Toulouse: des Assises pour remettre la Culture en marche
CULTURE. Il y aura ceux qui auraient préféré que le maire Pierre Cohen tranche tout de suite le cou d’Olivier Poivre d’Arvor. Il y aura aussi ceux qui se réjouissent que ce même Pierre Cohen sollicite leur avis. Il n’y aura pas ceux qui dores et déjà n’ont rien à dire.
Le téléphone portable de l’ex-adjointe à la Culture, Marie Déqué ne répond plus. Les Assises de la Culture qui s’ouvrent ces vendredi et samedi à Toulouse risquent pourtant de résonner comme un furieux réquisitoire de la «non-politique culturelle» de l’équipe municipale précédente.
C’est un des animateurs de ces Assises, Eric Fourreau qui parle de ces «années de frustration» pendant lesquelles la seule pratique culturelle de l’équipe Moudenc aurait consisté à «faire de la com’», par des opérations «au coup par coup, sans ligne cohérente».
Le nouveau maire et sa Première-adjointe entendent, eux, «donner une nouvelle dimension à la culture toulousaine en associant le plus grand nombre (…) à la définition d’un projet novateur». Et la replacer «au coeur de la cité comme vecteur de lien social, de partage et de vivre ensemble». Autrement dit, il va s’agir de convoquer tout ce que Toulouse compte d’acteurs culturels et de citoyens pour remettre à plat ce que leurs prédécesseurs ont entrepris et tenter de dégager de nouvelles pistes de travail.
Le chantier n’est pas mince. Il est surtout miné. L’équipe arrive aux affaires avec “Toulouse 2013” sur le dos, une opération à 100 millions d’euros ou avec le Marathon des Mots que Pierre Cohen en campagne s’est laissé aller à qualifier d’opération «élitiste».
«Il n’y a non seulement plus de subventions publiques pour nous, se plaint ainsi Prune Bérest de l’association Biz’Art populaire, mais le privé nous lâche au profit de ces manifestations beaucoup plus visibles».
Un «rééquilibrage» entre la culture classique budgétivore et ses parents pauvres pourrait ainsi être envisagé pendant ces Assises, selon le promoteur de Bleu Citron, Gilles Jumaire.
Les animateurs sociaux disent rêver d’équipements qui amèneraient le public du centre-ville vers les «quartiers sensibles» mais qui y développeraient aussi une «vraie vie culturelle» avec des ateliers permanents.
«Les élus ont besoin de voir ce qui s’agite, de mesurer les attentes de chacun», apprécie le pape et parrain culturel du quartier Arnaud Bernard, Claude Sicre. Ces Assises pourraient tourner selon lui à la «foire d’empoigne», chacun prêchant pour sa chapelle. Lui, assure-t-il, y viendra proposer quelques axes de travail comme la culture de terrain, la pluralité et le mélange des genres.
Existe pour ces Assises «un vrai souci d’audit», juge l’éditeur spécialiste des politiques culturelles, Eric Fourreau. Elles pourraient avoir leurs premiers effets sur le budget municipal 2009…
En attendant, Pierre Cohen consulte. Mais il n’est pas le docteur Guillotin : la veille de l’ouverture des débats, il sera publiquement en compagnie d’Olivier Poivre d’Arvor. S’il y a quelque chose à trancher, c’est le peuple culturel et les citoyens toulousains qui en décideront.
GLv.
Le programme des Assises
Vendredi 6 juin
9h30 au TNT : ouverture des travaux par le maire. Débats autour de Toulouse 2013
14h : trois tables rondes à la cinémathèque, au TNT et salle du Sénéchal (Comment vivre le monde –terrain, voisinage, nomadisme et frontières-, Comment raconter demain –individu, langue, identité-, Comment inventer ensemble –public, rencontre, participation, médiation)
Samedi 7 juin
Á l’Université Toulouse-Le Mirail
9h30 : Associer les Toulousains à la construction du projet culturel de la ville.
14h30 : trois tables rondes, la Culture pour tous et par tous.
De juin à Septembre 2008 : prolongation des débats dans les ateliers prédéfinis lors de ces assises.




Il est clair que ces Assises risquent fort de tourner à la foire d'empoigne, on va se retrouver comme dans d'autres villes avec des préférences politiques plus que culturelles, des choix politiquement corrects, et du saupoudrages pour les assoc culturelles qui ne rentrent pas dans un communautarisme intellectuel.
