Le procès AZF s'ouvre dans la sérénité, mais sans le témoin Jacques Chirac
JUSTICE. Á la première heure d’un procès prévu pour durer quatre mois, le bilan des victimes d’AZF s’est déjà alourdi de deux morts.
Sur les trente victimes recensées après l’explosion de l’usine chimique toulousaine le 21 septembre 2001, une dame décédée le 6 octobre des suites de ses blessures n’était pas encore officiellement comptabilisée. Restait aussi le cas d’un patient mort en janvier 2002 d’une maladie nosocomiale contractée dans l’explosion du bloc dans lequel il était opéré le 21 septembre à 10H17.
Ni le procureur ni la défense ne sont opposés à ce qu’ils viennent rallonger de 29 à 31 la liste des victimes de la catastrophe.
C’est dans un parfait silence citoyen que le président Thomas Le Monnyer a énoncé ces 31 noms. Il a pourtant face à lui une salle d’audience pleine à craquer de 800 places assises, avec des écrans géants et une sonorisation spéciale.
Thomas Le Monnyer a surtout un ton et une voix qui calmeraient le plus électrique des débats. Il vaut peut-être mieux, sachant que plus de 2.900 plaignants ont l’intention d’en découdre avec le pétrolier Total, propriétaire de la société Grande Paroisse elle-même propriétaire d’AZF, et que l’avocat de ladite société se dit prêt à «faire exploser l’audience» pour défendre son point de vue.
L’opposition des parties n’empêche toutefois pas le représentant de Total à Toulouse depuis l’explosion d’entretenir une souriante conversation avec le président de l’association des Sinistrés du 21 septembre et son alter ego de l’association des Familles endeuillées dans les travées de la salle d’audience avant l’ouverture des débats.
La salle municipale Jean Mermoz, dite salle de la Piscine abrite des meetings politiques ou des concerts à l’occasion. Y a été installé un buste de Marianne en fond d’estrade pour en faire une salle de justice. Des panneaux y indiquent enfin la place des témoins et experts (plus de 200), des parties civiles (1833 mais 210 personnes physiques seulement), des avocats (51) et de la presse (plus de 250 journalistes attendus). Les rangs réservés au public sont eux-mêmes bien garnis.
C’est le procès d’une «population profondément meurtrie» qui remémorera «des moments terribles», dit doucement le président. Lequel ouvre les débats par un inattendu «Bonjour à tous!» après le solennel «L’audience est ouverte». Il y a quatre mois à passer ensemble, autant bien commencer.
Les témoins ne pouvant assister à l’audience avant leur audition, il serait cruel de les enfermer tout ce temps dans le sous-sol de la salle Jean Mermoz où il est convenu qu’ils attendent. Thomas Le Monnyer les fait défiler pour leur annoncer la date approximative de leur convocation.
Où le public apprend que ni l’ex-président Jacques Chirac ni son ex-Premier ministre Lionel Jospin ne souhaitent témoigner. C’est un avocat des parties civiles qui aurait voulu les voir citer : parce qu’il aurait aimé savoir pourquoi l’un et l’autre ont pu déclarer quelques heures après la catastrophe qu’il s’agissait d’un «accident». Pour Jospin, M°Laurent de Caunes «maintient» sa demande. Pour Chirac, croyant savoir «que son mandat de président a pris fin», il y «renonce» mais ne «désespère pas».
Thomas Le Monnyer sourit. La sérénité des débats, plus le sourire du président: le plus grand procès par sa taille jamais organisé en France pour la plus grande catastrophe industrielle jamais jugée s’ouvre pour le mieux. Il s’agit tout de même d’en déterminer l’origine.
GLv.


De mémoire, Chirac voire Jospin étaient à Bruxelles ce jour là, avaient-ils le droit de s'exprimer à l'étranger?
Pour Jospin, le tribunal est-il compétent pour l'entendre même comme témoin et même maintenant, cela ne relève-t-il pas plutôt de la cour de justice de la république?
NOTE DE LIBÉTOULOUSE: CHIRAC ET JOSPIN ONT COURU POUR ARRIVER LES PREMIERS A TOULOUSE CE MÊME JOUR...
Rédigé par : Questions | 23/02/2009 à 20h44
On a parlé de tout dans cette affaire hors normes, et la spéculation immobilière l'a t on éludée.Il y a longtemps que cette usine génait. il aurait fallu la déplacer vers Noé. Qui est derière? Affaire de pognon il ne faut pas l'écarter.
Rédigé par : Mouret | 23/02/2009 à 20h48
Heu ce n'est pas Antoine ni Georges de Caunes,
c'est Laurent de Caunes...
Rédigé par : Eipoir | 23/02/2009 à 21h02
"Le procès AZF s'ouvre dans la sérénité, mais sans le témoin Jacques Chirac", titre le journaliste de LIBE, GL.v
M. GL.v, avec un titre aussi racoleur, vous voilà prêt pour travailler à FRANCE DIMANCHE, VOICI...ou autres journaux de haut vol.
