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10/07/2009

Les apprentis enseignants de l'IUFM saqués pour avoir critiqué la réforme Darcos

ÉDUCATION. Leur dossier de validation favorablement noté, ils n'avaient plus qu'à partir en vacances en attendant leur titularisation par le rectorat. C'est raté.

Trente des quelques mille stagiaires de l'IUFM de Toulouse ont été précipitamment convoqués le vendredi 3 juillet et le lundi 6 pour une explication devant un jury académique de qualification professionnelle. Un entretien «musclé» pour les uns, «sauvage» pour les autres. Au bout duquel le processus de titularisation a été «ajourné».

Ces trente-là avaient eu le tort de rédiger chacun dans le cadre de leur travail une analyse critique de la réforme Darcos sur la formation des maîtres.

L'ensemble de ces travaux critiques fait dans la modération. Exemple de commentaires: un stagiaire relève, à propos de la réforme en cours, que «sans juger de leur contenu, elles n'ont pas fait l'objet d'une concertation avec les principaux acteurs de l'éducation».

De l'avis de personnels qualifiés de l'Éducation nationale, les comptes rendus incriminés sont des «analyses argumentées», «un vrai travail de réflexion pédagogique», une «évaluation mesurée» des avantages et inconvénients de la réforme en question.

C'est donc que ces comptes-rendus ont été «jugés politiquement incorrects», s'offusque aujourd'hui le Snes.

Ce syndicat des enseignants du secondaire s'est allié au SNUIPP du primaire pour estimer dans un communiqué qu'ils «ne pourraient accepter ne soient pas titularisés dès cette années».

En attendant, les 30 stagiaires ont le sentiment d'avoir été «piégés».

La rédaction de ces notes a été réalisée en avril dans le cadre d'une «semaine commune» de réflexion sur de grandes questions transversales comme la laïcité ou l'autonomie des élèves.

Cette semaine commune est une habitude prise à l'IUFM de Toulouse depuis une quinzaine d'années. Ce dernier printemps de grande contestation dans l'Education nationale, les formateurs avaient proposé aux enseignants stagiaires de réfléchir à la réforme Darcos.

Aucun texte n'indique nulle part que le compte rendu de cette semaine commune doive être pris en compte dans l'évaluation finale des stagiaires. Certains formateurs ont malgré tout cru bon de le glisser dans leur dossier.

C'est lorsque ces textes sont tombés sous l'oeil d'une inspectrice générale, membre des cabinets de Xaver Darcos puis de Luc Châtel, que l'affaire a tournée vinaigre.

«En aucun cas, il ne s'agissait de nuire à l'institution», proteste un de ces enseignants choqué par «l'obligation de réserve» qui est opposée à ces mal pensants. «Il ne s'agissait que d'un travail de réflexion interne». Travail qui n'est d'ailleurs accessible qu'avec un mot de passe sur le site de l'IUFM. Il n'est «surtout pas destiné à une quelconque publicité», ajoute-t-il. Ça aussi, c'est raté.

En choisissant de punir les affreux qui ne sont pas d'accord avec leur ministre, le rectorat ne s'expose pas à des revers trop sévères. L'été n'a jamais été favorable à la mobilisation enseignante.

GLv.
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Commentaires

Scandaleux, piégés par une réflexion qui devait rester interne !

HJLN

En fait, tout cela remonte à mars où nous avons eu une semaine de formation commmune (rassemblant des stagiaires de toutes disciplines). Des formateurs ultra-politisés à l'extrême-gauche ont incité les stagiaires présents à faire des productions sur les réformes en même temps que d'autres composaient sur des thèmes éducatifs basiques (hétérogénéité, devoir de l'enseignant, légitimité de la sanction...). Nous devions rendre un exposé qui serait inséré dans le dossier examiné par le jury académique. Ces stagiaires se sont fait berner par des formateurs (titularisés et bien installés) qui se sont servi de ces stagiaires comme arme anti-Darcos. Si certains doivent être sanctionnés ce sont les formateurs responsables de cette situation. Lors de cette semaine des conférences étaient transformées en AG où l'on nous disait que Sarko mène des réformes pétainistes...

