L'université prend le train des manifestations dans les rues de Toulouse
UNIVERSITÉS. En 10 ans de métier, Mireille, vendeuse dans une boutique de la rue d’Alsace Lorraine n’a «jamais vu passer autant de manifs que ces derniers temps». Ce jeudi 5 février, ce sont les étudiants et les professeurs des universités qui ont arpenté une fois de plus le pavé toulousain pour protester contre la réforme de l’enseignement supérieur.
14h30, place du Capitole. Etrangement silencieuse, la foule des manifestants se rassemble face à l’hôtel de ville. Ils sont pourtant près de 4.000 selon la police, 6.000 selon les organisateurs à avoir répondu à l’appel de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et de la Coordination nationale des universités.
Loin de l’ambiance festive habituelle, les visages sont graves, sinon tendus. Paul Sabatier, le Mirail, l’Arsenal, toutes les universités de Toulouse sont là. Il y a du personnel administratif, comme Catherine et Manuela, secrétaires à Paul-Sabatier. Payées 1.300 euros mensuels après 13 ans de carrière, les deux amies ne sont «pourtant pas venues manifester pour des augmentations de salaires». Elles manifestent, disent-elles, pour «soutenir les étudiants et contre la privatisation des universités. Les financements privés s’intéresseront aux facultés de sciences comme la nôtre, mais qu’adviendra-t-il des universités de lettres?»
«Par pudeur en temps de crise», Claude Roche, professeur de mathématiques à Paul Sabatier payé 3.547 euros écarte lui aussi la question du salaire. «Le plus important aujourd’hui, c’est la question du statut des enseignants chercheurs». Selon lui, la réforme envisagée pour ce statut «va établir un jeu de pouvoir à l’intérieur des universités au détriment de l’enseignement et de la recherche».
Claude Roche balaie la foule du regard. «Il y a des gens de gauche comme de droite, commente-t-il. Cette manifestation est dans la continuité de celle du 29 janvier dernier». Comme pour lui donner raison, Pierre Cohen, le maire PS de Toulouse traverse le rassemblement. «Bien évidemment, dit-il, je soutiens cette manifestation».
Le cortège démarre. Les policiers de la Brigade Anti criminalité (BAC) n’exhibent tout de même pas les matraques. Á mi-chemin, le cortège est rejoint par un petit escadron de lycéens. Certains d’entre eux se font discrets «pour éviter les punitions administratives». Une présence pourtant «normale dans ce défilé, juge Laura, porte parole de la coordination des lycées de Toulouse. Cette année, on est au lycée, l’année prochaine on sera en fac».
Jean-Christophe Sellin, élu de Toulouse est aussi dans le cortège en tant que porte parole du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. «On n’a jamais vu un tel niveau de confrontation», note-t-il.
Au passage du Boulevard Carnot, les étudiants réclament «du fric pour les facs et les lycées, pas pour les flics, les banques et l’armée». Ludivine Labbe, présidente de l’UNEF Midi-Pyrénées estime «qu’il y encore plus d’étudiants dans la rue que le 29 janvier dernier». Selon elle, ils seraient «80% à participer aux AG». La dernière en date a déjà approuvé la prochaine manifestation prévue le mardi 10 février prochain.
J-M.E


Et pendant ce temps des travailleurs travaillent pour 1000€ alors que des nantis se pleignent de ne gagner que 3000€
Rédigé par : mcld12 | 05/02/2009 à 20h11
Il faudra rapidement donner un autre nom à cette avenue d'Alsace-Lorraine à Toulouse, car l'Alsace-Lorraine ne tient pas être associée au grand naufrage à gauche de la Frankreich de m... C'est urgent !!!
