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Le kiosque à musiques

11/04/2009

Les mémoires antifranquistes croisées de Jean-Marc Rouillan et Aurore la Toulousaine

Dememoire2_un1_2TÉMOIGNAGE. Octobre 2008 : le régime de semi-liberté accordé au co-fondateur du groupe Action Directe, Jean-Marc Rouillan est annulé.

Conséquence d'une interview au journal L'Express pour laquelle il lui est reproché d'avoir enfreint l'interdiction de s'exprimer sur les faits pour lesquelles il a été condamné à perpétuité en 1989.

Depuis, Rouillan est à nouveau emprisonné dans une cellule de la maison d'arrêt des Baumettes. Victime d'un grave problème de santé, il a été transféré dans l’unité sécurisée de l’hôpital Nord de Marseille.

C'est dans ses conditions qu'il a terminé l'écriture du tome II de “De mémoire. le deuil de l'innocence" qui vient de paraître en librairie. Il y raconte son engagement dans la lutte armée antifranquiste au sein du Mouvement ibérique de libération (MIL), au début des années 70 en Espagne. Le récit s'achève avec l'exécution le 2 mars 1974, de Salvador Puig Antig, l'un des membres du groupe arrêté après une fusillade avec la police dans les rues de Barcelone.

Libé Toulouse a rencontré Aurore, une ex-membre du Mil. Elle témoigne sous son pseudo de clandestinité: «un prénom libertaire en opposition avec les saints du calendrier catholique». Mémoires croisées.

La couverture de De Mémoire, avec  Salvador Puig Antich en beau gosse motocycliste fumeur

Les débuts. En 1973, âgée de 25 ans, Aurore, militante de la mouvance maoïste parisienne débarque à Toulouse. Elle y rejoint les militants du MIL dont Jean-Marc Rouillan. Elle y rencontre aussi les réfugiés Espagnols de la Confédération nationale du travail (CNT) et de la Fédération anarchiste ibérique (FAI): «Beaucoup d'entre eux s'étaient installés à Toulouse pour fuir la dictature de Franco, dit-elle. Leur présence donnait à la lutte antifranquiste un caractère très particulier. C'était très fort».

«Ces vieux-là, plus frais que de nombreux jeunes libertaires de l'après 68, nous transmettaient leur armes et tout l'espoir qui les conduisaient, écrit Jean-Marc Rouillan. On perpétuait une promesse, celle du retour, qui fut scellée le poing dressé par des files de vaincus en 1939».

Les militants du MIL passent à l'action. Á Toulouse: l'édition de textes censurés par le régime franquiste et destinés au mouvement ouvrier espagnol. En Espagne: les braquages de banques pour financer la lutte armée. Aurore fait le lien entre les deux structures: «Je convoyais la propagande imprimée en France, des traductions du «Que faire?» de Lénine et des écrits de Camillo Berneri et de Pannekoek, raconte-t-elle. J'accompagnais aussi les passages de militants de part et d'autre de la frontière».

La lutte armée.
À Barcelone, elle loge avec  le «noyau dur» composé de Jean-Marc Rouillan alias «Sebas», 21 ans, Jean-Claude Torrès, «Cricri», 22 ans, et le «Metge», Salvador Puig Antich, 24 ans. Traqué par la Brigada Politico Social, la police politique de Franco, le trio vit dans la clandestinité : planques, faux papiers, voitures volées ou louées chez Walter Spanghero à Toulouse, piège à la grenade dégoupillée devant la porte pendant leur sommeil, bâtons de dynamite dans les placards. Leurs sorties sont limitées aux rendez-vous avec les contacts dans l'opposition ouvrière et étudiante et aux braquages de banques revendiqués et réalisés à visages découverts.

«C'était très cloisonné, raconte Aurore. Chacun d'entre nous ne connaissait les autres militants que par leur pseudo. En cas d'arrestation, même sous la torture, tu ne pouvais rien dire car tu ne savais rien».

