéal", pas dans les faits.
Toulouse a vraiment besoin d'un homme comme J.-L. Forget.
Rédigé par : Le Petit Grognard | 14/01/2008 à 10h03
Une triangulaire à Toulouse donnera (et c'est une certitude) Moudenc gagnant.
A bon entendeur…
Rédigé par : Jéré | 14/01/2008 à 10h39
Je suis bien d'accord avec Jani, JP Moudenc ne doit pas être reconduit car tout le monde sait qu'il est la marionnette de l'ancienne équipe Baudis-Blazy et Toulouse a besoin de sang neuf pour les années avenir. Donc au deuxième tour pourquoi pas une alliance Cohen- Forget.
Un Toulousain expatrié aux Pays-Bas qui va suivre de prés les élections municipales dans la ville de son coeur.
Nb : Ne pas oublier la liste "Alternatives Midi-Pyrénées" qui pourrait jouer les trouble-fêtes dans cette élection.
Rédigé par : Pascalou | 14/01/2008 à 10h42
Forget est sympathique mais il ne faut pas nous prendre pour des naïfs. Son positionnement au deuxième tour à Toulouse ne lui appartient pas, il se jouera à Pau. Si Bayrou est second, il fera alliance avec le troisième. Si le troisième est socialiste alors Forget fera ami ami avec Cohen. Si le troisième est UMP Forget passera un accord avec Moudenc. Forget n'est qu'une monnaie d'échange pour la carrière de Bayrou.
Rédigé par : l'oeil | 14/01/2008 à 10h48
@L'oeil
Le raisonnement est intéressant mais il manque un élément : qu'est-ce qui pourrait pousser Forget à jouer ainsi le rôle de monnaie d'échange ?
Je veux bien croire que Forget soit l'ami de Bayrou mais de là à faire tout ça uniquement pour le patron... Non, cette hypothèse est vraiment trop bancale.
Rédigé par : Oaz | 14/01/2008 à 14h13
Jean-Luc Moudenc ne manque pas d’air en appelant Forget à l’union, mieux à la fusion avant le premier tour. Il a oublié l’histoire qui lie les deux hommes et que Jean-Luc Forget racontait facilement dans les années 90. La voici, telle qu’il me l’a racontée au détour d’un couloir, il y a presque 15 ans. Jean-Luc Forget avait bâti demeure à Ramonville, y était installé avec sa famille et se trouvait être le leader de l’opposition à Pierre Cohen au conseil municipal. Vinrent les cantonales de 95 avec une bonne chance pour la droite de l’emporter dans le canton 9 (qui regroupe quartiers toulousains et Ramonville). Forget se voyait légitimement investi, et imaginait la victoire comme un tremplin dans l’affrontement suivant avec Cohen pour la mairie : jeune, centriste, avec une teinte écolo, il pensait correspondre à l’électorat local. Aussi quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il fut convoqué au salon rouge du Capitole par Dominique Baudis qui lui présenta le nouvel adoubé : Jean-Luc Moudenc. Forget prit la mouche, et lâcha la politique pour se consacrer au barreau, où il réussit fort bien comme chacun sait.
Le tueur qui avait frappé une première fois allait frapper une seconde en éliminant son ancien patron à la mairie de Lourdes, Philippe Douste-Blazy. Est-ce la répétition du geste, la vue du flingueur conquérant le Capitole, qui donna des idées à Forget ?
En tout cas, il revint en juin dernier à la politique comme dans un bon western, sur les terres de son assassin recyclé en shérif. Son score, près de 10%, puis son refus d’appeler à voter pour l’ex-flingueur précipita la chute de ce dernier. Dès lors, chacun savait que Forget avait pris date et certainement pas pour dérouler un tapis à celui qui voulait se voir seul dans le marigot centriste. La suite ? Cher lecteur (et électeur), vous la connaîtrez entre le 9 et le 16 mars ! Le ressuscité pardonnera-t-il ? Ira-t-il jusqu’au bout de sa vengeance ?
Rédigé par : georges lemaure | 14/01/2008 à 19h43
Une triangulaire à Toulouse donnera à coup sûr des représentants de la vie civile au conseil municipal.
Rédigé par : Pinocchio | 14/01/2008 à 21h13
Encore un revanchard ? Avec Cherfi, Belloubet, Havrin... ça commence à faire beaucoup à Toulouse...
Rédigé par : flo | 15/01/2008 à 01h12
Curieux ! Une amie étudiante en journalisme s'était mêlée hier à la foule des auditeurs de Jean-Luc Forget au 14 rue d'Aubuisson. Ce qui l'a frappée (faut-il qu'elle soit naïve en politique ;-), c'est l'originalité du discours de Forget : pour une ville où l'on respire davantage la démocratie, la nécessité de Conseils Municipaux plus fréquents, avec un conseil thématique (hors délibération casse-pied) par trimestre, tous filmés et diffusés. Une équipe neuve, préoccupée de tout sauf des ralliements et des arrangements entre amis. Le refus absolu du cumul des mandats et des renouvellements au-delà de deux.
Un programme pour une municipalité plus active, plus volontaire, anticipatrice et interventionniste en matière économique, sociale, culturelle. La priorité absolue aux transports, au sens large, avec des "états-généraux de la mobilité" dès le lendemain de l'élection, pour mettre fin à l'asphyxie de Toulouse.
Un ton que mon amie a trouvé "peut-être un peu trop gentil" à l'égard des concurrents. Peut-être les trouve-t-il assez grisâtres pour ne pas éprouver le besoin d'en rajouter ? Et des journalistes attentifs mais qui, comme ici, ne posent que des questions relatives aux ralliements, aux alliances et autres règlements de compte. En tout cas, ma journaliste en herbe m'a certifié ne pas avoir entendu JLF parler de "grande lessive" nécessaire. Pas plus qu'il ne s'est décrit comme "centriste" au sens étroit de ce terme. Oui, dans le scepticisme ambiant, il reste du chemin pour faire passer l'idée et les pratiques de la "politique autrement". Alors, une suggestion : les journalistes peuvent et doivent aider dans cette voie, par des échos et des débats de fond, ceux qui s'y emploient vraiment. Quel que soit leur bord.
Rédigé par : historique | 15/01/2008 à 12h04
any news coming ?
Rédigé par : Gay Sex | 29/06/2009 à 04h53