Les “enseignants désobéisseurs” désobéissent encore
ÉCOLE. Il y avait déjà les «faucheurs volontaires» décidés à passer à la faux tous les champs d’OGM se présentant à eux.
La «désobéissance civile» prônée par ces faucheurs est une façon revendiquée de se mettre dans l’illégalité. Il s’agit en conscience de ne pas obéir à une loi jugée «illégitime».
Et voici les «enseignants désobéisseurs». Ceux-là refusent d’entrer dans les ordinateurs de leur ministère les données concernant les élèves qui leur sont confiés. Le dispositif «base-élève» pourrait amener selon eux à «dé-construire» l’école publique.
Le mouvement a démarré à Colomiers avec l’instituteur Alain Refalo. Il se poursuit entre autres avec Anne-Marie Pons chargée d’école maternelle à Lourdes. Qui annonce sa désobéissance par courrier à son inspecteur d’Académie:
Mme Pons Anne-Marie le 2 mars 2009
institutrice
chargée d'école maternelle
31510 Lourde
à M. l'Inspecteur d'Académie de Haute-Garonne
c/o M. l'Inspecteur de l'Education Nationale HG13
objet : Base élèves (formation à l'application, renseignement de la base de données) et non-adéquation avec la conscience humaine.
Monsieur l'Inspecteur,
Vous me convoquez ce jour à une journée dite de formation à l'application Base élèves. Je vous informe par la présente que je me rends au centre de formation mais qu'en conscience, je ne peux entrer les données concernant des personnes mineures, en l'occurrence les enfants qui me sont confiés en tant qu'institutrice chargée d'école.
Je me joins à DEI-France pour exprimer mon inquiétude concernant la vie privée des enfants (article 16 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant) face à une potentielle évolution de la Base de données dite Base élèves, évolution techniquement possible et non éliminée pour l'instant.
Je m'émeus, au côté des parents d'élèves, du droit qui leur est enlevé d'autoriser l'entrée de données concernant leur enfant.
Je m'interroge sur les raisons qui conduisent à mettre en place un dispositif d'une telle ampleur, tant au plan financier qu'au plan logistique, s'il s'agit in fine de recueillir des données anonymes.
Veuillez trouver en pièces jointes :
un argumentaire personnel : Base élèves; obéissance ou conscience, contrôle social ou liberté,
une lettre ouverte de DEI-France, Défense des Enfants International,
un courrier de l'ONU à la France,
une lettre collective écrite par des parents d'élèves de l'école de Lourde.
Veuillez agréer, Monsieur l'Inspecteur, l'expression de mon profond respect.
Anne-Marie Pons


Pourquoi les gens qui refusent d'appliquer la politique de ceux qui les emploient, ne démissionnent-ils pas ?
Le statut de fonctionnaire permet de s'abriter dans une position d'obstruction. Il me semble qu'une mesure disciplinaire telle qu'une mise à pied soit nécessaire pour assurer l'ordre, si cela continue, on verra d'autres employés d'Etat refuser de venir travailler en dénonçant je ne sais quelle prétendue exploitation...
Ces gens n'ont même plus conscience de cracher sur l'école républicaine.
Rédigé par : A-DAVIER | 03/03/2009 à 09h28
Bonjour,
A-DAVIER, la pertinence de votre contribution au débat s'arrête à ceci :
les directeurs qui refusent de renseigner la Base Elèves ne s'arrêtent pas de travailler !
Ils font leur travail !
Mais les enseignants ne sont pas des agents de saisie de données pour le compte du ministère de l'intérieur !
Par contre ils ont une conscience , multiple : conscience professionnelle et conscience citoyenne...
Rédigé par : dd | 03/03/2009 à 10h27
Le démantèlement de l'école publique par ce gouvernement n'est plus discutable. L'insurrection des consciences est aujourd'hui une nécessité.