À Toulouse base arrière du Mil, «l'ambiance était plus détendue, poursuit-elle. Malgré la surveillance de la police française qui collaborait avec ses homologues espagnols en leur fournissant les photos des militants antifranquistes». Entre les réunions «baptisés pompeusement congrès, litanies d'enguelades, d'alliances passagères et de ruptures suivies de réconciliation, écrit Rouillan, On croisait des compagnons de barricades et de bastons de rue. On se saluait d'un sourire ou d'un regard complice. ..L'ancienne compagne d'un copain faisait la cuisine au restaurant de la rue des Pharaons. Quand on s'attablait, elle annonçait à la serveuse : Cette table, ils payent pas»

Le deuil de l'innocence.
Ce deuil tombe comme un couperet avec l'arrestation de Salvador Puig Antich et son exécution le 2 mars 1974. Le 25 septembre 1973 à Barcelone, la brigade anti-Mil piège le militant à l'un de ses «rendez vous de sécurité». Salvador est arrêté. Dans la bousculade il réussit à dégainer l'une des deux armes qu'il porte en permanence. Les balles du guérilléro du MIL et celles des policiers ricochent. Salvador est grièvement blessé. Un policier meurt. Rouillan et Torrès réussissent à s'échapper et à repasser en France.

«Ce jour la, un ressort s'est cassé. Jusqu'alors, on se croyait quasi invincibles, commente Aurore. Malgré les risques, c’était un peu le jeu du gendarme et des voleurs». Le lendemain, elle s'exfiltre en catastrophe de Barcelone par le train. «A la frontière j’étais prête à me jeter dans les bras du premier douanier français au moindre geste suspect des policiers espagnols».

Le 8 janvier 1974, Salvador Puig Antich est condamné à mort. Il est garrotté le 2 mars 1974. «La mobilisation pour empêcher cette exécution a été difficile. La plus grosse manif de soutien a eu lieu à Paris le jour de sa mort», raconte Aurore. «Il mit longtemps à mourir. 18 minutes avant que le docteur ne le considère comme mort, écrit Rouillan. Il n’était pas innocent. Aucun de nous ne l’était. Du fait de notre choix d’affronter la dictature par les armes… Deux ans après est venue la démocratie en Espagne… Une succession en douceur… Aucun responsable de la dictature n’a été inquiété ni même jugé depuis».

35 ans plus tard, Aurore dit «ne rien regretter à (son) engagement passé». Jean Marc Rouillan conclut son récit en écrivant : «Condamné à vie je survis à l’ombre des murs depuis février 1987. Après plus de 20 ans de prison, les juges me reprochent la permanence de ma conviction extrémiste et radicale. Je ne sortirai pas cette année, ni la prochaine».

Jean-Manuel ESCARNOT

Jean-Marc Rouillan
: "De mémoire", tome 2 "Le deuil de l'innocence un jour de septembre 1973 à Barcelone", 166 pages, 15 euros aux Editions Agone

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Commentaires

Je comprends que dans le contexte des années 70,les jeunes gens lucides aient été anti-franquistes,la lutte était légitime,moi-meme,j'étais dans les mouvements mao à paris,nous fourbissions des frondes,nous étions fous,passionnés,impulsifs,mais je pense que la vie fait changer,je me dis que j'ai fait des conneries,j'ai proféré des slogans débiles,pas à propos de Franco,mais à propos du vietnam ou de la chine,c'était idiot,je veux dire qu'à présent,si on est encore rigidifiés ,sans nuances,aveugles,pour la lutte armée,si on n'a pas changé,c'est qu'on n'a pas appris grand-chose de la vie,on était dans des certitudes simplistes,et le simplisme,le manichéisme,c'est dangereux.Si on n'a suivi qu'un seul sentier,quelle pauvreté§

Il est largement temps qu'il sorte définitivement de prison.
Je ne suis pas pour la lutte armée. Mais je salue Rouillan et je le respecte. Il a droit de conserver ses convictions : il les a chèrement payées...
Et Papon, et Bousquet comment vont-t-ils ?