Vivement que les IUFM disparaissent!

Les IUFM ont été assez irresponsable pour deux raisons :

primo, les responsables de la semaine commune devaient contrôler les productions rendues en mars et signaler l'inadéquation du contenu aux exigences de l'épreuve professionnelle.

deuzio, début juin, la commission IUFM de validation des dossiers n'a pas non plus fait son travail de vérification avant la tenue du jury de début juillet.

En conclusion, irresponsabilité de l'institution IUFM qui a envoyé au casse-pipe ces stagiaires.

Ensuite, la décision du jury n'est pas irrégulière dans la mesure où il est exigé aux stagiaires de respecter les règles inhérentes à son statut de fonctionnaire, à savoir être neutre. Comment peut-on imaginer qu'un stagiaire qui n'est pas capable d'être neutre et laïc dans un écrit officiel entrant dans le dossier de validation (cela a été précisé par des formateurs) puissent l'être devant des élèves qu'il devra instruire et non endoctriner? Voilà ce qu'a dû se dire le jury.

La laïcité et la neutralité du fonctionnaire est une garantie pour l'usager du service public. Alors, oui, le gouvernement a raison de chasser les brebis galeuses.

Juste pour rappel la loi du 13 juillet 1983 garanti la liberté d'opinion aux fonctionnaires et l'obligation de réserve ne figure pas dans le statut général des fonctionnaires sauf pour les membres du Conseil d’Etat (cette obligation est une construction jurisprudentielle qui se décide donc au tribunal administratif). De plus ce sont des documents (les fameux écrits des stagiaires) construits durant la formation en IUFM, ils n'ont pas vocation a être diffusés. Les stagiaires n'ont donc fait aucune faute et j'espère que s'il y a sanctions le TA le signalera. Pour l'IUFM que ces écrits se retrouvent dans les dossiers de validation n'est pas très malin et va à l'encontre de ce qui avait été annoncé aux stagiaires. Là il y a erreur dans la constitution des dossiers. Quant aux jury de qualification professionnelle du rectorat, la première vague a laissé passer les dossiers des stagiaires sans aucun problème. C'est uniquement lors de l'examen d'une petite promotion de stagiaires (9 CPE) que l'inspectrice générale a lu les dossiers et vu les fameux écrits (dans 2 dossiers). Après cette découverte les dossiers déjà examinés (et proposé à la titularisation par le jury) furent re-examinés afin de chercher d'autres écrits.
Voila c'est effectivement l'IUFM qui est visé mais pour le moment ce sont de jeunes fonctionnaires stagiaires qui trinquent... alors qu'il y a eu des problèmes aussi bien sur l'IUFM (mettre ces écrits est une bêtise) et lors des jury EQP (première vague avalisée sans lecture des dossiers). Reste que tout cet acharnement sur de jeunes profs stagiaires alors que leur compétences professionnelles ne sont pas en cause y compris la première (agir de manière éthique et responsable) puisqu'il exercé leur esprit critique sur un texte sans jamais dire qu'il ne le metront pas en application est assez pitoyable. Cela nous en dit beaucoup sur comment le ministère considère ses enseignants (comme des agents aux ordres) et sur le caractère "parasite" du corps d'inspection.

La décision de titularisation doit être positive dès lors que le stagiaire montre qu'il est capable d'enseigner (tenir sa progression, faire cours dans le calme, etc..).
En l'occurrence, le jury de titularisation sort de son rôle puisqu'il se substitue à une commission disciplinaire qui devrait être saisie si il y avait matière à le faire.

Rappelons que le devoir de réserve ne signifie pas que le fonctionnaire n'a pas le droit d'avoir une opinion, mais qu'il doit être mesuré dans son expression publique.

