Benoît Hamon en tête dans les urnes de la ville : les militants socialistes Toulousains votent à gauche toute
POLITIQUE. Ségolène bat Delanoë au national.Delanoë arrive en tête en Haute-Garonne. Mais c’est Benoît Hamon qui laisse tout le monde derrière à Toulouse intra muros.
29,9% pour la motion C dudit Hamon. Tout juste devant la motion du maire de Paris à 29,7%. Martine Aubry récolte 23,9% et Ségolène Royal 21,5%.
L’écart entre les motions Hamon et Delanoë n’est guère que d’une cinquantaine de voix militantes. Mais se retrouver battu, même d’une très courte tête, est déjà un petit coup de bambou sur les doigts du secrétaire fédéral Kader Arif et du maire de Toulouse, Pierre Cohen qui avaient choisi de soutenir la motion du maire de Paris.
Une victoire dans la capitale de Midi-Pyrénées ne console toutefois pas les partisans de cette motion C dont le congrès de Reims consacrera la défaite.
Dans la perspective d’une marginalisation, Jean-Luc Mélenchon, figure nationale de la Gauche socialiste vient de faire savoir ce vendredi main qu’il retirait ses billes du PS. Il part tenter de créer une «vraie force de gauche» à contre-pied des tendances dominantes d’un parti qu’il juge trop mollement social-démocrate.
Il pourrait être suivi bientôt par un des animateurs Haut-Garonnais de cette motion C : le conseiller municipal délégué de Toulouse, Jean-Christophe Sellin se donne en effet «quelques jours pour y réfléchir».
Le retour de Ségolène Royal sur la scène socialiste crispe un bon tiers du PS toulousain.
«Ce résultat n'a rien de surprenant, commente Jean-Christophe Sellin, ami personnel de Jean-Luc Mélenchon. La Gauche socialiste a toujours fait de bons scores à Toulouse». Ce qui explique selon lui qu’un de ses membres, François Simon ait pu être investi comme candidat aux municipales en 2001.
Le conseiller municipal de Toulouse délégué à la musique peut aussi faire dans le hard Rock : la Haute-Garonne aurait pu donner les mêmes pourcentages à Hamon, dit-il, «s’il n’y avait pas les baronies du Comminges ou du Columérin».
Le vote s’est passé sous le régime de l’auto surveillance à Toulouse, où chacun avait un œil sur l’autre, explique-t-il: «Ce qui n’a pas été le cas partout ailleurs…» La motion C était à 26% devant tout le monde en Haute-Garonne, dans les premières heures du dépouillement. Puis sont arrivés les résultats des secteurs de Colomiers et Saint-Gaudens, «et nous avons tout de suite décroché de 7 points», constate-t-il plein de soupçons.
Sellin ne sait toujours pas s’il va rester au PS. Il sait déjà, en revanche, qu’il ne se rendra pas au congrès de Reims : «le parti va y rentrer dans la “combinazzione”, les accords et les alliances de personnes». C’est-à-dire rien de très politique, selon lui.
La Gauche socialiste à Toulouse ne mise pas le moindre centime d’euro sur Ségolène Royal, jugée «incapable» d’apporter une réponse de gauche à la crise.
Elle ne mise pas lourd non plus sur les projets de Besancenot de créer un Nouveau parti anticapitaliste : Ségolène représente le parti qui voudrait «gouverner sans lutter», explique Sellin. Et Besancenot voudrait, lui, «lutter sans gouverner»… «C’est stérile», tranche-t-il.
La solution serait selon lui dans «une force de combat qui lutte et qui gouverne». La politique est aussi un art d’espérer.
GLv.


Hier soir les militants du parti socialiste ont clairement exprimé leur volonté de changement.
Face à une droite tout à la fois dure mais brouillonne, à une économie en crise les français ont besoin d'un PS renouveler mais clairement à gauche. Une opposition décomplexée!
Pour cela et pour convaincre dans la durée, il faudra autre chose au PS. Du renouvèlement, travail et de la cohérence. La cohérence ne pourra pas se faire si nous tranchons pas, au delà de cette volonté de renouvèlement entre une ligne politique qui consiste à accompagner la droite de nos réactions et une politique de rupture plus marquée, une volonté de transformation.
Ces prochains jours, il va falloir convaincre nos camarades que le vrai choix est celui la pour redevenir audible pour les Français.
Un maintien de la candidature de Benoît Hamon pour incarner le changement dans la clarté pourra seul permettre au PS de se mettre en action, de se mettre au travail pour offrir une véritable alternative.
Pierre-Alain Weill
Rédigé par : Pierre-Alain Weill | 07/11/2008 à 12h28
Ségolène représente le parti qui voudrait «gouverner sans lutter», explique Sellin. Et Besancenot voudrait, lui, «lutter sans gouverner»… «C’est stérile», tranche-t-il.
Eh bien ! Que va-t-il faire alors ? Rentrer au PCF ? Il faudra bien choisir pourtant ! Je ne vois pas Mélenchon et cie créer un nouveau parti ! Qui à la base les suivra ?
Rédigé par : fred | 07/11/2008 à 12h38
Hamon a déjà perdu le tiers de ses troupes avec le départ de Mélenchon. Sur ces 18% au national, il lui en reste 12 à tout casser. Plus de quoi pavoiser!
Rédigé par : Bruno75 | 07/11/2008 à 12h49
La méconnaissance des rapports de force interne au PS antérieurs à cette élection vous font dire n'importe quoi.
Toulouse, intra muros, n'a jamais été majoritairement dans le courant de pensée de Pierre Cohen. Il a pourtant été investi sans aucune difficulté et grâce au concours de tous les socialistes a remporté l'élection municipale.