Rédigé par : hirnemann edwige | 05/02/2009 à 22h18
Manifestation grave effectivement, comme la situation...quand autant de chercheurs autant dire d'intelligences se déplacent ça devrait donner à penser, la privatisation de l'université c'est lourd de conséquences, une recherche rentable organisée autour du mérite des chercheurs c'est lourd de conséquences...et le président de répondre ce soir que la recherche doit être évaluée, elle l'est bien évidemment, il faut trois rapporteurs indépendants pour un article publié ! le statut du savoir est le révélateur d'une anthropologie, une visée rentable basée sur une philosophie déterministe qui exclut le sujet même assèche la culture et la connaissance...dans la manifestation on pouvait lire ce slogan: "l'éducation coute cher, essayez l'ignorance!"
Rédigé par : xavier | 05/02/2009 à 23h03
Mais qu'est-ce que c'est que cette blague sur la "privatisation de l'université" ?
Si réellement les protestataires universitaires veulent se présenter comme des "intelligences", qu'ils le montrent. Donc qu'ils commencent à s'informer et à réfléchir plutot que de se contenter de slogans creux.
Il y a de quoi etre effrayé du gouffre entre la capacité et la minutie d'analyse des enseignants-chercheurs du Supérieur sur leur champ de recherche et l'amateurisme total, pour ne pas etre plus méchant, avec lequel ils abordent les questions d'aujourd'hui. Ce qui explique la confusion et l'ineptie des contre-propositions entendues ces jours-ci (quand il y en a)
Rédigé par : haltla | 06/02/2009 à 00h01
L'évaluation par la représentante de l'UNEF du nombre de présents aux AG donne le vertige : 80%, mazette !
Mirail, 20 000 étudiants. 80% = 16 000 étudiants. Dans un amphi de 800 places archi-bourré, on peut faire entrer 1000, 1200 personnes grand maxi.
Au-delà, il y a des morts garantis. Mais 16 000 ? Meme si "selon la police" il ne devait y avoir que 100 participants, elle serait plus proche (pour une fois) de la vérité.
Rédigé par : haltla | 06/02/2009 à 00h14
"l'éducation coute cher, essayez l'ignorance!"
Mais c'est ce que nous sommes entrain d'essayer... avec SARKOZY DE NAGY BOCSA qui touche non seulement son salaire de Président mais continue à toucher (mai oui ! mais oui !) celui de Ministre de l'Intérieur ( voir le Canard Enchainé), et qui est d'une ignorance crasse des problèmes qui se posent à la société française.
Sans parler de cette bande d'incapables et de profiteurs à l'Assemblée Nationale et au Sénat qui se gavent comme aucun salarié de base n'oserait rêver.
Rédigé par : Mario | 06/02/2009 à 07h03
Au lieu de regarder les salaires, penser deux secondes qu'ils se battent pour la qualité de la recherche et de l'enseignement à venir. C'est à dire la production de demain. Juste les entendre. Mais cela en France, on écoute jamais que sa chapelle. Qui meiux que peuvent dire le danger ressenti ? Ceux qui braillent " des chercheurs qui cherchent , on en trouve ; des chercheurs qui trouve , on en cherche" ? Mais ceux là à part leurs actions, leurs fonds hedge (ou autres) pour leurs bourses que font ils pour la France ? Ils promulgue la délocalisation, la défiscalisation de l'argent fait avec de l'argent. Ils retournent les valeurs traditionnelles du pays que l'argent est dale et que seul le travail est rédempteur, sauf à la messe le dimanche, pour eux là ! Que d'hypocrise et de petitesse d'esprit derrière ces critiques nauséeuses d'une France qui cherche et trouve son avenir.
Pour les mono obsessionnels du salaire, posez vous la question : A partir de quel âge un chercheur commence à cotiser pour sa retraite et avec quel salaire de début, après 8, 10 voire 12 d'études.
Rédigé par : jm29 | 06/02/2009 à 08h10
Bonjour monsieur le chercheur, que faites-vous ? Euh moi rien, à part penser à organiser la prochaine grève, et vous à coté
et bien moi je l'aide !
Voilà une image universitaire que nous donne nos grands chercheurs syndiqués, politisés, etc.C'est la France qui s'enlise, nous voudrions la France qui gagne !