Moi aussi j'étais à Toulouse dans ces années là. Je me souviens encore de la mort de Puig Antich. Mais j'allais aussi en Espagne et je voyais un pays qui évoluait vite, à la population très semblable à nous, et qui attendait patiemment la mort de la vieille crapule. La lutte armée n'y avait aucune place, cela me semblait évident, le souvenir de la Guerre civile y était trop fort.
Plus tard j'ai appris que Puig était le premier politique exécuté depuis 1956. Les faits sont têtus! L'Espagne s'est libérée toute seule par la volonté de son peuple. Et c'est bien ainsi.
Il faut hélas souvent que les peuples pardonnent à leurs bourreaux pour que les transitions soient pacifiques. ¡Que lastima!

J'admire sincèrement ce qu'on pu faire ces filles et mecs notamment en Espagne.
je sais aussi combien les promesses non tenues de 1981...Miterrand redevenant ce qu'il a toujours été ont décidés des militants à reprendre la lutte armée.aujourdh'ui je ne conseillerai à personne de prendre les armes,les conditions sont différentes nous dit on et pourtant le mensonge libéral vient d'exploser en vol...Qui propose une alternative crédible? (je veux dire réalisable à moyenne échéance)
Salut fraternel à JeanMarc pour qu'ilse remette et bien sur je vais lire ce bouquin mais putain que c'est pénible de nager dans le "chamallow" de Solférino ...

Les Allemands n'ont pas envahi l'Espagne en 40, les Britanniques ont pu garder le contrôle du détroit de Gibraltar, l'Espagne a connu une transition démocratique en douceur et n'a pas été une "démocratie populaire". Pas de rideau de fer dans les Pyrénées... Merci Franco...

La Seconde République demeure chez de nombreux Espagnols comme une utopie réalisée de façon éphémère, tombée sous les balles et les exactions des fascistes franquistes. De nombreux mouvements ont tenté de trouver une existence dans la lutte contre Franco, sans jamais parvenir à s'entendre autour d'un idéal commun. C'est le drame perpétuel de la gauche.

Aujourd'hui, seule la volonté de restaurer la république en Espagne mérite que l'on se batte (de façon démocratique). Ainsi que la restauration de la vérité sur les exactions fascistes et l'exhumation des victimes du franquisme (de façon judiciaire), quelles qu'aient été leurs opinions : francs-maçons, anarchistes, républicains, communistes.

¡Viva la República!

Réponse à Agnès !
Possible en effet ! Pas sûr cependant qu'en face certains n'aient aussi rien appris de ces années là ! Ni des suivantes !
Ils ne vous pardonneront pas plus qu'à Jean Marc ! La seule posture qui leur plaise c'est celle de la soumission doublée du repentir !
Très catho au final !

L’engagement est une émotion. L’étincelle de la colère s’éteint vite chez certains. D’autres arpentent le Boul’Mich en serrant les poings, murmurant « les salauds » pour tenter de faire passer la nausée de l’air du temps. En vain !
L’évocation du garrotage de Puig Antich inonde de larmes mes cernes de vieil homme. Et la colère est là… sans concession, sans compromis !
Les crimes d’Action Directe vous révulsent ? Moi, pas ! J’ai tué par procuration, j’ai jubilé lorsque les nouvelles tombaient ; j’en rêvais, ils l’ont fait.
Et pourtant, je ne suis pas enfermé depuis 20 ans.
Devrais-je, aujourd’hui, être dévoré par le remord de ces sentiments passés ? Désolé, je n’y parviens pas.
A-t-on exigé des assassins de l’OAS, qu’ils soient affligés par leurs crimes avant de leur redonner leur liberté ? Nenni, ils caracolent sans pudeur et sans entrave.
Rassurez vous, Agnès, j’ai suivi d’autres chemins… mais les émotions passées sont toujours aussi vives… elles m’ont construit tout autant que la raison raisonnante !
Ne soyons pas manichéens dites-vous…. Qui donc vous a sommé de vous renier ?

