Toulouse : manif lycéenne en période de soldes
CONTESTATION. Mauvais temps sur la mobilisation lycéenne. La vague de froid et la neige ont fait chuter le nombre de manifestants rassemblés ce jeudi 8 janvier sur la place du Capitole.
Ils étaient une toute petite centaine à avoir répondu à l’appel de la coordination lycéenne de Toulouse (CLT).
Sous bonne garde policière, leur première manif de l’année 2009 s’est achevée par un sit-in devant le rectorat. Ambiance et florilège de slogans en période de soldes.
14 h, place du Capitole. Laura, porte-parole de la Coordination lycéenne a sorti le bonnet de saison et les mots d'excuse qui vont avec : «Les problèmes de transport dus à la neige ont empêché beaucoup de lycéens de banlieue de venir manifester, dit-elle. Mais nous avons quand même bloqué les lycées de Saint Sernin, des Arènes et le Polyvalent».
Un policier pour deux manifestants devant le rectorat Photo: DR
La mobilisation a chuté, mais les revendications restent les mêmes. Florian, 17 ans les a déclinées sur sa pancarte : “Abrogation de la loi Darcos, des moyens pour l’éducation, maintien des bacs pros, et pas de répression policière ni administratives du mouvement”.
Sur ce dernier point, Florian croit pouvoir citer l’exemple d’un gréviste du lycée Saint Sernin menacé, affirme-t-il, de passage en conseil de discipline pour «son implication dans l’organisation du mouvement». «L’adjoint du proviseur a appelé ses parents ce matin, poursuit-il. Résultat : ils l’ont consigné à la maison».
Une demi-heure plus tard, encadrés par un joyeux ensemble de policiers, motards, fonctionnaires des RG et agents de la Brigade anti-criminalité, les lycéens s’engagent dans les rues commerçantes du centre ville. Les passants plus intéressés par les soldes lèvent à peine le nez.
Rythmé par les slogans «Résistance» et «Partage des richesses sinon ça va péter», le cortège se dirige vers le rectorat. «Pour faire reculer le gouvernement, nous devons nous inscrire dans la convergence des luttes sociales, explique savamment Olivier, 17 ans, élève en Première économie. C’est la raison pour laquelle nous participerons à la manif générale du 29 janvier».
L’accès au rectorat est défendu par une quarantaine de CRS, boucliers au poing. «Ce qui fait avec les motards, les RG et la Bac, un policier pour deux manifestants», comptabilise Pierre, 16 ans. En réponse, les lycéens entonnent un slogan de circonstance : «Laissez nous étudier pour ne pas devenir policiers !». S’en suit un sit-in improvisé de quelques minutes avant la dispersion dans le calme.
La prochaine manifestation lycéenne est prévue pour le mardi 13 janvier. «Cette fois nous serons plus nombreux, estime déjà Laura. Même si il neige ».
J-M.E


La BAC, dont on connait la délicatesse et la "mission éducative" (sic), contre les lycéens... et l'on nous dira qu'il n'y a pas criminalisation du mouvement social (?)
Rédigé par : Mario | 08/01/2009 à 19h25
Ils feraient mieux de penser à leurs examens ces jeunes...!
Rédigé par : Militant | 08/01/2009 à 19h25
@ Militant. Ça y est, la réaction a encore frappé!
Rédigé par : Jules Vallès | 08/01/2009 à 19h27
Les jeunes feraient mieux de penser à leurs examens ?
Oui, bien sûr, mais ils n'oublient pas que l'actuelle équipe au gouvernement est entrain de les jeter dans un monde où l'emploi sera raréfié, les acquis sociaux supprimés, les services publics liquidés, les retraites réduites à la portion congrue,... et s'ils protestent aujourd'hui c'est qu'ils ont peur de l'avenir, et ils ont bien raison... ça ne va pas être gai.
Ils faut absolument être solidaire de ces jeunes... leur combat est aussi le notre.
Rédigé par : Mario | 08/01/2009 à 21h15
J'ai une fille de 20 ans qui poursuit ses études et qui est membre de l'UNI, elle trouve comme l'immense majorité des étudiants, que les idées de la réforme sont positives...! Désolé Mario, chez nous c'est la droite jambon beurre, qui croit à la réussite par le travail et à une France moderne et réformée !
