Pendant les vacances, la protestation universitaire continue
RONDE DES OBSTINÉS. «Obstinés» : c’est l’état d’esprit des manifestants, étudiants, lycéens, et enseignants chercheurs qui tournent en rond sur la place du Capitole depuis ce lundi matin 6 avril.
La lutte contre la réforme de l’enseignement de la maternelle à l’université continue même pendant les vacances. Ce jour ils étaient une petite cinquantaine à lancer une «nouvelle forme de protestation» devant la mairie de Toulouse.
La banderole de ralliement sur le Captitole. Photo: DR
16H00 Place du Capitole. En guise de drapeau noir, une banderole sur laquelle on peut lire «Les casseurs de l’enseignement c’est le gouvernement» est posée sur le sol. Elle sert de point de ralliement aux «obstinés» qui vont faire la ronde.
Marie-Hélène et Marie-Thérèse, respectivement enseignantes en collège et en lycée, tournent depuis une heure : «Ce matin nous avons corrigé les copies, disent-elles. Cet après-midi nous manifestons. Même pendant les vacances nous restons mobilisées ».
René, professeur d’anglais au Mirail et Enrique son collègue d’espagnol leur emboîtent le pas. «Nous ne sommes pas entendus. Mais nous sommes suffisamment attachés à la défense de l’enseignement pour prendre sur notre temps de loisirs, explique René. La loi LRU va contribuer à augmenter les droits d’inscription pour les étudiants. Si nous ne manifestons pas aujourd’hui, il faudra recommencer l’année prochaine».
Benoît, 23 ans, étudiant au Mirail rode ses pompes de randonnée toutes neuves: «Tant que cette loi n’est pas retirée, je ne prendrai pas de vacances», dit-il. Emmanuela, 26 ans, future enseignante en géographie a opté pour les baskets: «Ce type de manifestation est bien la preuve que le mouvement ne s’essouffle pas, dit-elle Ce soir il y aura une AG à Paul-Sabatier. Les étudiants du Mirail tractent sur les marchés. Je n’ai jamais vu une telle mobilisation pendant des vacances scolaires».
Adrien, 17 ans, lycéen en première tourne et tracte «contre les violences policières». Au fur et à mesure certains quittent la ronde tandis que d’autres les remplacent. «L’épreuve de force avec le gouvernement ne fait que commencer», martèle Hervé, enseignant en psycho au Mirail Les obstinés de Toulouse prévoient de tourner jusqu’à la tombée de la nuit et de revenir tous les jours pendant les vacances.
J-M.E




Je suis l'enseignant d'anglais qui apparaît dans l'article et je tiens à préciser que je n'ai pas employé le terme de "privatisation" de l'université, mais seulement insisté sur le fait que la loi LRU provoquera l'augmentation des droits d'inscription. C'est une distinction assez importante car tous les défenseurs de la loi, à la lecture de l'article, se récrieront en disant qu'il n'est pas question de privatisation, et ils auront raison. Ceci étant, merci de donner une audience à notre mouvement.
Rédigé par: René Alladaye | 06/04/2009 à 18h37
La LRU, c'est, entre autres :
Transformer le CA d'université en CA d'entreprise, autoriser le président d'université à ne pas appartenir à l'université avec des pleins pouvoirs comme celui de recruter ou de déterminer les carrières des salariés devenus "employés", encourager le fundraising le partenariat public-privé comme solutions aux restrictions budgétaires. La fin de la quasi-gratuité des frais d'inscriptions viendra très rapidement.
Le but, la mise en concurrence : uniformiser, transformer l'universités en des vendeurs de modules à des clients (processus de Lisbonne), tout cela est clair, et a déjà été fait ailleurs, transformer les universités publiques en des entreprises autonomes (sauf pour la liberté de chercher), calquées sur des modèles managériaux et libéraux (le LMD comme norme ISO européenne afin de permettre la concurrence, comme les concombres).
La suite, c'est la privatisation : tout cela est le prélude nécessaire à la privatisation, il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé pour France Télécom, EDF, GDF, et la Poste en ce moment.
Il faut être naïf pour ne pas croire ce qui va se passer. Donc continuer à tourner, on vous suit à Lyon à la rentrée !!