Evidemment que Rouillan devrait être libre!
Mais cet article témoigne (en creux) de la stupidité de l'extrême-gauche.
Voir: "notre choix d’affronter la dictature par les armes… Deux ans après est venue la démocratie en Espagne… "
Ni Rouillan, ni l'ETA (qui reprend le même genre de discours) n'ont jamais fait avancer la démocratie en Espagne.
En 1975, la démocratie est revenue en Espagne "tout simplement" parce que un paquet de démocrates (communistes, socialistes, démocrate-chrétiens, voire "franquistes démocrates" etc) travaillaient en commun sur ce sujet depuis plusieurs années.
Donc: un peu de contexte, svp. Rouillan n'était qu'un petit mec, un sous-produit de cette époque, et il n'a jamais influencé l'histoire de l'Espagne (même s'il faut le libérer).
D'ailleurs, personne ne connait même son nom en Espagne...

Au risque de passer pour un dangereux énergumène, je ne vois pas en quoi les conditions actuelles sont différentes des "années de plombs" qui ont vu la lutte armée à son apogée.
Depuis le désastre des années Mitterrand et la fin de l'aventure soviétique, le Capital ne s'est jamais aussi bien porté. Surveillance accrue, matériel répressif de plus en plus perfectionné, parodies de Justice, rachat des médias par des marchand d'armes, tout est fait pour endormir le public et protéger les coffres-forts. Trente ans de manifestations pacifiques où l'on a pu voir jusqu'à trois millions de personnes crier leur colère dans la rue n'ont pas su ralentir la machine.
Prenons exemple de la dette publique : depuis que VGE à modifié les statuts de la Banque de France en 1973 en lui interdisant de faire des avances ou des prêts gratuits à l'Etat (ce qu'a entériné l'article 104 de Maastricht) plus 95% de notre dette publique sont constitués uniquement des intérêts cumulés sur la création de la monnaie. Alors qu'avant 1973, du fait que la BF pouvait faire des avances à l'Etat sans intérêt, nous n'avions pas ce problème d'une dette due aux intérêts impossibles à rembourser. Cette situation n'est pas tombée du ciel. Des générations de ministres se sont succédés et ont bien profité de cette arnaque. Aujourd'hui la poule aux oeufs d'or est en panne mais les financiers s'accrochent à leurs privilèges et la crise actuelle prouve une fois de plus qu'ils ne sont aucunement prêts à changer les règles du jeu malgré les avertissements de tous les économistes censés qui prédisent qu'on va droit dans le mur.
Les puissants de ce monde ne lâcherons jamais le morceau et ce ne sont pas les slogans pacifiques qui vont les effrayer. Il y a quelques années, quand vous dénonciez les excès de la bourse, vous passiez pour un gauchiste arriéré. Il y deux semaine, j'ai croisé une veuve septuagénaire Luxembourgeoise qui a vu cet hiver 400 000 £ partir en fumée à la Royal Bank of Scotland, fruits des efforts de la vie entière de son défunt mari. Sa réaction? Foutre en l'air ce système pour reconstruire autre chose à partir de zéro. Et je vous promets qu'elle n'était pas du genre "révolutionnaire".
Dans leur entêtement à maintenir en place ce système qui court à sa perte, nos Etats encouragent la radicalisation et j'ai le pré-sentiment que les confrontations à venir vont changer de nature. Non que j'appelle la violence de mes voeux, mais tout en sachant qu'elle porte en elle sa part d'injustice, je la vois comme une réaction inévitable face au mépris des dirigeants et des hommes d'affaires. N'est-ce-pas Naouri (aujourd'hui 38e fortune de France), alors conseiller de Beregovoy, qui avait eu la juste formule : "maintenant que nous avons le pouvoir, il nous faut l'argent."?
Quant aux idéalistes qui rêvent encore d'un changement par les urnes, faut-il vous rappeler qu'aux élections de 2004, Kerry et Bush avaient beau se chamailler devant les caméras de télévision, ils trinquaient ensemble aux banquets des "Skulls and Bones", le club ultra-privé de l'Université de Yale, dont ils sont tous deux membres. Tout comme chez nous, Aubry, Besson, Minc, DSK, Fillon, Trichet, Seillière, Copé, Dati, Fabius, Jospin, Messier, PPDA, July, Chabot, Notat, Raffarin, Sarkozy, Kouchner et Rothschild trinquent ensemble aux réunions du cercle "Le Siècle".

