La prison Saint Michel: «c'est sordide!»
SOCIÉTÉ. «On mesure le niveau de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses prison- niers»: plutôt qu’un long discours, Jean Jacques Mirassou et Martine Martinel, respectivement sénateur et députée PS de Haute Garonne citent Albert Camus à leur sortie de la prison Saint Michel à Toulouse.
Leur visite intra muros, ce lundi 9 mars, du centre de détention de semi-liberté, s’inscrit dans le cadre du projet de loi pénitentiaire actuellement examiné au sénat.
L’état des lieux constaté est selon eux «indigne d’un pays démocratique».
11h30 Prison Saint Michel. L’entrée de la maison d’arrêt construite sous Napoléon III s’ouvre. Jean-Jacques Mirassou et Martine Martinel sortent de leur visite: «L’état des locaux est sordide. Les installations sanitaires sont vieilles de cinquante ans, s’offusquent-il. C’est indigne à la fois pour les détenus et pour ceux qui les surveillent».
Martin Martinel et Jean-Jacques Mirassou à la sortie de Saint-Michel. Photo: DR
Depuis le transfert de la population carcérale à Seysses, la maison d’arrêt de Toulouse n'accueille plus qu'une trentaine de détenus en fin de peine dans une aile consacrée à la semi-liberté.
Ici, les détenus qui travaillent la journée à l’extérieur dorment en prison le soir et à deux par cellule. Á la maison d’arrêt de Seysses, le taux de remplissage est tel qu’ils sont quatre et parfois cinq à se partager le même espace de 10m2. «Sans aucune intimité et avec les latrines au milieu de la cellule!» s'exclame le sénateur Mirassou.
«Comment voulez-vous réinsérez des gens dans ces conditions-là? reprend Martine Martinel. Pareille déshumanisation ne peut engendrer que de la violence, et aucun espoir de réinsertion».
Se défendant de tout «angélisme», les deux élus dénoncent le projet de loi pénitentiaire et son auteure: «Rachida Dati veut faire passer sa réforme en force et dans l’urgence avant son départ du ministère de la Justice».
L’opposition parlementaire en est réduite à tenter de faire passer quelques amendements. Comme celui sur la réglementation de la fouille au corps en détention prise la semaine dernière au sénat.
«Ce projet de loi est l’occasion manquée d’un réel débat de fond sur la prévention, la sanction et la réinsertion, conclut Jean-Jacques Mirassou. La prison est un sujet de société qui concerne tout le monde, chacun pouvant passer du jour au lendemain du statut de victime à celui de détenu».
J-M.E


Voici encore la preuve par les faits que le showbiz n'a rien à faire avec les questions politiques et judiciaires. Madame Rachida Dati, ministre bling bling, devrait séjourner une nuit dans cette prison et nous communiquer un compte rendu de ses impressions.
Rédigé par : ange666 | 09/03/2009 à 19h59
Dans ce domaine, SARKOZY, a été le seul candidat, à indiquer vouloir construire de nouvelles prisons.
50 ans de retards.
Rédigé par : humanité | 09/03/2009 à 20h39
Qu'ils sont mignons ! Ils sont-y pas trognons ces gentils socialistes qui découvrent une réalité vieille de plus de 20 ans ?
Rédigé par : titou | 10/03/2009 à 09h46
Mme Madame Rachida Dati, je crois. ecrit ses reformes dans un etat d'esprit catharsique. Domage.
Rédigé par : nathvic1 | 10/03/2009 à 10h33
Pour répondre à "humanité" le fait de construire des prisons ne fait pas baisser la surpopulation mais augmente le nombre de détenus. Monsieur Sarkosy n'est pas innovant, en 1995 le programme 4000 fut lancé pour construire 4000 nouvelles place en détention. Ce programme de construction massive c'est achevé fin 2004. Bilan, en 1995 on compté 54500 en prison alors que en 2004 ce trouvez 57950 personnes. Un accroissement logique est à prévoir au vu des réformes actuelles (notamment peine planché et loi sur la récidive). L'amélioration des conditions de détention, pointé comme honte de la république par de nombreux rapport (notamment OIP) est une urgence. Mais ils serait intéressant d'arrêter cette course à l'enfermement systématique, une cage doré reste une cage. Ces plan Marshall de l'enfermement coûte très chère à notre société. Ne serait il pas plus profitable d'utiliser cette argent dans l'éducation, l'accompagnement aux personnes en difficultés, … où il pourrais avoir un plus grand impact sur la délinquance, et être bénéfique pour la société.
Rédigé par : sebastien | 12/03/2009 à 16h33