Molex à Villemur-sur-Tarn: bénéficiaire et délocalisée
REPORTAGE. C'est Bernard Thibault qui le dit: le cas de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) est «un cas d'école».
«Cette entreprise fait des bénéfices, expliquait hier le secrétaire national de la CGT devant les ouvriers de l'entreprise. Elle est à la pointe technologique dans son activité. Et ses dirigeants américains décident d’en fermer les portes pour aller produire la même chose en Slovaquie à des coûts salariaux moindres. La situation est absolument inacceptable»
Sous le poste de garde de l’usine Molex, Bernard Thibault annonce aux ouvriers qui ont débrayé le temps de la recevoir que leur dossier sera lundi à l’Elysée: «Je vais demander à Nicolas Sarkozy une action politique concrète pour empêcher cette fermeture pour cause de délocalisation».
Il insiste: «On ne peut pas avoir un discours généreux sur la refonte du capitalisme et accepter en même temps ce type de situation».
En visite mardi dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il serait «très attentif» à ce que les entreprises ne profitent pas «de manière cynique» de cette période de crise pour réaliser des opérations qui ne se «justifieraient pas» économiquement. Le secrétaire national de la CGT est venu à Villemur le prendre au mot.
Villemur-sur-Tarn, gros bourg de briques roses à 40 kms au nord de Toulouse. Ils sont là 282 CDI à y travailler dans la connectique automobile. Des boîtiers, des clips, des cosses et du câblage pour des clients comme Peugeot ou Renault.
Le cégétiste de la maison, Pierre Belligarde est désolé : «Nous avons dégagé 1,2 milliard d’euros de bénéfice en 2007. Ce dernier trimestre, le bénéfice s’élève à 500.000 euros. Et la direction nous annonce que l’usine n’est plus suffisamment rentable…».
Bernard Thibaut reprend au vol : «le directeur pour l’Europe des Ressources humaines à Munich explique que l’entreprise fait certes de l’argent jusqu’à présent, mais qu’elle pourrait en perdre à l’avenir. Avec ce type de raisonnement, autant fermer tout de suite toutes les usines que compte le pays…»
Nicolas Sarkozy ne peut qu’être sensible au cas de cette entreprise, veut croire le leader CGT. D’autant, ajoute-t-il, que le président de la République «est aussi en ce moment président de l’Europe». Il ne devrait donc pas pouvoir accepter que «la spirale du moins disant social se creuse dans le cadre européen».
Enfin, petite illustration pratique de la «vanité des discours» du président, Bernard Thibaut prend Nicolas Sarkozy sur le bilan de son action en ce début de crise : «Pour se porter au secours des banques et des actionnaires des entreprises, il y a déjà eu des prêts : 400 milliards d’euros au total. Pour la protection de leurs salariés, c’est zéro euro». Á peine, dit-il, si ces salariés se voient «priés d’accepter plus de flexibilité ou de travailler le dimanche».
Les salariés de Molex sont tout ouïs. Ils ne digèrent pas que leurs patrons les condamnent du fait de ne «pas être assez rentables du point de vue de leurs actionnaires. Mais où va-t-on?» s'interroge une gréviste.
Il y a beaucoup de choses de l’économie que les salariés de Molex ne comprennent plus. Leur entreprise est le deuxième producteur mondial de connectique automobile au monde. Et elle ferme au moment où son principal concurrent, Tyco, annonce lui-même trois fermetures d’usine en Europe.
Ils ont confié à un avocat expert le soin d’exiger les chiffres et les comptes que la direction ne leur fournit plus depuis cet été. Ils croient savoir ce que cela cache. «Les entreprises peuvent laisser une situation se dégrader pour s’appuyer ensuite sur cette dégradation afin de justifier leurs opérations financières», explique Bernard Thibaut sur le mode désolé.
Ne reste à ce dernier, lundi, qu’à convaincre son hôte de l’Elysée que la «manière cynique» vient bien de s’abattre sur la connectique de Villemur-sur-tarn.
GLv.


« Elle est à la pointe technologique dans son activité. Et ses dirigeants américains décident d’en fermer les portes pour aller produire la même chose en Slovaquie à des coûts salariaux moindres. La situation est absolument inacceptable»
Il y a manifestement une incompréhension.
En effet, ce n’est pas parce que entreprise fait des profits qu’elle ne peut pas délocaliser. Pourquoi ? Mais c’est dit clairement : pour baisser les coûts et en particulier les coût salariaux. Cette situation n’est pas inacceptable, elle est, dans un système marchand, absolument logique.
«On ne peut pas avoir un discours généreux sur la refonte du capitalisme et accepter en même temps ce type de situation».