Si vous croyez que le changement va venir de ceux-là même qui sont à l'origine de la catastrophe, vous risquez d'attendre encore longtemps.

Moi qui n'ai jamais aimé notre hymne national, je le trouve plutôt sympathique par ces temps qui courent :

"...Entendez-vous dans les campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Égorger vos fils, vos compagnes..."

Quels slogans débiles avons nous proférés ,à propos du Viêt Nam ,dans les années 70 ?
L'héroique peuple vietnamien ne s'est-il pas libérer par la lutte armée ?
FLN VAINCRA !
TOUT POUR LE FRONT ! TOUT POUR LA VICTOIRE !
VIET NAM-LAOS-CAMBODGE SOLIDARITE

Quels slogans débiles avons nous proférés ,à propos du Viêt Nam ,dans les années 70 ?
L'héroique peuple vietnamien ne s'est-il pas libérer par la lutte armée ?
FLN VAINCRA !
TOUT POUR LE FRONT ! TOUT POUR LA VICTOIRE !
VIET NAM-LAOS-CAMBODGE SOLIDARITE !!!

Dire "je me suis trompé", ce serais admettre qu'on est en prison pour des prunes, ce serait horrible pour JM Rouillan. Il est coincé : il lui est impossible de le reconnaître. C'est idiot de lui demander une contrition quelconque.

@ agnes trousselard:tout à fait d' accord.

Dans le droit fil de ta réflexion je signale le livre récent de Claire Brière-Blanchet "voyage au bout de la révolution" dans lequel cette ancienne mao de la gauche prolétarienne y raconte ses années noires et ses nombreuses désillusions.

J' observe que le marxisme ( appropriation collectif des moyens de production )s' est incarné et disqualifié dans les régimes soviétiques, chinois,cubains, vietnamiens ( ),nord coréens...avec l' insuccès que l' on connaît.
Hé oui mao mao c' est pas la libération du peuple vietnamien qu' agnès et moi regrettont d' avoir applaudit mais la figure du libérateur communiste.

Les rêves de révolutions sanglantes sont mon cauchemar.Je constate que certains
commentateurs demeurent fidèles au principe marxiste selon lequel la fin justifie tous les moyens.
C' est pourquoi ils méprisent toujours les libertés démocratiques ( élections et presse libre,...) comme déguisement de la domination bourgeoise et font l' apologie de la violence comme accoucheuse de l' histoire.
Aragon parlait de l' éclat nécessairement cruel des yeux de la révolution.Sans moi.

on oublie de dire que Rouillan et consorts sont également des assassins.
SOUVENEZ VOUS!

Rouillan n'a pas le droit de parler de sa vie et de ses actes. Il a payé et paie encore chèrement ceux-ci. Je ne juge ni n'approuve lesdits actes. Je constate qu'à une époque des jeunes gens ont pu penser qu'une liquidation pouvait permettre de faire réfléchir tout un peuple sur un système. Comme d'autres (les Bush père et fils) ont érigé en théorie la stratégie du "coup de pied dans la fourmillière", version sanglante des actions à la Obélix : 'd'abord on tape et après on discute".

La décision de recourir à la violence est une responsabilité très lourde qu'il faut être prêt à assumer. Au contraire des Bush, Rouillan a assumé. L'appareil d'état lui inflige une peine supplémentaire, celle de devoir se taire.