Les enseigneurs désobéisseurs (au nombre de plusieurs centaines sur la Haute-Garonne) ne démissionneront pas et continueront le combat pour une école de qualité et de la réussite pour tous, quitte à prendre des coups sévères.
Les partisans de l'ordre sont en réalité les responsables du désordre établi. Ils ne peuvent supporter cette résistance qui touche au coeur du système.
Il appartiendra aux responsables politiques qui ont dé-construit les fondements de l'école publique de rendre bientôt des comptes. La colère gronde, et l'unité est en marche de la maternelle à l'université.
C'est le philophe Alain qui disait : "L'homme qui pense contre la société qui dort, voilà l'histoire éternelle et le printemps a toujours le même hiver à vaincre".
Le printemps de l'insoumission collective est désormais à l'ordre du jour.
Rédigé par : Antigone | 03/03/2009 à 11h00
Cher A. Davier,
C'est le bon sens même qui vous inspire!
A des époques plus difficiles, certains fonctionnaires ont honorés par leur loyauté
leurs statuts. Ayons une pensée pour Bousquet, Papon.
Bonne journée!
Rédigé par : D.B | 03/03/2009 à 11h26
A A-DAVIER : peut-être parce qu'il est plus efficace, parfois, de lutter de l'intérieur ?
Regardez dans l'histoire de Vichy, il y a des fonctionnaires qui ont collaboré, d'autres qui ont désobéi... Ils n'ont pas (tous) démissionné cependant. Chacun son combat, chacun sa méthode.
Rédigé par : maathieu | 03/03/2009 à 11h44
Cher A-Davier,
A lire votre prose, j'imagine sans peine que - fonctionnaire sous le régime de Vichy - vous auriez rempli les petites fiches réclamées par votre hiérarchie, sans vous poser de questions, et ainsi oeuvré tranquillement, en bon républicain que vous croyez être, à la tache indélébile que ce gouvernement a laissé dans l'histoire. Bravo, vous avez tout compris !
Rédigé par : PhM | 03/03/2009 à 11h49
je pense que les fonctionnaires sont le dernier rempart de l'anti-république et de l'anti-démocratie de ce qu'on appelle, hélas notre président.
Je soutiens pleinement ce rapport et en demande d'autre du même acabit, refuser tout net leurs mesures et le meilleur moyen de leur prouver, et documents à l'appui, qu'ils ont tort et raisonnent comme des coups de marteau sur une faucille.
Nous ne sommes pas dupes de vos manèges Messieurs les sarkoziens, votre cour n'aura pas raison de nous.
Rédigé par : F | 03/03/2009 à 11h49
à A Davier,
Dans les années 1940; les cheminots aussi ne faisaient que leur travail lorsqu'ils acheminaient des trains vers les camps de la mort.
pour rappel: "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen - 24 juin 1793 - Article 35)
Soutiens aux instituteurs!
Rédigé par : aurélie | 03/03/2009 à 12h34
courage à tous ceux qui s'opposent à ce massacre! et merci beaucoup. Une parent d'élèves.
Rédigé par : Nane | 03/03/2009 à 12h59
attention, chers lecteurs de Libé, la parano vous guette...Vichy, la dictature sarkozienne LOL
Essayer de mettre quelqu'un de valable au pouvoir en 2012 au lieu de vous effaroucher pour un rien!
En attendant c'est la droite au pouvoir et vous vous devez de respecter la DEMOCRATIE (53%)
Rédigé par : antoinindia | 03/03/2009 à 13h11
Rassurez-vous chers concitoyens, il y a toujours un A Davier quelque part... peu importe son nom, c'est un état d'esprit qui parle, laissez-le parler, il n'est que le chantre de sa médiocre condition mais démontre tout de même quelque courage à exprimer une opinion qui lui vaut une volée de bois vert.
Restons vigilants cependant car il exprime tout haut ce que d'autres pensent tout bas.
