Lycéens, étudiants et professeurs en tête du printemps 2008
Lycéens, étudiants, professeurs : même combat. Manifester plus pour travailler mieux. Après les blocages d’établissements, le mouvement de protestation contre les suppressions de postes dans l’enseignement et l’augmentation des frais d’inscription dans les universités prend de l’ampleur. A Toulouse la première manifestation unitaire lycéens, étudiants, professeurs du printemps 2008 a eu lieu sur la place du Capitole.
Photo Florence Guilhem
Début d’après midi place du Capitole. Les premiers arrivés sont les élèves du lycée Jolimont. Le petit groupe d’une classe de première science technique vient de «quitter les copains chargés du blocage de l’établissement». Clément, 18 ans s’improvise porte parole : «Nous sommes la pour empêcher la suppression de postes de préparateurs de Travaux Pratiques. Dorénavant ce sera à nous de nous charger de cela. Conséquences : cela réduira les heures de TP. Résultat : moins de pratiques et plus de théories explique t-il.
Sous le regard débonnaire des policiers municipaux, la place se remplit peu à peu. Au fil des groupes, drapeau noir et percussions africaines en guise de cornes de brumes. Les étudiants bloqueurs de l’Institut des Sciences Politiques « solidaires » du mouvement rejoignent pour «lutter contre la hausse de 196 euros des frais d’inscription ». «Nous sommes sur la même longueur d’ondes que les lycéens car cette hausse traduit un désengagement progressif de l’Education Nationale. On voit ce que cela donne à Sciences Po», commente Alexandre.
Dégaine rasta, Baptiste 17 ans rêve à haute voix d’un mois de Mai 2008. A ses cotés Séverine, 18 ans, élève en Terminale au lycée Raymond Naves est venu «pour défendre la cause des profs». «Dans notre lycée ce sont 12 postes qui vont être supprimés, notamment dans les options grec, mathématiques et portugais», raconte t-elle. «Nous sommes 35 par classe et bientôt on sera 40. Même avec un bon prof l’enseignement va perdre en qualité. J’ai l’impression que le gouvernement veut que l’on devienne incultes».
A l’écart, Agnès, Sophie et Joanna respectivement professeur de philo, d’italien et d’économie au lycée Raymond Naves observent les différents cortéges. «Les élèves on fait le premier pas. Nous sommes la pour les accompagner». Tous les ans le budget alloué à la Dotation Globale Horaire diminue. Cela se traduit par des suppressions pures et simples de postes. D’un coté le ministère annonce que l’on va ajouter un enseignement de l’histoire de l’art, de l’autre il supprime toutes les disciplines artistiques» argumente Agnès.
Petit mouvement de journalistes devant l’entrée de la mairie. Pierre Cohen, fait son apparition. Le maire de Toulouse s’arrête quelques instants et commente sur le vif: «C’est inadmissible que l’Education nationale s’engage ainsi dans des suppressions de postes.
Gros mouvement de manifestants en direction de la rue Saint Rome. Drapeau rouge en tête, les lycéens du lycée polyvalent du Mirail arrivent en masse. La manifestation peut démarrer. Direction Sciences Po pour soutenir les bloqueurs qui viennent de décider de maintenir leur action jusqu’à jeudi.
J-M.E


Ne pas idéaliser les "blocages". Un exemple.
A Toulouse 2 Le Mirail (Lettres-Langues-Sciences humaines), on votait aujourd'hui dans les collèges des personnels, jusqu'à demain dans celui des étudiants.
Il s'agissait, en fait, de "reconduire" le président Daniel Filatre, élu il y a deux ans sur une liste "SGEN-CFDT - Liste d'Ouverture".
Les listes de "rassemblement pour agir autour de D. Filatre", soutenues par le SGEN-CFDT avec des collègues rassemblés dans un groupe "Université et Démocratie" (non syndiqués et anciens SNESup) l'emportent nettement dans tous les collèges (Profs, Maitres de Conférences...) de tous les conseils chez les enseignants et chercheurs. Ces listes sont en tete sur tous les sites, y compris l'IUFM et les IUT. Résultats partagés chez les BIATOSS (personnels non enseignants).
Parmi les causes de ce résultat : l'excellente image interne et externe et les réalisations du président (reconstruction, poids auprès du ministère et de la Région, action sociale et pédagogique), une campagne très sereine, le souvenir, aussi, d'un mouvement dur de blocage inconditionnellement soutenu par le SNESup et la CGT - grands perdants ce soir.
Maintenant, les vainqueurs, comme P. Cohen à la mairie, devront etre à la hauteur de leurs responsabilités. A commencer par la place à faire à une "opposition" laminée par le système majoritaire de Pécresse.
Rédigé par : haltla | 08/04/2008 à 21h44
Mauvaise pioche et mauvaise passe pour la FSU universitaire, également battue très largement à l'université Paul Sabatier (UT3), où les médecins raflent la mise. Le SGEN-CFDT est 2e ; 3e, le SNESup-FSU.
Dommage. Une intersyndicale élargie, qui avait été souhaitée par beaucoup, aurait permis d'éviter cela.
Rédigé par : historique | 09/04/2008 à 18h20