Monsieur THIBAULt serait-il stupide/naïf ? Le discours de Sarko est purement de circonstance, il ne peut évidemment pas aller à l’encontre des lois du capitalisme, à moins qu’il change radicalement et préconise un autre système,… ce qui je le pense est exclu.
Ils ne digèrent pas que leurs patrons les condamnent du fait de ne «pas être assez rentables du point de vue de leurs actionnaires. Mais où va-t-on?» s'interroge une gréviste.
Les ouvriers ne « digèrent pas » . Soit, mais il n’empêche, et à moins de changer de système, ce dont manifestement le peuple ne veut pas, c’est le point de vue des actionnaires qui prime, pas celui des ouvriers qui ne sont utilisés qu’en fonction de leur utilité – valeur d’usage – et de leur rentabilité – valeur d’échange. A la question « Où va-t-on ? » … mais nulle part, on continue comme avant… on valorise le Capital. … un point c’est tout !
Rédigé par : Mario | 31/10/2008 à 10h19
"On valorise le capital" ?
De quel capital parlez-vous Mario ?
Du capital financier simplement ?
Du capital humain ? Dans ce cas, en termes de valorisation des savoir-faire et des formations reçues, on fait mieux.
Valorisation à long terme ? Absolument pas, même pas du point de vue financier puisqu'avec cette stratégie les entreprises réduisent considérablement les capacités des consommation et de débouchés de leurs produits. Croyez-vous que les salériés de Molex une fois licenciés vont s'acheter une voiture neuve !
Je ne parlerais pas de valorisation mais de gâchis du capital.
Et quel cynisme encore présent malgré la crise ! Il n'y a pas de quoi sourire dans ce système : considération de l'homme comme une marchandise (qui a moins de valeur que l'argent), vision d'accumulation des richesses à court terme, mise sous pression des salariés de base, absence de perspectives satisfaisantes pour les chômeurs, ségrégation de ceux qui auront un peu moins de productivité et de flexibilité (les plus de 50 ans).
Oui quel cynisme dans le système ultra-capitaliste actuel. Quelle honte de s'être laissés embarqués là-dedans.
Et comment oser le défendre, alors même que de nombreux économistes illustrent l'impasse dans laquelle on s'est engouffrée. Oui un changement profond est possible, et moi je le considère comme souhaitable.
... On ne changera pas profondèment les choses en ne faisant qu'imposer des charges sociales sur les parachutes dorés.
Rédigé par : | 31/10/2008 à 12h00
Comment Bernard Thibaut peut-il croire Sarkosy ! Ce mec est bidon, tous ces discours sont creux et servent juste à essayer de calmer les esprits ! Jusqu'au jour où il ne calmera plus rien...
Rédigé par : Joséphine | 31/10/2008 à 12h05
Même si, à priori, ça n'a rien à voir avec les incidents du Mirail, comment voulez-vous motiver des jeunes et des moins jeunes, et leur faire croire aux sacro-saintes valeurs du travail et de l'effort?
Quelle belle époque, ne trouvez-vous pas?
Bosser pour engraisser des actionnaires, voter pour permettre à des guignols comme Sarkozy de se faire passer pour un homme et finir par crever au bout de quelques années d'une retraite à peine suffisante.
Hmmm, oui, que c'est bon !!
Rédigé par : titou | 31/10/2008 à 12h39
Réponse à « On valorise le capital »
Je pense que vous ne savez pas trop comment fonctionne le capitalisme ou du moins vous en avez une vision totalement idéaliste.
Je parle du capital, en général, au sens du « rapport social »… le capital financier en faisant partie.
Il n’est pas dans les principes du capitalisme de « valoriser le capital humain ». Dans ce système l’ « humain » n’a été, et est toujours, seulement un moyen de favoriser le capital, c'est-à-dire ce que les actionnaires investissement dans la production et la spéculation.
Les actionnaires se foutent pas mal que les salariés aient ou non un emploi, leur seul soucis c’est que leurs investissement, matériels ou financiers, rapportent. Et c’est bien ce système que le peuple veut, sinon il agirait autrement non ?
Pour ce qui est de la baisse du pouvoir d’achat suite aux licenciement,… aujourd’hui, ce n’est pas un problème, les marchés étant mondialisés, ce que l’on ne vend pas dans le pays, on le vend à l’extérieur (marchés chinois, indiens, brésiliens, où se développent de nouvelles classes moyennes).
« Quelle honte de s'être laissés embarqués là-dedans ».
Mais qui s’est laissé embarqué et qui nous a embarqué ? Soyons sérieux ! C’est le « bon peuple » qui veut se système et qui reconduit au pouvoir les politiciens de Droite et de Gauche qui assurent la pérennité de ce système…alors ?
Je ne défend pas ce système, s’explique comment il fonctionne et j’ai l’impression que la majorité des citoyens, dont vous, n’y comprend rien et fait n’importe quoi… Ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes.