Rédigé par : ubu-lan | 03/03/2009 à 13h27
moi aussi, je me dis de temps en temps "après tout c'est la démocratie qui a porté ce pantin au pouvoir" (et pour continuer dans la parano, Hitler aussi)
et c'est là qu'intervient la propagande : depuis 30 ans, et je me suis faite avoir aussi (j'ai même entré les noms des enfants dans bas élèves car je voulais bien du côté utilitaire des idées bêtasses de la droite)on nous bassine avec les idées libérales alors 53 % des gens y croient
mettons qu'il y ait dans notre pays 30 % de gens qui ont intérêt à ce que le système ne change pas
et, lors des dernières "élections", 23 % qui n'ont toujours pas conscience des désastres de cette idéologie
et qui ont cru que l'agité allait agir pour eux...
Rédigé par : coline | 03/03/2009 à 13h52
Hitler aussi fut élu.
Rédigé par : Ouam | 03/03/2009 à 14h03
C'est toujours ainsi que commencent les dictatures : des critères d'évaluation personnels mâtinés de missions divines ou salvatrices qui se substituent à la volonté démocratiquement exprimée. Comparer Sarkosy à Hitler n'est qu'un exercice de rhétorique vide et qui permet à toute une bande de pseudo révolutionnaires d'être payés pour tenir leur agenda politique au lieu de s'acquitter du travail pour lequel ils émargent. Typiquement français et définitivement très chiant pour tous les démocrates!
Rédigé par : Divine | 03/03/2009 à 15h22
Tout ce qui est excessif ne compte pas. Les profs qui résistent ne sont pas des collabo à la mode Bousquet ou Papon. Simplement des conservateurs qui veulent enseigner comme papa qui déjà voulait le faire comme son père. Ils sont de fidèles disciples de Mitterrand qui disait: "Laissons du temps au temps" Pour eux, il est toujours urgent d'attendre.
Rédigé par : fabienne | 03/03/2009 à 17h03
Bravo à ces courageux résistants instits ! Ils ont mon soutien ici, dans leurs écoles et dans la rue !
Rédigé par : bisoubisou | 03/03/2009 à 18h30
Au boulot les fonctionnaires! N'oubliez-pas que vous êtes payés grâce aux impôts de l'ensemble des contribuables dont la majorité a élu Nicolas Sarkozy. Si vous n'êtes pas contents de votre employeur, changez-en!
Libé se délecte des grèves et des conflits sociaux, c'est son fond de commerce. Cela en devient pathétique.
Rédigé par : Pino | 03/03/2009 à 20h24
l'EN est l'enfant chéri de la V république.
Aucun autre ministère n'a vu son budget et ses effectifs augmenter dans de telles proportions.
Avec des résultats dont on peut discuter.
La gauche a gouverné presque aussi longtemps que la droite.
Et même M. JOSPIN, ministre emblématique de la gauche n'a pas su répondre aux aspirations des enseignants, qui n'ont pas accepté ses réformes.
OU EST LE PROBLEME ?
Une chose est sure, le monde enseignant, est convaincu que ce "problème" ne vient absolument pas de lui et qu'il n'a pas à se remettre en question, sans qu'il s'aperçoive que le monde a changé et que le système éducatif se meurt du fait de son conservatisme.
Rédigé par : ministre | 03/03/2009 à 21h19
Le commentaire de Mr A. DAVIER manque cruellement de réflexion. Il reflète amèrement les gens qui disent qu'un ordre est un ordre, quel qu'il soit. Heureusement, la France a connu plus résistant(s) que ce Monsieur...
Ces enseignants ont une réelle conscience professionnelle, qui les poussent à réfléchir au bien des enfants, au delà des décisions d'une poignée de politiciens....ces informations qu'ils refusent de donner sont et doivent rester confidentielles.
Remplissez-vous une fiche sur vos orientations sexuelles, votre religion, votre situation de couple avant de signer un contrat?.... pardon c'est sûr vous n'avez rien à "cacher", en tant que bon hétérosexuel catholique, cadre supérieur français blanc, vous ne risquez rien...
Rédigé par : | 04/03/2009 à 08h57