Juste une question à l'auteur de l'article :
C'est qui le peuple culturel? le microcosme nombriliste toulousain, les amis politiques du maire ou...?
Rédigé par: CAL81 | 03/06/2008 à 12h51
Et Yvette n'a rien à dire là dessus ? C'est étonnant !
A tout les coups elle se prépare à dire une belle connerie !
Allez Yvette !
Allez Yvette !
Allez Yvette !
Rédigé par: Mario | 03/06/2008 à 13h31
Cher Cal81,
Vous apprendrez, j'en suis sure, avec enthousiasme que tous les toulousains sont conviés à ces Assises.
La culture est un choix éminement politique, le "non-politique" de l'équipe municipale d'hier a créé les frustrations et les crispations d'aujourd'hui.
Au moins, la parole sera libre, et tous auront leur mot à dire. Il était temps.
Rédigé par: Mata Hari | 03/06/2008 à 15h49
Encore une fois, je ne comprends pas ce reproche d'élitisme envers le Marathon des mots. Parlez-moi d'élitisme pour le Printemps de Septembre, où les œuvres ne sont très souvent accessibles que pour les initiés (voire pour certaines totalement obscures....), là d'accord. Mais en quoi une manifestation basée sur l'écrit, où les émotions sont accessibles au plus grand nombre, est-elle élitiste ? Les seules réserves me paraissant valables pour le Marathon sont celles liés au coût (et qu'en est-il du Printemps ?) et à la non prise en compte des talents locaux (rectifiée en partie depuis les débuts). En bref, le Marathon, une manifestation très intéressante, accessible au plus grand nombre mais perfectible et qu'il serait dommage de rejeter simplement parce qu'elle émane de Poivre.
Rédigé par: Trib | 03/06/2008 à 18h44
chère Mata Hari,
je ne doute pas que tous les Toulousains soient conviés à venir admirer, le seul problème réside dans la surdité dont risque de faire preuve certaines personnes. La démocratie participative est une belle chose à condition que l'on tienne compte des avis.
Concernant la place de la culture, je ne peux que conseiller de relire Bourdieu qui entend souligner que la capacité des agents en position de domination à imposer leurs productions culturelles et symboliques joue un rôle essentiel dans la reproduction des rapports sociaux de domination.
Rédigé par: CAL81 | 04/06/2008 à 07h47
Mais depuis quand, cher Cal81, est-il question d'imposer quelconque production culturelle ?
Vous percevez donc le "milieu culturel" comme monoforme et monoexpressif ?
Sur quoi vous basez-vous pour affirmer aujourd'hui que tous les avis ne seront pas pris en compte?
La dynastie culturelle qui était en place depuis 37 ans est en train de tomber. Critiquer avant même que les actions n'aient lieu, vilà une belle ouverture d'esprit...
Rédigé par: Mata Hari | 04/06/2008 à 14h18
Une grande déception culturelle, c'est F.Mitterrand qui obtient la villas Médicis.
ça veut dire qu'on va garder Poivre à Toulouse et qu'aprés Médidis il va nous planter pour Toulouse 2013. Et tout cela pour un paquet d'Euros. Combien touche Poivre? Malvy et Cohen avaient demandé des explications à Moudenc avant les municipales. Moudenc avait refusé de répondre. Depuis Cohen est aux manettes et refuse de donner le chiffre. Bonne question pour les assises?
Rédigé par: fabienne | 05/06/2008 à 11h11
Frédéric MITTERAND à la soupe !
Ils y vont tous !
Rédigé par: Mario | 05/06/2008 à 14h17
Et l'Université du Mirail là dedans ? elle accueille pourtant les assises, mais personne n'est au courant à l'UTM et l'info n'est même pas sur le site
(http://www.univ-tlse2.fr/36392593/0/fiche___pagelibre/&RH=)...
Son président cache la tête dans le sable dès qu'il entend le mot culture !!!
Les départements d'art ne sont pas invités et les étudiants encore moins ... !!!
Rédigé par: art_scène | 05/06/2008 à 16h12
Nous sommes passés dans l'ère de l'art pour tous à celle de l'art par tous. Le farwest démocratique est celui du caractère participatif. Chaqun d'entre nous est invité aussi bien à donner son avis qu'à proposer une oeuvre (production directe ou par participation). Ces assises ne trancherons pas cette foire d'empoigne dont la nature n'est pas d'être régulée.