Par contre, Aussaresse, le criminel de guerre peut l'ouvrir, écrire ses forfaits, les jsutifier et même s'esclaffer de l'exécution (pendaison) sans jugement de Larbi Ben Mehidi déguisée en suicide.

Ces faits se déroulent sous nos yeux. Aussaresse s'en glorifie en sablant le champagne, Rouillan est emprisonné. Saisissant raccourci d'une époque et de ses crimes d'État.

Vous avez envie de tuer? Vous éprouvez du plaisir à tuer? Action directe, ETA, indépendantistes corses est fait pour vous!

Venez vous approcher d'un individu, de préférence par derrière, et tirez lui une balle à bout portant dans le tête!

Attention, cependant! Ce n'est pas comme ce qu'on voit à la télé dans les séries ou films policiers! Souvenez-vous du film de l'exécution de Nguyễn Văn Lém à Saïgon.
http://en.wikipedia.org/wiki/Nguy%E1%BB%85n_V%C4%83n_L%C3%A9m

Dans la réalité, le sang gigle, on en reçoit forcément, avec des éclats d'os et des bouts de cervelle. Prévoir des vêtements imperméables.

Et, bien entendu, prévoyez une conscience imperméable à toute idée de justice et d'humanisme. Comme Rouillan et sa clique de demeurés criminels.

Il faut savoir pardonner, mais ce sont aux victimes et à leurs familles de le faire.

Il y a encore en Espagne de très nombreuses fosses communes renfermant les corps de civils torturés et assassinés pas les insurgés franquistes.

Ne conviendrait-il pas de leur donner une sépulture digne de ce nom ?

Ce serait un geste vers une véritable réconciliation.

Rouillan est un criminel, un assasin, celui qui tire des balles dans la nuque. C'est un obstiné, assoiffé de sang, incapable de se repentir. Peu importe sa structure de pensée, ses buts, Rouillan est dans le fond un ogre qui aurait pu servir toutes les causes violentes. Son combat n'avait aucun sens. Sa vie n'a servi qu'à en détruire d'autres. A ce tueur sans remord, je souhaite le vide de la solitude, l'affaisement de ses forces et l'oubli.

~~Réponse de Mao-Mao à Sweet Jane .

En quoi le marxisme s'est-il disqualifié dans le régime chinois ?
"Avec l'insuccès que l'on connait" ?
Je te rassure chère ex-camarade , la Chine se porte très bien . J'ai pu le constater in situ , je ne suis pas naif , en tout cas , je sais très bien que le paradis n'existe pas sur terre .
Je ne peux dire qu'une chose à la Chine : "Merci" .
Merci d'être la seule puissance sérieuse à pouvoir contrer l'hégémonisme américain .
Merci d'être un modèle pour les pays du tiers-monde qui veulent s'en sortir .
Une question chère ex-camarade :
A l'époque , quel libérateur , autre que communiste ,pouvait-il y avoir au Viêt Nam ?


Salutations Communistes !


P.S. Hé oui , pour certains ce dernier mot représente encore un espoir , surtout en cette période de déconfiture complète du système basé sur le tout-fric. A nous de l'adapter à notre époque .

Les Allemands n'ont pas envahi l'Espagne en 40, les Britanniques ont pu garder le contrôle du détroit de Gibraltar, l'Espagne a connu une transition démocratique en douceur et n'a pas été une "démocratie populaire". Pas de rideau de fer dans les Pyrénées... Merci Franco...

Rédigé par: Sven | le 11/04/2009 à 19h24

Voilà, ce que racontent ceux qui enseignent l'histoire en Espagne. C'est exactement un couplet du chant des partisans " il y a des pays où des gens au creux des lits font des rèves mais nous à Narvik, nous à Mathausen, nous républicains espagnols, nous on crève mais vois-tu sur les champs Elysées, sans Franco, nous avons aidé à débarasser l'Europe de cette saloperie d'Hitler.

