Descente de police : "les violences policières illégitimes" rapportées par la Ligue des droits de l'Homme
POLICE. Insultes, menaces, brutalités, tabassages, fouilles aux corps systématiques pendant les interpellations et les gardes à vue, pressions sur les témoins : l’antenne toulousaine de la Commission nationale Citoyen-Justice-Police (CJP) a rendu ce mardi 12 mai son rapport annuel sur les «violences policières illégitimes».
La dite commission composée de membres de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), et des syndicats de la magistrature et des avocats de France y présente les «dysfonctionnements les plus emblématiques» sur les 35 dont elle a eu connaissance en 2007 et 2008.
Le rapport débute avec le récit du contrôle d’identité de M, 40 ans par une patrouille de CRS au centre ville de Toulouse un soir de janvier 2007. «J’attendais le bus pour me rendre à mon travail. Des policiers sont venus vers moi. Ils m’ont dit «Contrôle d’identité !». J’ai demandé «qu’est ce qui se passe pourquoi moi ? » Alors le policier m’a répondu «fermez-là, sinon vous allez finir à l’horizontale».
Menotté, M affirme ensuite avoir reçu "des coups de matraque et de pieds dans les tibias par des policiers lui gueulant dessus : le plus excité, un blond avec des lunettes m’a dit que j’allais retourner dans mon pays, ajoute-t-il. Le policier qui avait pris ma carte d’identité lui a dit que j’étais Français mais ça n’a rien changé à son attitude».
Conduit au commissariat central de l’Embouchure, M est ensuite placé dans une cellule de garde à vue. Fouille au corps : «Ils m’ont fait mettre à poil. Ils voulaient voir si je cachais quelque chose. Un policier m’a demandé de me courber, il m’a regardé les fesses puis m’a dit de me rhabiller en rigolant».
Vu par un médecin qui lui propose «seulement quelque chose pour dormir», M rencontre ensuite l’avocat commis d’office de permanence. «Il m’a dit que j’avais sans doute eu à faire à des policiers racistes au mauvais endroit au mauvais moment», ajoute-t-il
Après une nuit passée «avec une couverture qui sentait le pipi», M est auditionné sans menottes. Prise d’empreintes et de photos «comme au cinéma». L’officier de police judiciaire qui prend sa déposition lui affirme qu’il a fait l’objet «d’un contrôle de police qui s’est mal passé ».
M veut déposer plainte. On lui répond «d’attendre de savoir si les CRS portaient plainte contre lui pour outrages et rébellion à agents». Il ne relit pas sa déclaration avant de la signer : j’avais qu’une envie c’était de partir».
«De l’interpellation à la garde à vue en passant par le refus d’enregistrer les plaintes, ce témoignage illustre l’ensemble des dysfonctionnements policiers», commente Jean-François Mignard président de la section toulousaine de la ligue des Droits de l’Homme.
«Cela se poursuit au tribunal, ajoute Flor Tercero, présidente du syndicat des avocats de France. Dans la majorité des cas, les policiers portent plainte pour outrages et rébellion contre ceux qui les accusent de violences illégitimes. Au final, la plupart des dossiers sont classés sans suite».
Des témoignages similaires relatifs à des interpellations de la Brigade anti criminalité (BAC) et de la Police des frontières (PAF) figurent aussi dans le rapport de la commission nationale Justice Police. «La BAC a tendance à générer beaucoup de violences, ajoute Jean-François Mignard. Les témoins décrivent souvent les mêmes fonctionnaires».
Le dit rapport a été communiqué à l’ensemble des responsables de la police et de la justice de la région Midi-Pyrénées. Contacté par Libé Toulouse, Jean-Paul Breque, le directeur départemental de la sécurité publique de Haute-Garonne a confirmé «en avoir pris connaissance : Si ces faits s’avèrent exacts, ils seront punis sévèrement», dit-il.
J-M.E



Ce qui est dommage, c'est qu'on est toujours prompt à punir sévèrement, mais jamais à faire le travail en amont de lutte contre le racisme et les dérives à l'intérieur des commissariats ...