Rédigé par : Mario | 31/10/2008 à 15h48
En réclamant du pouvoir d'achat et des produits bon marché, la classe ouvrière et la classe moyenne jouent contre elles. Elles alimentent un système toujours à la recherche du moindre coût, du profit maximum pour un investissement minimum. Un système dont le taux de chômage est un élément de régulation qui contribue à limiter et à baisser les salaires, et à faire en sorte que les salariés s'estiment heureux d'accepter leur sort.
Crise ou pas crise, ce qui s'est passé à Villemur, se passera, à n'en pas douter, de nouveau ailleurs, et encore, et encore...
C'est pas en pleurant auprès des banques pour obtenir des prêts à la consommation ou à la construction qu'on modifiera un tant soit peu les choses.
Alors puisque le marché est censé s'autoréguler et le système capitaliste libéral offrir le bien-être à tous, attendons encore un peu, et un peu, et un peu, jusqu'à ce que la corde ait fini de nous étrangler...
Rédigé par : titou | 31/10/2008 à 18h14
"En réclamant du pouvoir d'achat et des produits bon marché, la classe ouvrière et la classe moyenne jouent contre elles."
Oui, certes, mais elles ne savent pas faire autre chose, n'ont aucun imagination, aucune initiative alternative et ne croient que dans les discours des politiciens - de droite, de gauche et d'extrême gauche - qui leur font des promesses et leur font prendre des vessies pour des lanternes.
Rédigé par : Mario | 31/10/2008 à 20h22
@ mario
Une fois n'est pas coûtume, mais je suis d'accord avec vous, Mario.
Mais pas avec Marx a/s du capitalisme.
Rédigé par : soleil | 02/11/2008 à 17h58
En effet, plus de 50% des français ont plébiscité ce système basé sur toujours plus de profits ...
Et malheureusement beaucoup d'ouvriers et employés !
Pourquoi s'étonner aujourd'hui de ses conséquences ?
L'être humain n'a jamais été au centre d'un système capitaliste; par contre, l'argent, OUI ...
La classe ouvrière s'est fait hara-kiri
Combien ont achetés des actions de grandes entreprises publiques comme France Telecom ou EDF-GDF espérant récolter une partie du butin pour leur propre compte ?
Quand on pense que 60% des salariés EDF-GDF sont désormais actionnaires de leur propre entreprise !
Je crois qu'ils n'ont pas tout compris
Quand comprendront-ils que l'actionnaire dans le cas présent, ne peut se rémunérer que sur la masse salariale et le prix du produit finit
Le client est-il prêt à payer l'électricité plus chère ou à avoir moins de
services ?
Non ... par contre il souhaite que ses actions EDF lui rapportent toujours plus !
Cherchez l'erreur !
Et pourquoi le bureau d'accueil EDF-GDF de Villemur sur Tarn a-t-il fermé ses portes le 3/7/08 dans l'indiférence générale ?
C'est pourtant toujours la même logique ...
Malheureusement, je crains que quand la classe ouvrière se réveillera (si réveil il y a), il sera bien trop tard ...
Rédigé par : strat62ri | 02/11/2008 à 19h48
Contrairement à ce que l'on a cru, la classe ouvrière n'a pas été la fossoyeuse du capitalisme, au contraire, elle s'est parfaitement intégrée en profitant des miettes qu'il voulait bien lui accorder.
Il faut repenser la stratégie politique de fond en comble et ne pas faire confiance aux politiciens - même ceux de Gauche et d'extrême gauche - qui nous racontent les mêmes âneries depuis des lustres.
Rédigé par : Mario | 02/11/2008 à 20h51
Pour complément d'information :
http://fr.youtube.com/watch?v=oAM_UGypbxc
Rédigé par : Vic | 06/12/2008 à 03h38
Les paroles des ministres_c'est du vent. C'est l'évidente complicité de l'équipe de Sarkosi qui soutiennent les banques et les financiers. Ils se sont associés pour casser la Constitution des droits de l'homme et des citoyens. "Rétablir le pouvoir absolu de la finance et des prévilégiés contre le monde du travail" tel
est l'objectif de Sarkosy et de l'UMP.
Rédigé par : PACILLY Jean Villemur/Tarn 31340 | 24/09/2009 à 17h19
SarKosy vient de démontrer qu'il est le chef d'orchestre d'une équipe soumise à sa volonté d'effacer les droits fondamentaux conquis par notre peuple.
Le scénario est établi et diffusé par les
propagandistes UMP, à tous les niveaux. La démocratie est en danger dans notre pays.
Le pays des lumières ne laissera pas faire.
Rédigé par : PACILLY Jean Villemur/Tarn 31340 | 24/09/2009 à 17h26