Ne réagis pas à cet article pour dire des contre vérités même si on peut ne pas être d'accord avec Rouillan.

P.S. Hé oui , pour certains ce dernier mot représente encore un espoir , surtout en cette période de déconfiture complète du système basé sur le tout-fric. A nous de l'adapter à notre époque .

Rédigé par: Mao-Mao | le 12/04/2009 à 16h40

Oui, l'espoir. L'espoir de voir toutes les libertés, notamment la liberté de s'exprimer suprimées. L'espoir de voir, comme en Chine, que même s'exprimer sur internet, s'est s'exposer à avoir des ennuis avec la police, voire finir en prison. A bas, le tout fric, vive le tout flic, comme dans tout régime marxiste. Comme à Cuba, comme dans les ex république soviétiques.

Les candidats aux postes de flic, surtout de flics de la pensée, comme mao mao n'ont pas perdu espoir

@ Mao-Mao
Je suis désolée de reprendre le fil de l’ échange seulement ce lundi pour te répondre ( engagements familiaux oblige ).
Le problème des anciens pays colonisés a été que souvent le combat anti -impéraliste a été confisqué au profit de groupes de nationalistes d’ idéologie communiste ( vietcongs, FLN, castristes, khmers rouges,…).Ces derniers sitôt au pouvoir ont éliminé dans la logique léniniste toute opposition et se sont érigés en parti unique ( l' avant garde du prolétariat!forcémment) en vue de mettre en œuvre leur programme politique.
La vie des populations vietnamiennes, chinoises, cubaines,… auraient été donc toute autre si, lors de la décolonisation de leur pays, ils avaient été gouvernés par des dirigeants démocrates et non marxistes.

Imagines si en 1945 le nom de notre libérateur se fut appelé Staline comme ce fut le cas pour d’ autres pays européens ( pologne ,….) embrigadés de ce fait dans la construction du socialisme réel.
Thorez à la tête de la France transformée en démocratie populaire en 1945…

Sweat Jane, tu n'as pas du faire grand chose dans ta vie et pas mourir pour la liberté de ton pays en 1945, au de là de frontière en 1968, il y avait des chars à Prague mais tu n'as pas du faire grand chose, non plus et puis en 1961, tu n'as pas du faire grand chose non plus et en 1968, la Reine espagnole, elle fuyait des colonels, comme sa famille a combattu Hitler, ce n'est pas ton cas non plus, comme Franco d'ailleurs, c'est toi qui entretient le terrorisme avec tes contre vérités et en plus, cela t'arrange pour tes idées.

~~Réponse à Arturh/le 12/04/09 à 18h46 .

Je répète : " le paradis n'existe pas sur terre " . Je sais très bien que tout n'est pas parfait en Chine . Et je ne prétends pas appliquer les solutions chinoises à la France .
Ai-je proclamé " Vive le tout flic" ?
Je me permets de te faire remarquer que tu as le vieux réflexe guépéiste de traiter de flic tes contradicteurs .
Quand à moi , j'ai un très bon poste à l'Education Nationale , et ne suis candidat à rien .
Pour toi pas de salutations .

~~Réponse à Sweet Jane/le 13/04/09 à 9h07

Tu es tout excusée pour tes engagements familiaux .
Je ne suis pas stupide au point de nier tous les problèmes qui ont suivit la décolonisation , le principal , à mon sens , étant le néo-colonialisme (voir l'Afrique Noire).
J'en reviens à ma question posée autrement :
Qui , à l'époque , au moment des luttes de libération, à soutenu à fond ces luttes ,
à part les marxistes ?
Exemple : les démocrates disaient: "Paix en Algérie" , les marxistes portaient les valises .
Si , si .... les démocrates s'étaient vraiment mouillés , le cours de l'Histoire (avec une grande H) aurait peut-être été différent .
Autre exemple , qui nous ramène au début du débat :
Qu'on fait les "démocrates" en 1945 , après avoir libérer une partie de l'Europe de l'Ouest du nazisme et du fascisme : ils ont laissé Franco et Salazar en place , et fait des affaires avec eux .
Quant à Staline , je n'oublie pas que c'est l'Armée Rouge qui à pris Berlin et buté Hitler .
Mes Salutations tjs Communistes .