Rédigé par: Guillaume Besnard | 12/05/2009 à 19h41
Je lis avec stupeur que ce qu'a vécu cette personne peut arriver à chacun de nous, mais Dieu merci, je n'ai jamais eu à subir de la part de policiers un tel comportement. Je peux simplement dire que je suis français d'origine algérienne, j'ai eu comme tout un chacun, à faire, pour un contrôle de papier véhicule ou autre, mais toujours avec courtoisie. En conclusion, comme dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses. Ces policiers là, doivent être très sévèrement sanctionnés, il y va de la crédibilité et du respect de ces fonctionnaires de police qui sont confrontés aussi à la dureté de la vie.
Rédigé par: SAHRAOUI | 12/05/2009 à 20h08
Et les violences morales quand en parlera-t-on ?
Rédigé par: Colargette | 12/05/2009 à 20h09
J'ai moi même été témoin de ce genre d'interpellation. J’en appelle au bon sens de la population. Distiller de la peur et faire campagne avec l’insécurité ne sert qu’aux mêmes personnes voir qu’à la même personne qui peut être sera réélu président de la république grâce à cela ! Comme GW Bush !
Ouvrons les yeux, la politique libérale de ce gouvernement appauvrit la classe moyenne et précarise encore plus les petites gens !!!!
Je dis cela car l’emploi, le vrai, celui qui permet de vivre dignement, est le seul remède à la délinquance de masse !
Alors au lieu de nous préoccuper comment nous pouvons punir les délinquants que nous fabriquons, essayons plutôt de construire des citoyens responsables en permettant aux jeunes de travailler!
Je suis sûr que mon discours va déplaire à nombre de personnes. A eux je voudrais dire que la précarité ne fera qu’aggraver le problème c’est un fait !!
Nous vivons un révolution sociale (dans le sens changement) tout à fait détestable !
Je le redit donc, ouvrons les yeux et réfléchissons, et surtout arrêtons de nous faire spolier nos emplois, nos conditions de vie et l’avenir de nos enfants.
Rédigé par: citoyen | 12/05/2009 à 20h24
" Si ces faits s’avèrent exacts, ils seront punis sévèrement " (sic)
Et il faudrait croire au père Noël en sus. Tout cela est voulu et orchestré: créer un climat de peur pour que les gens restent au maximum chez eux, que les rues soient 'tranquilles', etc. A quand le couvre-feu ???
Rédigé par: léon87 | 12/05/2009 à 20h24
"Si ces faits s’avèrent exacts, ils seront punis sévèrement"??
ça va, on connait déjà la suite...
Comme d'habitude, Pas vu pas pris pas au courant.
La justice de notre pays des droits de l'homme qui ne fais rien pour protéger ses citoyen contre de tels actes et l'impunité de la Police me font vomir.
Rédigé par: Jean | 12/05/2009 à 20h32
C'est de pire en pire ce qui se passe en France avec les dérives policières.
Tous les jours il se passe quelque chose.
Le meilleur moyen est de baisser les yeux quand on croise des policiers, ou de changer de trottoirs!
Petite histoire :
Trois de mes copains se sont fait contrôler en voiture.
Un blanc et deux noirs.
Les policiers ont fouillé les 2 noirs et pas le blanc....bizarre?......
Rédigé par: Calimera | 12/05/2009 à 20h34
Il y a dans la police une catégorie de voyous soutenus par leur hiérarchie, au grand dam des autres policiers. Ils font du chiffre, sont même félicités pour cela et se croient tout permis. Plainte pour outrages et rébellion, voilà leur paravent. Hors service ils se conduisent comme des branleurs qui peuvent tout se permettre, compte tenu de leur fonction. le problème, c'est que le Ministère de l'Intérieur en est informé et ne peut rien faire, ce sont les syndicats les patrons.
Rédigé par: bernardg76 | 12/05/2009 à 21h20
QUELLE EDUCATION DONNER A NOS ENFANTS,QUAND LES "DEPOSITAIRES" du respect des lois,les "GARDIENS DE LA PAIX",portant les uniformes sensés nous inspirer le respect,en sont eux même incapables ....!!!!!