Rédigé par : Militant | 06/02/2009 à 08h46
Que c'est bon le ressentiment!
Comment ça? Un professeur des universités à 3400 euros! Quelle honte!
Vite, il faut une loi afin que tous aient le même salaire.
Et vive Cuba!
Rédigé par : John Love | 06/02/2009 à 09h48
Je suis pour le retrait de la LRU mais il est tout de même étrange que les enseignants-chercheurs ne se bougent que maintenant contre un décret les concernants. Alors que tout cela découle de la LRU et qu'on ne les a pas vu lorsque les étudiants manifestaient contre.
Comme un commentaire précédant, "ces intelligences" étaient à même à l'époque de comprendre que la LRU engendrerait ce gendre de décret il me semble.
Alors, Mesdames, Messieurs les enseignants-chercheurs au lien de protéger votre pré carré, remontez à la source et demandez la suppression de la LRU tout simplement.
Rédigé par : | 06/02/2009 à 09h53
Il faut peut-être préciser que "Professeur des Universités" correspond à bac+8 ans d'études, plus une dizaine d'années de recherche de haut niveau. Tout le personnel enseignant/chercheur ne devient pas "Professeur". Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de nanti là-dedans, mais j'y vois la reconnaissance d'années de travail.
Pierre Cohen était dans la manifestation, il faudrait peut-être préciser, si je ne m'abuse, qu'il a été ingénieur dans un laboratoire de recherche de l'UPS (l'IRIT) et comprend donc peut-être particulièrement bien les enjeux du mouvement.
Rédigé par : doc | 06/02/2009 à 10h08
A mcld12: je suis ens.-chercheur. Il n'y a pas de revendication salariale dans notre mouvement. Sinon pour info, apres 8 ans d'etude, j'enseigne en fac et grande ecole d'inge depuis 6 ans, je gagne autour de 2100 euros nets par mois (en bossant env. 60h par semaine). Je ne pense pas qu'on puisse appeler ca "nanti". On ne fait pas un debat avec des propos de comptoir.
Rédigé par : Toulous1 | 06/02/2009 à 10h37
3000euros/mois???
Un Professeur en fin de carrière, peut-être.
Je suis MCF, j'ai 10 ans d'ancienneté dans l'univerité (5 ans comme PRAG, 5 ans comme MCF). Je gagne 2300 euros/mois net et moi aussi, je travaille à peu près 60h par semaine.
D'où viennent ces mensonges sur nos salaires?
Rédigé par : caledonia | 06/02/2009 à 11h39
@ Militant aka "franchouillard de droite politiquement incorrect"
1) Les enseignants chercheurs (que vous semblez confondre avec les "enseignants") font rarement la grève, et très peu sont syndiqués.
2) Si vous cherchez un corporatisme, regardez plutôt du côté des présidents d'université.
3) Vous vous affichez de droite.
Moi aussi : je suis attaché au libre arbitre, au péché originel, à la propriété privé, à l’ordre, à la probité…etc
Souffrez toutefois que je doute de l’authenticité des positions que vous portez fièrement en étendard quand vos valeurs et vos façons se révèlent être celles de la gauche, et pas la plus brillante.
Je constate d’abord que, comme beaucoup de gens à la vue courte, vous ne vous êtes intéressé que de très loin au contenu de cette réforme. Par surcroît, son seul nom "d'autonomie" vous a semble-t'il comblé de satifaction sans plus chercher à savoir de quoi il en retournait réellement. Ne vous en déplaise, mais une si crasse paresse intellectuelle et une si étroite pensée seraient à même de faire passer nos pires intellectuels gauchistes pour de gentils amateurs.
Qui plus est, vous soutenez une réforme qui accélère gravement le processus de soviétisation des universités. Si par souci d'honnêteté vous vous étiez intéressé un tant soit peu à son contenu, vous seriez stupéfait de découvrir que cette réforme aggrave considérablement le poids de l'administration locale, et à quelle extrémité elle renforce le mélange très "franchouillard" (et c'est peut-être ce qui vous plaît) de clientélisme, de népotisme et autres pratiques mafieuses qui grèvent la recherche.