Franco a fait beaucoup de mal à l'Espagne et aux Espagnols pendant sa dictature... Il a laissé derrière lui une traînée de sang, de faim, de tristesse et d'angoisse... et depuis sa mort, personne n'ose en parler!... Il faudra bien qu'un jour l'Espagne récrive son histoire!!!

Cette pauvre Sweat Jane, elle n'a pas compris que lorsqu'on cite Thorez, Le FLN sans citer L'OAS et Hitler, on sait de qui ça vient.
Elle veut encore terroriser la population avec Thorez, il faut qu'elle passe au PSY ou à confesse, il faut lui dire que le mur est tombé mais pas le sien, elle n'a pas la radio.

@ Mao-Mao :Je suis tout a fait d' accord avec tes deux phrases:

"Si , si .... les démocrates s'étaient vraiment mouillés , le cours de l'Histoire (avec une grande H) aurait peut-être été différent" et "Quant à Staline , je n'oublie pas que c'est l'Armée Rouge qui à pris Berlin et buté Hitler ".

A mon tour je t' adresse mes salutation d' ex marxiste.

@Sweet Jane ,

Comme quoi entre ex et tjs l'on arrive parfois à trouver un accord , peut-être un vieil espoir dans l'humanité , et le pragmatisme qui nous force à voir , qu'en face , le capitalisme n'est pas le moins pire des systèmes .

merci Gersois mais Franco n'est pas entré dans L'Ue, une action de la démocratie invisible et visible ensuite.
les marxistes ont porté la valise du FlN et les démocrates n'ont pas mouillé leur chemise, L'OAS n'a pas payé sauf un qui a été fusillé et ceux qui étaient contre l'OAS, involontaires d'une guerre qui n'était pas la leur et qui fut un leurre en essayant d'éviter leurs bombes, celles d'en face ou des retombées radio actives, n'étaient pas forcément pour cet acte là.
Il y a eu Thorez qui aimait savoir finir une grève
il y a eu du Napalm même en Algérie et ailleurs.
L'Otan n'a pas stoppé les chars russes à Prague parce que mouiller sa chemise ne passe pas toujours par une extermination mondiale.

@Agnès Trousselard ,


Je suis tombé complètement par hasard sur ton commentaire .
J'espérais une réponse de ta part , et me suis retrouvé pris dans ce débat , au demeurant fort intéressant , mais sans ta participation ....Viendra-t-elle plus tard ?
J'ai trouvé ,grâce au web , ton téléphone au boulot , au théâtre , viens de t'y appeler, absente pour la semaine m'a-t-on dit .
Je pars demain , en Asie , jusqu'à la fin du mois , et te téléphonerai à mon retour.
D'ici là , j'ai toujours une connection Internet , et ne manquerai pas de suivre ce weblog , tant qu'il sera en ligne .

~~P.L.~~

Qu'est-ce que c'est, "les marxistes" qui portaient les valises ?

Je veux bien qu'on revoie ou qu'on révise l'histoire, mais quand meme ! Tout le monde sait que le PC condamnait toute action un peu "osée" en Algérie, et que les porteurs en question étaient soit des communistes en rupture de parti, soit des chrétiens de gauche, soit quelques "exaltés" sans référence affichée.

Cela dit, d'autres, qui n'étaient en général pas favorables au portage, avaient sur l'Algérie, en ce début des années 60, des positions beaucoup plus avancées que "les marxistes" du PC (et de la SFIO, le PS d'alors): UNEF, gauche CFTC de l'époque, PSU.

Quant à Marx, il y a longtemps qu'il avait fait ses valises.

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