En effet votre article ne nous apprend rien sur le témoin CHIRAC ou le témoin JOSPIN, pas cité dans le titre mais qui fera peut-être celui de demain.
Le lecteur doit être tenu en haleine.
Les morts et ceux qui souffrent méritent autrement notre respect.
NOTE DE LIBÉTOULOUSE: IL FAUT LIRE LES ARTICLES JUSQ'AU BOUT AVANT DE LES COMMENTER...
Rédigé par : Soleil | 23/02/2009 à 21h11
azf ou l'explosion rose, si si, il y avait un épais nuage rose au dessus de la ville...rose !
il est grand temps que la lumière soit faite sur cet "accident".
Une pensée aux victimes.Une rose pour les morts.
Rédigé par : latoulousaine | 23/02/2009 à 22h03
merci Libé Toulouse mais Bruxelles Toulouse, ils ne pouvaient pas y être à 12 heures et d'autant que pour un acte commis à l'étranger, il n' y a plus immunité, ils auraient pu être entendu à Bruxelles surtout pour un secret D'Etat.
Rédigé par : Questions | 23/02/2009 à 22h27
La différence de traitement médiatique entre AZF et le 11 septembre est saisissant :
D'un côté (AZF) les médias ont librement pu évoquer d'autres versions que la version officielle sans pour autant que leurs auteurs (des versions alternatives) soient traités de tous les noms (négationnistes, révisionnistes ou le nec plus ultra du terrorisme intellectuel, l'incontournable : antisémite)
Pourquoi cette différence de traitement ?
Rédigé par : robin | 24/02/2009 à 09h16
La convocation de Chirac et de Jospin serait totalement disproportionnée. S'ils sont responsables de tout et de tous il n'y a qu'a les traîner en justice quand un car de gosses s'encastre sur une pile de pont, quand un flic ivre flingue sa femme ou quand un chien bouffe une vielle dame.
Je pense que l'on ne connaîtra jamais les causes du drame même si les conclusions de l'instruction (l'accident chimique) paraissent les plus crédibles.
Par contre ce procès révèle le vrai visage d'un certain nombre de charognards. Auteurs de livres qui fantasmes sur la piste islamiste, sur le complot d'Etat, sur une attaque aérienne...
Et que dire de José Bové venu, toute honte bue, lancer sa campagne électorale sur le dos des victimes. Je ne sais s'il va y gagner des voix mais il a perdu la mienne.
Rédigé par : fabienne | 24/02/2009 à 09h47
"Pourquoi cette différence de traitement ?"
Simplement par ce que le 11 septembre c'est aux USA et AZF en France. On peut faire le même parallèle entre les traitements de la Guerre d'Algérie et celle du Vietnam.
Rédigé par : Mario | 24/02/2009 à 11h58
Si AZF n'avait appartenu à Total aurions nous eu droit à tout ce battage médiatique et est ce que tous les rapaces d'avocats se seraient donnés autant de peine pour ces pauvres gens. Pourquoi la mairie de Toulouse est elle si prompt à demander de l'argent à Total quitte à faire retaper des ruines sur le compte de Total. Qu'a t'elle fait pour limiter les implantations de centres commerciaux , maisons d'habitations près d'AZF et de la société Poudres et explosifs, allant même jusqu'à construire une école de chimie et un IUT juste en face.
Rédigé par : dan31 | 24/02/2009 à 12h41
D'un côté on nous explique qu'il faudrait 50, 100 voire 250 kg d'explosif pour faire sauter le tas de nitrate (et que donc l'attentat est impossible). De l'autre on affirme qu'une poignée de DCCNA en réagissant avec le nitrate et produisant alors environ 2 ou 3 kg d'explosif (le trichlorure d'azote) pas plus puissant que les autres explosifs, ça a largement suffit à faire sauter le nitrate.
Question: on nous prend pour des c... ?
Rédigé par : Alain | 25/02/2009 à 00h26
ce proces est une mascarade , la catastrophe AZF recouvre quelque chose de plus grave qu un simple accident industriel .
il y a eu 2 explosions , la question a un milliard d euro est : d ou venait la premiere .et quand on a repondu a cette question on commence a avoir le souffle court .
Rédigé par : phil | 26/02/2009 à 08h13
Etait-ce un accident?... Je ne crois pas! Bien de choses m'ont permis de savoir(et de source sûre oh combien!) que l'état pouvait mentir... C'est honteux de cacher la vérité surtout pour inculper des gens inocents. Tout est pourri par l'argent, même la justice et les politiques! Cela me dégoûte vraiment et j'ai parfois honte d'être français!
Rédigé par : Zen 17 | 01/03/2009 à 00h22