Présenter les résultats d'hier sur Toulouse, qui finalement sont idéologiquement assez stables, comme un camouflet pour notre maire est donc un non sens.
Cordialement.
Rédigé par : Stéphan Paintandre | 07/11/2008 à 13h09
"Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croiront", c'est par cette phrase qu'on peut résumer la tactique anti-NPA du PS.
Sauf que bon, n'importe quelle personne qui s'intéresse un peu au sujet sait que c'est un grossier mensonge. Le NPA a bien évidemment pour ambition de gouverner, et même de renverser le capitalisme.
Ne pas trahir ses engagements politique pour une place au chaud dans un gouvernement, c'est le minimum que l'on devrait demander aux gens pour qui l'on vote.
Qu'en pensent les Kouchner, Lang, Bockel et cie?
Rédigé par : Bob | 07/11/2008 à 14h12
Quelle pétaudière !... Tout cela va encourager le "citoyen moyen", comme moi, à s'engager !
Aux prochaines élections, c'est sûr, je vais à la pêche !
Rédigé par : Mario | 07/11/2008 à 15h03
N'en déplaise à certains, il est clair que l'échec de Delanoê à Toulouse est un échec.
Arriver derrière le courant de Hamon (courant sans moyens, sans le moindre sou et sans gros barons) n'est pas très reluisant. A Cohen d'en tirer les conséquences par un investissement plus politique, plus actif sur le terrain et surtout plus à gauche. Sinon, je pense que le désamour naissant entre le nouveau maire et le peuple de gauche va s'accélérer...
Amicalement
Rédigé par : Elie | 07/11/2008 à 15h20
Et Aubry-Hamon, ce ne serait-pas possible pour un PS plus à gauche et plus social qu'avec Ségolène ou le libéral maire de Paris ?
Rédigé par : Jules Guesdes | 07/11/2008 à 15h59
Mélanchon représenterait un tiers des troupes de la motion C ? C'est une grande méconnaissance de ce regroupement, ça, Bruno75.
La motion C a recueilli 26 000 voix, nationalement. Dire que Mélanchon en pèse le tiers, ça signifierait que 8500 socialistes le suivrait, lui et Dolez, dans leur nouvelle aventure. Si Mélanchon avait jamais eu 8500 militants derrière lui, ça se serait su, ça ce serait vu...
Dolez s'est fait dépouillé de ses ouailles, et Mélanchon a perdu des compagnons de route par brassées, ces dernières années.
S'il mille le suive, il sera déjà bien content.
Rédigé par : | 07/11/2008 à 17h26
Ce serait bien maintenant que Hamon quitte le PS et rejoigne Mélenchon : déjà le début d'une bonne force qui pourrait, à l'occasion, s'allier au NPA, au PC, aux verts et à certains alters, pourquoi pas aux anars de la CNT...pour ...gouverner? tout en incitant les citoyens -et ce devrait être le principal- de se prendre en charge à la base!
Rédigé par : dutronc19 | 07/11/2008 à 17h42
Sortie du congrès fédéral du PS...
Qu'y apprend-on? Que cette soit disant gauche du PS qu'incarnait la motion C, localement sur la fédération de la haute garonne va s'allier à la motion A c'est à dire aux éléphants jospino-hollando-delanoistes...
Je pense que la démocratie en sort généreusement humiliée par les responsables locaux de la motion C qui ont fait campagne sur "le renouvellement des équipes" et qui n'hésite pas une seconde à annoncer, par le truchement du conseiller général LLORCA leur ralliement aux équipes sortantes... La place est bonne certes mais les militants baisés sauront s'en souvenir...Les tordus du conseil général on encore frappé!
Après bien evidemment Mr Fabre, ou Mr Sellin pourront venir donner des leçons de démocratie (comme à leur habitude)... Ils mentent juste pendant les campagnes!
C'est pitoyable.
Félicitation à la motion A, eux au moins n'ont jamais menti sur le besoin de conserver le pouvoir dans la fédération qu'ils avaient....
Rédigé par : Cocu | 08/11/2008 à 02h30
Et si le mot "gauche", qui revient tous les trois mots dans les commentaires comme dans les motions, était un gigantesque alibi à l'absence de pensée et de proposition concrète ? "Plus à gauche que moi, tu meurs", répètent les "ancrés à gauche" : ancrés ou encrés, comme leurs motions ?
"Courant de pensée", à propos du maire de Toulouse - et de bien d'autres, soyons justes -, n'est-ce pas une expression un peu forcée ? Quant à la "réponse de gauche à la crise", j'ai bien l'impression que les Français attendent d'abord des éléments de réponse à la crise. Tout court.
Remember Obama, qui se contente d'etre "démocrate" et d'incarner le changement.
Rédigé par : haltla | 08/11/2008 à 21h52
J'ai l'impression que, depuis ce week-end, et la place au chaud qui a été réservée aux "gauchistes" du parti, M. Sellin s'interroge moins fort sur la possibilité de quitter le parti socialiste, malgré le départ de son ami Mélanchon. Je me trompe ?
Rédigé par : louravi | 12/11/2008 à 11h10
Moi j'ai envie d'y croire. certes un troisième parti à gauche, mais si ça donne trois formations équilibrées, et si le NPA n'est pas vérouillé par la LCR mais un peu à l'écoute de sa nouvelle base, alors une fédération ou un groupement de parti qui partent unis pour les européennes et pour la suite, alors...
et si il y a d'autres motivés sur Toulouse et que Sellin n'est pas de la partie et qu'il reste bien au chaud avec sa musique, alors ça m'enthousiasme d'autant plus.
Anne
Rédigé par : Anne | 17/11/2008 à 12h45