Rédigé par: courcelle | 12/05/2009 à 21h51
Je ne sais pas si le ministère de l'interieur se rend bien compte du niveau de débilité ahurissant de certains de ses fonctionnaires...Alors que les tensions montent envers les forces de l'ordre, il y a encore des mal câblés de la comprenette dans ses rangs qui continuent et continuent encore à considérer le citoyens moyens comme un dangereux délinquant...C'est rassurant ça?
Ce qui m'inquiète vraiment, ce n'est pas d'entendre ou de voir dans les médias que la violence augmente, C'est surtout de constater autour de moi les incivilités des forces de police.
Rédigé par: Roudal | 12/05/2009 à 22h14
C'est une honte que certains éléments de la police se comporte ainsi.Ceci ne fait qu'aggraver le fosse entre la police et les jeunes...........Je remarque que lors des contrôle routier en ville on arrête les jeunes et les personnes d'origine étrangère. Moi 50 ans et blanche jamais .......Chercher l'erreur
Rédigé par: Melo | 12/05/2009 à 22h27
Ce rapport confirme ce qui a été révélé par la rapport d'Amnesty international France " des policiers au-dessus des lois". La situation est inquiétante. Qu'est devenu le pays des droits de l'homme?
Rédigé par: Melaine | 12/05/2009 à 23h30
Si le travail pour tous est certainement la première étape d'une prévention bien comprise, il faut malheureusement constater qu'en l'état il serait peut-être bon d'agir sur la formation de ces policiers dont les actions sont ici relatées.Le pouvoir dont se sentent investis certains membres de la police pris dans la harangue sécuritaire et il faut le dire la xénophobie dirigée conduit à la vision d'un citoyen coupable à priori.
Les positions affichées par les ministres de la Justice ou de l'Intérieur, les propos des conseillers proches de la Présidence ne peuvent nous inciter à l'optimisme à court terme. Au final la réponse sera entre les mains des citoyens.
Rédigé par: Géraud | 12/05/2009 à 23h32
C'est une honte et certains en abuse même en dehors du service. Pour l'histoire, en rentrant après le boulot dans les embouteillages je râle après un conducteur lambda qui s'engage dans l'intersection alors que celle là n'est pas libre et qu'il va délibérément bloquer les automobilistes qui arrivent dans l'autre sens. Ce bon monsieur n'a rien trouvé de mieux que de sortir de sa voiture en me montrant sa plaque de police(il était en civil dans sa voiture personnelle et avait avec lui sa fille sur un siège bébé à l'arrière) et a son tour de m'insulter en me disant "tu sais ce que ça prend outrage à agent" Stupéfait, je lui ai fait part de ma surprise du fait qu'il soit policier et du doute de l'emploi de sa carte dans une telle situation. Il a rien trouvé de mieux pour essayer de m'impressionner de vouloir relever ma plaque, je suis donc gentiment allé le voir pour lui demander son numéro de matricule et celui ci est tout de suite remonté dans sa voiture et parti... (on était dans les embouteillages et il devait y avoir facilement 20 témoins!!!!)
Rédigé par: Jhl | 12/05/2009 à 23h47
Sur France 2, cette semaine Yves Calvi se posait la question de savoir si l'affaire "Fofana" découlait d'un crime raciste. Et chaque invité était horrifié et scandalisé à cette idée. Par contre, quand un individu lambda mais d'origine nord africaine est conduit au poste, et traité comme du bétail par des policiers bien français et propres sur eux, les indignés d'hier sonnent aux abonnés absents ! La France bien pensante a inventé le racisme à géométrie variable !
Rédigé par: markII | 13/05/2009 à 08h55
....A chaque époque on a le même genre d'individus: violents, s'abritant sous la force publique pour donner cours à leur racisme et haine et inhumanité.
On les retrouve toujours, toujours du même côté de la matraque.
Il faudrait commencer par les désarmer, comme en Angleterre.
Rédigé par: Gilbert | 13/05/2009 à 14h02