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Le kiosque à musiques

21/03/2008

Le bon samaritain militant Pierre Cohen intrônisé maire de Toulouse

Duo_cohen_delanoeLe voilà élu maire de Toulouse.

Ce matin à 10heures, ses conseillers municipaux l’auront officiellement installé pour six ans dans ce fauteuil de l’hôtel du Capitole.

Avoir occupé 25 ans celui de maire de Ramonville n’a pas suffi à lui tailler une place majeure dans le paysage politique toulousain.

Portait de Pierre Cohen, célébré par ses électeurs, mais inconnu de ses administrés.

Pierre Cohen au premier plan en meeting le 8 février à Toulouse avec Bertrand Delanoë. photo Régis Bachelu

Quand il sort de son laboratoire pour faire de la politique, l’informaticien ingénieur de recherche Pierre Cohen trouve aussi de drôles de mots : à propos de la stratégie de son adversaire UMP, il parle de «zigzags» qui mènent «droit dans le mur». L’informaticien nouveau maire socialiste de Toulouse est un ingénieur en physique des mouvements qui s’ignore.

C’est peut-être comme ça qu’il a fini par résoudre l’équation pour gagner le Capitole sur laquelle la gauche se cassait la tête depuis 37 ans.

Avant d’entrer en campagne, cet universitaire de 58 ans a rasé la moustache qu’il portait depuis son adhésion au Parti socialiste en1974. «C’était après la défaite présidentielle de François Mitterrand, dit-il. Avec une bande de copains, nous avions l’ambition de changer le PS qui n’était pas assez à gauche selon nous».

Il a été chevènementiste au Ceres. Puis mitterrandien, puis jospiniste et, ces derniers temps, partisan de François Hollande. «Mais comme je ne sais pas parler le hollandais, Je ne sais pas plus trop où je suis aujourd’hui», s’amuse-t-il.

Il sait toujours, en revanche, où trouver les copains de sa bande. Ceux, d’abord, de sa première colocation de la rue Achille Viadieu, glaciale l’hiver. «C’est le four de la boulangerie en dessous qui chauffait la piaule» de ces étudiants, tous plus ou moins ex-filtrés du PSU ou proches de la CFDT. Ceux, ensuite, qui ont pris du grade politique, comme l’ingénieur Filliola et le diplômé de l’INSA Raynal, maire de Balma et Tournefeuille dans la banlieue toulousaine.

Lui-même est devenu maire de Ramonville en 1983, commune voisine de l’université des sciences Paul-Sabatier où il exerce.

S’il y a un réseau qui compte à Toulouse, c’est le réseau universitaire. S’il existe encore une politique des clochers, Pierre Cohen et ses amis sont dans celle de l’aménagement. Son premier projet est d’ailleurs de faire de l’agglomération du Grand Toulouse une véritable Communauté urbaine.

Né à Bizerte, en Tunisie le 20 mars 1950 d’un père militaire et d’une mère ouvrière d’usine, il a fêté ses 6 ans dans une garnison en Allemagne puis a atterri à Mazamet dans le Tarn quand il en a eu 13, avant de s’installer à Toulouse comme étudiant en septembre 1968.

Il y est arrivé avec le développement des écoles d’ingénieurs, d’Airbus et du CNES qui ont fait l’explosion universitaire de la ville. Pierre Cohen s’est tout de suite senti «en symbiose» avec les populations que ce savoir drainait à la périphérie de la ville métropole plutôt qu’avec les «mémés» de l’image d’Epinal qui aiment la castagne.

Il s’est marié à Toulouse, y a eu deux enfants, a été élu à Ramonville où il était parti habiter puis conseiller régional en 1986, puis député en 1997, cessant toute activité à Paul-Sabatier.

Il n’était pas tenté par un quatrième mandat municipal. C’est quand le candidat tête de liste à Toulouse en 2001, François Simon a quitté le parti qu’il a commencé à penser concourir au Capitole : «Nous n’étions qu’en 2003. Avec mon ami Jean-Jacques Mirassou, nous nous sommes dit qu’il fallait préparer une relève pour le coup suivant».

Cohen, le bon samaritain de l’action partisane qui peut tout de même se prendre à regarder du côté des lumières politiques de la grande ville.

Le nouveau maire des Toulousains aime le cinéma. Mais il ne joue pas en politique.

C’est parce qu’il est «constant», selon ses interlocuteurs Verts ou du PCF, «transparent et intègre» selon ses propres mots, qu’il a réussi à faire l’unanimité de la gauche autour de lui.

Ce n’est pas son charisme qui a agi. Il sait qu’il n’en a pas. Il est en meeting, lisant ses discours, a peu près aussi enjoué que le pied de son micro. Il s’en moque. «Je suis clair avec moi-même», dit-il sans que personne ne vienne le contredire.

Antiraciste, il parraine des sans papiers. Militant pour la justice sociale, il organise des veilles scolaires pour repérer les enfants en difficulté. Il met en avant la question des quartiers difficiles parce que son ambition déclarée est de faire «marcher la ville sur ces deux pattes» : le monde du savoir universitaire et celui des cités dévorées par le chômage.

La veille de son élection, il disait encore «si je suis battu dimanche» avec le plus grand naturel. Le nouveau maire de la quatrième ville de France n’a pas déchaîné de fièvres électorales pendant cette campagne. Il n’a donc pas prévu non plus de feux d’artifice en cas de victoire.

Il est l’homme tranquille que Toulouse a choisi après 37 de gouvernance à droite.

GLv.

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Commentaires

Personnellement je ne fais aucune confiance aux Socialistes et à la Gauche en général - il suffit de regarder notre histoire récente .

COHEN est paraît-il (je connais des gens qui le connaissent bien) quelqu'un d'honnête et de sérieux - soit! - Il a été cependant obligé pour réussir son élection, de s'entourer de bureaucrates (du PS) et d'arrivistes (PCF et Verts).

Il sucite énormément d'espoir... on va voir ce que ça va donner.

Je suis sceptique mais prêt à reconnaître le mal fondé de mes réticences s'il réussi.

Il est honnête et droit. Il réussira à remettre la ville en mouvement et à y réduire les inégalités et les injustices sociales.
Bravo Pierre, on te souhaite bon courage et bon travail avecta nouvelle équipe

dernière phrase : après 37 quoi de gouvernance à droite ?

"la père la pudeur va tout transformer"

Fr. Béranger (Magouille blues)

bonjour,
Ce premier conseil municipal, plein d'enthousiasme, de chaleur et d'espoir nous fait du bien. Après la dureté de la campagne il y a un grand "Ouf" et le plaisir de se réveiller dans une ville où l'on perçoit des possibles devant nous...... et Dieu qu'il yen a besoin dans les quartiers périphériques.
A bientôt, pour faire preuve de vigilance et se mouiller la chemise pour que cette gauche réunie réussisse......

Il faut faire confiance à Pierre Cohen et à son équipe. L'alternance ne fait de mal à personne.
Il s'agit même d'un processus sain et cela concerne toutes les collectivités.
Je ne connais bien l'un de ses Adjoints, nous étions jeunes à Colomiers.
Il s'est battu avec courage depuis des années. Il a connu bien des défaites.
Laissez les faire, lui aux Sports et les autres dans leurs secteurs respectifs. Donnez leur le temps et votre confiance.
Les Toulousains jugeront dans 6 ans. C'est cela la démocratie.

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