Rédigé par : Militant | 09/01/2009 à 07h43
Mais l'aveuglement de la majorité n'est pas une exception d'aujourd'hui. Le passé est truffé de ces situations où "l'on a cru que..."... et on sait comment on l'a payé.
Certes, un petit nombre (et encore sur le plan écologique tout le monde est perdant) va tirer son épingle du jeu... mais la majorité ?
Quand le jambon est industriel et le beurre rance,... c'est toujours du jambon-beurre,... mais qui en voudra... Une fois servi, il sera trop tard.
Bon appétit Militant !
Rédigé par : Mario | 09/01/2009 à 11h11
Donc mon cher Mario, si je te comprends bien, laissons les étudiants sans rien changer pour leur bonheur, vive la gauche caviar conservatrice et passéiste !
heureusement que la droite jambon beurre a le gôut du travail, sa sauvegarde en guise d'ascensseur social !
Rédigé par : Militant | 09/01/2009 à 13h00
La "gauche caviar" ne vaut pas plus que la "droite conservatrice",... Toutes deux ont été au pouvoir et l'on peut apprécier la situation dans laquelle nous pataugeons...
Le mythe du "travail libérateur", qui n'est en fait que du "travail salarié" soumet chacune et chacun aux exigences, non du progrès social, mais des exigences financières du capital - on a besoin, on embauche, on n'a plus besoin, on vire ! - et c'est cette situation que l'on offre aujourd'hui aux jeunes !... Et l'on s'étonnent qu'ils n'acceptent plus ?... Mais c'est ça qui est encourageant !
Rédigé par : Mario | 09/01/2009 à 14h58
Alors ont-ils une autre solution de rechange ? Parce que sans investisseurs pour créer des entreprises, comment créer de l'emploi, et les investisseurs comptent bien avoir de la rentabilité sur leurs investissements ! Même les chinois font de même ! J'attends vos propositions et votre modèle économique ?
Rédigé par : Militant | 09/01/2009 à 23h22
Justement, là est bien la contradiction du système marchand.
L'entreprise n'a jamais été créée pour "créer des emplois", mais pour faire de l'argent... c'est son unique objectif,or la stabilité sociale veut que tout le monde ait un emploi... ce qui est impossible. Il n'y a aucune solution à ce problème dans le cadre de ce système. S'il y en avait une il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée.
La seule "solution" est de repenser et de mettre en place un nouveau système qui fasse que le travail ne soit plus tributaire des conditions de valorisation du capital.
C'est dans cette direction qu'il faut œuvrer pas dans le tripatouillage stérile des réformes d'un système exsangue.
Rédigé par : Mario | 10/01/2009 à 12h57
Dites, je ne voudrais pas vous déranger longtemps tous les deux.
Ce que je constate, c'est que quand un "mouvement social" arrive à son terme (c'est visiblement le cas, et cela se comprend), cela donne quelquefois l'occasion, sur un vaste sujet, d'amorcer un débat de fond.
Sauf que là, on reste vraiment dans le vague des grands affrontements idéologiques.
A "Militant", j'aimerais dire que le capitalisme financier tel qu'il s'est montré récemment, cela peut difficilement passer pour l'avenir de l'humanité.
A "Mario", qui semble envoyer "l'entreprise" et "le marché" aux enfers, j'aimerais demander ce qu'il met à la place sans que tout s'effondre ou se soviétise.
Il me semblait que la voie de sortie (pas seulement l'issue de secours !), c'était plutot un système libre mais plus et mieux régulé. J'aime bien l'idée de Patrick Viveret, reprise récemment avec vigueur par Corinne Lepage, d'indices de réussite qui ne se limitent pas au PIB-PNB évalué financièrement, mais qui incorporent les paramètres sociaux et écologiques. En moins technocratique : la vie des gens - de nous tous, quoi.
Rédigé par : haltla | 10/01/2009 à 22h44
Mouais faut dire que Militant avoue sans rougir que sa fille est dans une organisation extrémiste (UNI), tout en faisant croire qu'elle pense comme la fameuse "majorité silencieuse" à qui l'on fait dire tout et n'importe quoi!
Alors une bonne fois pour toutes, laissez la tranquille cette majorité silencieuse!!
Et respect pour les jeunes qui se battent pour notre avenir à tous, face aux offensives réactionnaires du gouvernement, qui vise ouvertement un retour à la législation sociale et au système éducatif du XIXème siècle...
Rédigé par : jor | 12/01/2009 à 17h52