Ces assises permettront je l'espère de prendre conscience qu'il y a toujours eu des actions culturelles remarquables quelques furent les époques politiques. Ces actions n'ont pas atteint un rayonnement national ou international spontanné qui fait défaut aujourd'hui pour la candidature de Toulouse 2013. Ce défaut ne se corrigera pas lors de ces assises. Il faudra du temps, celui de la maturation.
Le temps est venu pour la politique culturelle de Toulouse de faire un choix d'identité entre le local ou le mondial une bonne fois pour toute. Ces assises sont peut-être la fin des demies mesures qui ont brouillé l'identité culturelle de la ville depuis toujours. Il est temps d'entrer dans l'âge du choix, dans l'âge d'une identité. Je ne parle pas d'un Frankenstein fabriqué de toute pièce à l'aûne d'une candidature spontanée mais d'un choix qui consiste à faire confiance à ce qui existe déjà à ce qui a toujours existé. Ce n'est pas une question d'équipement mais de la pérénité de ceux et celles qui font les équipes culturelles (les acteurs culturels) ce n'est pas une question d'équipement, il y a tout ce qu'il faut et plus encore mais de confiance en soi, en les uns les autres.
Pour conclure la réponse que cherche ces assises lui est antérieure. Elle a toujours été là, c'est la simplicité de ses acteurs. Tant qu'il y aura des batailles de clochers Toulouse sera un grand village à la culture dépareillée, larvée, compliquée et surtout démotivante. Croire ensemble, s'appuyer les un les autres et se renvoyer la balle avec ce qui existe déjà pourra nous surprendre.
Etre acteur culturel est l'assurance d'une précarité à vie, les habitants qui font ce choix ont foi en une idée sans quoi il n'y aurait plus de politique culturelle ni à Toulouse ni ailleurs. Les maintenir en vie c'est permettre à leur vision personnelle de donner lieu à l'identité collective que la ville n'a pas toujours cherché. Là se trouve l'engagement de la Mairie. Maintenir la vie pour savoir qui nous sommes.
Tout le monde sait que seul l'art survit à nos décisions quelque soit l'époque. Il se dit enfin là quelque chose que nous ne pouvons pas contrôler aussi loin qu'est pû aller notre capacité de contrôle. C'est même inversement proportionnel.
Rédigé par: H Michaud | 05/06/2008 à 17h07
Bonjour,
Je souhaite saluer l'initiative réalisée par cette nouvelle équipe municipale, et il me semble que toute personne qui voulait parler avait sa place et son micro, peut-être pas le temps pour tout dire mais bon.... Bien évidemment l'ambiance était parfois tendue. On sait qu'à Toulouse et il me semble qu'une bonne partie des toulousains s'en est rendue compte, il y a eu un gros problème de choix politique en matière culturelle. Le gros choix est celui du marathon des mots, je dois avouer pour ma part que j'aime bien cet évènement, même si je suis absolument d'accord avec Moustafah Poivre d'Arvor, qui propose de faire des lectures gratuites.
Il paraît que 6% de la population française s'intéresse à l'art contemporain, rien qu'à voir le printemps de Septembre, je comprends pourquoi...Ce devrait 100% qui devrait s'interesser à l'art.
A Toulouse tous les talents sont réunis pour oeuvrer sur une dimension locale nationale et internationale, voir même galactique; il faut arrêter cette vision terrible que l'équipe de Moudenc nous a mise dans la tronche. Le rejet des cultures undergrounds par l'expulsion du Clandé, les luttes de la Chapelle et de Mix'Art, l'importation de produits manufacturés avariés...
Les acteurs culturels sont là, forts et compréhensibles. Franchement bon débarras. Après Ouste Douste , Ciao Moudenc et bienvenue Pierrot et Nicole.
Maintenant effectivement il faut voir ce qu'il va se passer, l'ouverture est là, j'ai pour ma part beaucoup d'espoir. Bon c'est sûr que je ne crois pas qu'ils vont remettre en question le marathon des mots ou le printemps de septembre. On sait jamais mais bon...
Bien sûr, les moyens sont nécessaires, mais avec une bonne cohérence, de la bonne volonté, on peut redonner confiance aux artistes ( dont je fais partis), car le divertissement artistique médiatique ça va à la télé ( et encore), mais pas chez nous dans nos rues, dans notre quartier. L'ouverture, la création, la spiritualité, la place terrible de l'homme dans l'univers, comme une bouteille jetée au cosmos.
Seuls les artistes
peuvent nous amener vers la lumière.
Rédigé par: Elijah Wood | 09/06/2008 à 03h30