Le commentaire de "Prof de droite" est assez savoureux. En écrivant 'Comment peut-on imaginer qu'un stagiaire qui n'est pas capable d'être neutre et laïc dans un écrit officiel entrant dans le dossier de validation (cela a été précisé par des formateurs) puissent l'être devant des élèves qu'il devra instruire et non endoctriner? ', il reconnait implicitement que les stagiaires n'ont pas manqué à leur devoir de réserve, mais qu'ils doivent être sanctionnés parce qu'ils ont des pensées qui laissent entendre qu'ils auraient pu le faire !

Tout cela est fort inquiétant. Petit à petit, nous nous éloignons du fonctionnement normal d'un état démocratique, mais on n'ose pas le dire de peur de paraitre ridicule. Et pourtant...


Personnellement, je me serais mal vue présenter un mémoire de maîtrise descendant en flammes la matière étudiée...

Et si les stagiaires commençaient par assumer ce qu'ils ont fait ?

Il est tout à fait évident que ces stagiaires ne doivent pas être sanctionnés.
Qu'il y ait aujourd'hui dans les IUFM une réflexion sur la réforme DARCOS est légitime. Que la production des stagiaires amène une sanction aussi forte que la non titularisation me fait penser que l'état de droit est bafoué dans ce pays au profit d'un dogmatisme de droite prêt à tout pour caporaliser ses fonctionnaires.

La lecture de ces commentaires n'a d'égal généralement que la lecture de l'article. L'article lui-même est un tissu de contre vérités. La vérification hélas des sources en dit long sur le travail de journaliste à sensation.
Lorsqu'il y a erreur, il y en a des 2 parties et c'est sans doute le cas dans cette affaire.
J'ai la grande chance de connaître certains des fabuleux enseignants compétents incriminés de part et d'autre. Hélas force est de constater que les brebis galeuses sont déjà dans les rangs et sont aussi parfois de droite....
Les IUFM sont une institution perfectible sans aucun doute mais pleine de ressources potives. Il y a seulement que les gens qui y travaillent sont des humains et qu'en tant que tels ils ont aussi droit à l'erreur. Il ont aussi le devoir de les assumer.
L'affaire suit son cours... un fonctionnaire a des devoirs mais il a aussi des droits.
Quant aux citations décontextualisées des dossiers, elles n'apportent rien à l'idée que l'on peut se faire de la situation, elle est bien différente sur le terrain.
Attention de ne pas crier facilement avec les loups. La politisation d'un événement n'est pas uniquement dans les institutions, elle se trouve également entre les ligne des médias à sensation.
Quel dommage, je croyais qu'il s'agissait d'un journal sérieux.....

S'il y a une compétence à développer chez les élèves, c'est bien l'esprit critique. Est-il alors légitime de reprocher à de futurs enseignants de manifester le leur?!

-C'est un peu abusif de considérer que constater ce que tout le monde sait, à savoir que la "réforme" de la mastérisation a été menée en dehors de toute concertation équivaut à remettre en cause l'institution Education Nationale. C'est quand même le boulot des profs d'évaluer ce qu'on leur propose, car c'est de leur métier qu'il s'agit. Le devoir de réserve, ça désigne autre chose. A ce compte-là, il faudrait sanctionner ce pauvre aigri de Brighelli qui écrit des livres pour cracher sa haine de l'école telle qu'elle est aujourd'hui. Il est vrai qu'il est au SNALC, pas au SNES, qu'il ne critique pas Darcos, et que "révolte" est donc jugée légitime par les palotins droitiers du Ministère et du rectorat.
Par ailleurs, pourquoi reléguer cette information assez fumante dasn Libé Toulouse, qui quel que soit son mérite n'est par définition lu que dans le Midi occidental ? Les Parisiens n'ont pas à savoir ce genre de détails frivoles ?

bonjour sela te concernaine corrine

Ce n'est pas un phénomène nouveau !! Déjà l'année passée et encore cette année, des "soucis" de titularisation ont eu lieu à l'IUFM de Montpellier (site de Perpignan) où le tiers d'une promotion n'a pas été titularisé pour des raisons obscures... Les fonctionnaires ont ils perdu leur droit de libre expression et d'opinion (qui est différent d'un devoir de reserve) . . . même en interne ?

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