La diplomatie du vigile qui fait céder la préfecture
MOLEX. «Je ne sais pas de quels vigiles vous me parlez». Le préfet de région, préfet de Haute-Garonne Dominique Bur préfère ignorer l'incident.
Le 15 septembre dernier. Les représentants syndicaux de Molex sont à la Préfecture avec leur direction pour signer le plan social et donc leur reddition dans le conflit de Villemur.
Qui épaule le Comité d'entreprise, le cabinet Syndex veille aux intérêts des salariés et conteste quelques propositions du patron américain de l'usine. Les échanges sont sans douceur: «Eric Doesburg est venu jusqu'à un mètre moi m'insulter en américain, raconte l'expert de Syndex,. J'ai vu le moment où il allait me mettre son poing dans le nez». Il n'est pas loin de minuit. Suspension de séance.
Les salariés sortent s'aérer dans la cour du Palais national. Puis s'apprêtent à réintégrer la salle des débats. C'est alors que les vigiles sans lesquels Eric Doesburg ne se déplace jamais interdisent physiquement à l'expert Olivier Degauque de rejoindre l'assemblée.
Le Comité d'entreprise menace de faire appel aux forces de la police nationale. Intervient une sous-Préfète qui tente de débrouiller l'affaire. Et que négocie-t-elle? Le départ des vigiles de la cour de la préfecture contre le renoncement d'Olivier Degauque à son droit d'assister au débat...
Du rapport de forces qui fait céder l'autorité préfectorale. La négociation sociale et la diplomatie du vigile.
«Je ne sais pas de quels vigiles vous parlez», évacue donc le préfet Bur. LibéToulouse lui parlait de ces vigiles d'une société de sécurité privée qui ont imposé leur règle dans la cour d'une préfecture de République.
Dernier détail, le mercredi 23 septembre à 18h30: le délégué CFDT Denis Serres a suivi depuis Toulouse les premiers camions de déménagement qui venaient vider l'usine de Villemur: «Des vigiles motards qui accompagnaient ces camions faisaient la circulation. Ils bloquaient les carrefours pour assurer leur passage.» Depuis quand s'interroge le syndicaliste une «milice privée» s'autorise-t-elle en France à intervenir sur le «domaine public»?
Le groupe Molex Corporate a vidé les lieux. Au moins, avant de partir, l'industriel américain aura-t-il laissé quelques nouvelles manières de traiter le droit et les institutions de la République.
GLv.
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(...)Les ouvriers de Molex et leurs representants syndicaux l'ont echappe belle. Allez, hop tous a la douche ! Ooppssss, a la baignoire. Pardon, simple confusion chronologique.(Extraits)
Rédigé par : Alain Cognitault | 28/09/2009 à 11h01
Et c'est ainsi que nos dirigeants et la machinerie préfectorale(et ça ne date pas d'hier, ni de l'affaire Molex)) laissent dépouiller notre pays par les requins.
On peut nous noyer dans les bla-bla-bla, mais y a-t-il un moyen de conserver l'intégrité de notre patrimoine industriel devant cette organisation internationale de prédateurs sans foi (ni loi) ou plutôt avec seulement leurs lois?
Rédigé par : lhemerite | 28/09/2009 à 11h04
On est où maintenant ? Si même l'État de droit ne s'applique pas dans la préfecture ! Cela fait froid dans le dos.
Rédigé par : lorp | 28/09/2009 à 11h28
Pour qui n'a pas suivi l'affaire, la fin de l'article est difficilement compréhensible..
Rédigé par : jey | 28/09/2009 à 12h11
Mais quelle est la règle ?
Une fois qu'il a déposé ses conclusions, le cabinet d'expertise peut-il rester en séance et assister aux débats ?
Si oui, le comportement de Molex est inacceptable, si non c'est celui de l'expert qui est inacceptable.
Rédigé par : jmarc | 28/09/2009 à 13h07
La politique menée par un ministre ancien motard, homme de paille du Medef et toutou du président correspond tout à fait à cette "merveilleuse" évolution des comportements sociaux. Il allait tout sauver!!!