Rédigé par: Evariste | 06/04/2009 à 20h41
Il n'est pas question de "privatisation" au sens strict certes, mais d'un processus encore plus vicieux: désengagement total de l'Etat, entrée des fonds privés via des fondations d'entreprise (donc disparition de filières "non rentables" et perte d'autonomie de la recherche), augmentation (x10)des droits d'inscription avec des prêts étudiants à la clef (cf rapport OCDE de mars2009), externalisation de tâches administratives et d'enseignement, casse du statut des enseignants chercheurs, précarisation des peronnels, précarisation des étudiants (Masterisation), marchandisation du savoir etc... Il y aura encore des universités "publiques", mais dans quel état, pour qui et pour quoi faire? Allez voir ce qu'il en est dans nombre de pays soi-disant "en voie de développement" où l'éducation subit les effets de la dérégulation de l'AGCS.
Cette loi et d'autres de la maternelle à l'université vont détruire l'enseignement et la recherche publiques et la CPU demande la reprise des cours et la tenue des examens? Ou ce sont des fous dangereux ou bien des maffieux, mais ces présidents d'université seront co-responsables de ce désastre. Il faut dire qu'ils attendent impatiemment leur prime de manager avec le passage à l'autonomie. Hervé a raison c'est maintenant que l'épreuve de force s'engage vraiment et qu'il faut se débarrasser du chantage aux examens pour amplifier le mouvement en le radicalisant jusqu'à l'abrogation de la loi LRU. Ceux qui veulent casser ce mouvement après 9semaines de lutte seront tenus pour responsables de toutes les grèves à venir. Ce sont eux qui brisent l'avenir des étudiants, ce sont eux les casseurs de l'université.
Rédigé par: obstiné | 06/04/2009 à 20h41
Aujourd'hui il pleut, cela va calmer la poignée d'irréductibles qui n'ont rien fait d'autre que de mettre le bazar ces derniers mois et de dégrader un peu plus les établissements ! Surtout que l'on ne leur valide a&bsoluement rien !
Rédigé par: Pithagore | 07/04/2009 à 12h26
La LRU c'est en fait tout un projet de société néolibérale dont nous ne voulons pas.
Pour vous en convaincre si besoin était, vous pouvez visualiser et écouter la conférence de Genviève Azam "Du processus de Bologne à la LRU, une catastrophe annoncée" ici : http://cnr-midipyrenees.blogspot.com/2009/04/du-processus-de-bologne-la-lru-une.html
Aujoud'hui ce sont les enseignants et les enseignants qui occupent le Capitole.
Hier, les parents d'élèves, les travailleurs sociaux, les mal logés ...
Répondons à l'appel des résistants : Résister, c'est créer.
Rallions nous et occupons ensemble l'espace public pour dire non à ce projet de société et construire une alternative.
Rapproprions nous l'espace public.
Tenons nos réunions dans la rue et sur la place publique.
Occupons la place du Capitole de manière permanente pour construire l'alternative.
Rejoignons la ronde des obstinés.
Rédigé par: Conseil national de la Résistance en Midi Pyrénénes | 09/04/2009 à 02h34
A "Pithagore" : manifestement, on ne vous a rien validé à vous ! Et ce n'est pas la faute à la pluie ou au "bazar"... Et oui, pour apprendre, il faut y aller dans les universités et pas seulement tonner contre !
Qu'en savez-vous des motivations des manifestants? Qu'avez-vous compris aux enjeux subtils de la mastérisation ? Et à la nouvelle "réécriture" du décret sur les enseignants-chercheurs ? Vous avez une opinion sur la dernière déclaration de Pécresse (celle du 31 mars sur la CTPU du 24 mars ?) ou sur la dernière de Darcos (la lettre du 20 mars ?).
Si vous vouliez bien écouter, on pourrait vous expliquer tout ce que vous allez y perdre, vous, vos enfants et vos petit-enfants...
Mais les jugements à l'emporte pièce sans raison, c'est tellement plus facile...
Rejoignons la ronde des obstinés !
Rédigé par: Pythagore | 11/04/2009 à 01h29
Franchement, tourner en rond sans arret, et chaque fois moins nombreux,c'est vraiment un but dans la vie ? Gare au tournis, bonnes gens !
Et faire rimer sans cesse Bologne avec Lisbonne, marchandisation et privatisation, sans meme regarder les textes, sans s'interroger sur ce qui se passe vraiment chez nos voisins ?
Le problème, c'est que ce mouvement, justifié au départ, n'a plus aujourd'hui d'objectif - à part l'idéologie et les slogans. Donc, pas de raison qu'il s'arrete avant que le dernier étudiant, dégouté, n'ait définitivement perdu son année. Sans compter ceux qui ont quitté l'université pour ne plus y revenir.
Rédigé par: haltla | 15/04/2009 à 17h00