Finalement, à défaut d'être politiquement incorrect, vous êtes bien le reflet de notre époque: baignant dans le jus épais du ressentiment, sans opinion propre (si ce n'est celle diffuse de la doxa ambiante), et collectiviste en diable par dessus le marché.
Très franchouillard, oui, c'est certain. Ne manque plus que l'anti-américanisme... quoiqu' en y regardant bien.
Rédigé par : John Love | 06/02/2009 à 13h58
Dans ma famille il y a ma fille qui est étudiante et membre de l'UNI, notre cousine qui est Maitre de recherche et a effectuée deux années aux USA à la national science foundation, comme chef de projet technique à Minnéapolis..., !Mais je suis issu d'une grande école (A&M), cadre dirigeant en retraite et je m'intéresse aux réformes sans être Sarkoziste pour autant !
Nous attendons des universitaires qu'ils proposent à la classe politique des projets d'amélioration des universités, pas qu'ils descendent dans la rue !
Nous avons le sentiments que certains chercheurs font des carrières de planqués et s'adonnent plus à la politique (gauchistes) qu'à leurs recherches ! Bien sur, il ne faut pas généraliser !
Je connaéis votre pays, je l'aime bien mais comme français, je suggère une certaine distance, car vous êtes une puissance qui veut régir le monde à la mode US ! Il y a du gaulliste chez moi voyez-vous et quand je vois notre Président cirer les pompes pour deux strapontins dans l'OTAN, j'ai envie de lui envoyer mes chaussures à la tête , car nous avons bien compris que la monnaie d'échange sera plus de troupes en Afganistan, alors que nous devrions rapatrier nos soldats, ce n'est pas notre guerre !
Rédigé par : Militant | 06/02/2009 à 22h19
Une bonne partie des commentateurs qui précèdent, notamment Jean l'Amour, nous font une étonnante démonstration. Celle de l'unité dans le refus de l'évolution entre la gauche passéiste et la droite aristocratique.
Pour les uns, il s'agit de préserver des situations acquises et pas toujours reluisantes. Clientélisme, quand tu nous tiens... Ce que veulent les autres, c'est revenir à l'université des chers mandarins et de leur sacro-sainte "indépendance". Mais les enseignants chercheurs aussi ont des comptes à rendre à la sociéte, mon cher l'Amour.
Ce qui est dommage, c'est que trop d'enseignants-chercheurs dont la qualité et le dynamisme ne pretent pas à contestation se précipitent dans une bagarre confuse pour, finalement, refuser des évolutions qui leur seraient - leur seront - favorables.
Je n'ai aucune passion "corporatiste" pour les présidents d'université, mais dans cette affaire, il faut bien dire que c'est eux qui vont dans le bon sens. Ouverture aux aspects progressistes de ce décret, dans sa dernière version, mais défense de leurs Facs, de leurs crédits et de leurs postes, ainsi que des garanties nécessaires pour des personnels pas mal chahutés.
Quant à Sarkozy... Quelqu'un (je ne sais pas moi, Pécresse, Fillon...) pourrait-il lui demander de se taire sur un sujet auquel il n'entend visiblement RIEN ?
Rédigé par : haltla | 06/02/2009 à 23h15
"Je n'ai aucune passion "corporatiste" pour les présidents d'université, mais dans cette affaire, il faut bien dire que c'est eux qui vont dans le bon sens."
Ouais, mis à part que la plupart sont désormais contre cette "réforme" qui est en fait une liquidation du service public universitaire... Il leur a fallu du temps pour s'en rendre compte (2 ans), mais ça y est !
Rédigé par : Mario | 09/02/2009 à 15h17
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/le-snesup-fsu-b.html
Rédigé par : Mario | 09/02/2009 à 15h55