Rédigé par : ROBERT Jean-Pierre | 28/09/2009 à 13h50
50% des salariés ont voté pour Nicolas Sarkosy dont la politique de droite est à la solde des patrons de type Molex.
50% des Molex ont sans doute voté Sarkosy.
Ils se sont tirés une balle dans le pied en 2007 et je parie qu'ils vont recommencer en 2012.
Eh alors ? pourquoi en faire tout un fromage ?
Rédigé par : Et alors ? | 28/09/2009 à 13h54
Le préfet devrait se renseigner auprès du ministre Estrosi, qui a piloté le déménagement de l'usine Molex.
Rédigé par : Papi | 28/09/2009 à 14h00
De nombreux vigiles privés sont déjà intervenus sur les universités ces deux dernières années, parfois dotés d'armes de catégorie 6 (lacrymogènes) réservées aux forces de l'ordre ... et personne n'en a parlé, étonnamment. Surtout pas Libération.
Au fait, au forum de Libération qui s'est tenu il y a une semaine et demi à Lyon, il y avait un débat intitulé "Faut-il avoir peur de l'autonomie des facs ?" Les invités étaient tous deux de farouches partisans de la loi LRU, laquelle était contestée par la communauté universitaire et tout particulièrement les étudiants depuis sa promulgation.
Alors c'est tout à l'honneur de Libération de faire un article sur les méthodes scandaleuses qu'utilisent les patrons, et de relayer les doutes sur l'action des nouvelles polices privées dans les conflits sociaux. Mais n'y a-t-il pas deux poids, deux mesures selon que la direction de Libération soutienne un point de vue ou un autre dans lesdits conflits ?
Rédigé par : Tataria | 28/09/2009 à 14h58
cela montre bien que les politiques francais sont pieds et poings lies aux industriels, etrangers ou pas...
Rédigé par : madovsky | 28/09/2009 à 17h35
Le modèle Américain que L'UMP veut nous imposer avec ses tares(moins de protection sociale,une justice à géométrie variable,la loi du plus fort...).
Vive le rève Yankée
Rédigé par : BALTAZAR | 28/09/2009 à 17h48
le comportement (...) de certains (de plus en plus nombreux) fonctionnaires d'autorité (...) fait frémir. Et dire que pendant longtemps nous avons eu la meilleure fonction publique du monde. (Extraits)
Rédigé par : ferrari | 29/09/2009 à 11h06
en réponse à Jean-Marc, je précise que l'assistance légale ou contractuelle qu'apporte un cabinet d'expertise comptable aux représentants des salariés ne se limite pas à la présentation d'un rapport au cours d'une réunion du (C)CE mais inclut le droit de participer aux échanges avec la direction, sur tout le point de l'ordre du jour concerné par ce rapport (normalement c'est d'abord à la direction de présenter les données, mais il est fréquent qu'elle en laisse le soin à l'expert comptable choisi par les élus... Dans la scandaleuse affaire de Toulouse, les représentants des salariés avaient choisi de se faire accompagner pour la rencontre à la préfecture par le cabinet d'expertise comptable spécialisé dans ce type d'assistance qui suit depuis longtemps le dossier de leur entreprise, comme l'employeur se fait assister par ses propres spécialistes. La question n'est pas celle du droit de l'expert à participer à ce type de rencontre déterminante pour le sort des salariés, mais celle du droit des représentants salariés d'être accompagné par un spécialiste de leur choix si l'on ne veut pas perpétuer le déséquilibre en la matière entre employeur et salariés... et c'est ce droit qui a été violé à Toulouse sous l'autorité d'un représentant de l'Etat qui aurait dû le garantir... En tant que syndicaliste et aussi en tant qu'ancien expert socio-économique au service des représentants des salariés, j'attire fortement l'attention de chacun-e sur la gravité de ce précédent de séparation physique de l'expert des représentants des salariés, que la presse, en dehors du Canard Enchaîné et de Libé, a zappé...
Rédigé par : ESCAFIT Joan-Loís | 09/10/2009 à 23h53