Les travailleurs du sexe, place du Capitole: «Nous voulons nos putains de droits»
Á l’appel de l’association toulousaine Grisélidis et d’Act Up, une trentaine d'entre elles ont lâché le trottoir hier soir jeudi pour manifester sur la place du Capitole. Objectif : être reconnues comme des travailleuses sexuelles.
«Nous voulons avoir nos putains de droits», explique Isabelle Schwieger, 46 ans, porte-parole du groupe. Entretien:
LibéToulouse : Pourquoi manifestez-vous ?
Isabelle Schweiger : Nous voulons exercer ce métier pour lequel nous payons des impôts au même titre que les autres catégories professionnelles, dans des conditions décentes et sécurisées. Depuis toujours, les hommes et les femmes qui se prostituent sont considérés comme des victimes et traités comme des coupables. Au lieu de ça, nous revendiquons le statut de travailleurs du sexe dans lequel seraient regroupés les prostitués des deux sexes sur le trottoir, les escort girls proposant leurs services sur le Net, et les acteurs et actrices du cinéma X.
Que vous amènerait ce statut ?
Isabelle Schweiger : Il nous permettrait l’accès à la santé, aux arrêts maladie et maternité, à une retraite décente compte tenu des impôts que nous payons. Ainsi que la possibilité d’avoir un logement sans que les bailleurs soient accusés de proxénétisme. Ce statut permettrait aussi que les compétences professionnelles acquises dans la prostitution soient reconnues. C’est essentiel en cas d’arrêt ou de reconversion.
Que sont ces «compétences particulières» ?
Isabelle Schweiger : Dans le métier de la prostitution, nous sommes des spécialistes des relations humaines. Cela va de l’écoute emphatique à la gestion des conflits, la mise à distance des émotions, le sens de la négociation, la capacité à établir des relations avec des personnes différentes. Autant de qualités qui, si elles étaient reconnues, permettraient à des ex-prostituées de devenir de très bonnes psychologues ou des commerçantes.
Quel est le profil de la prostitution toulousaine ?
Isabelle Schweiger : À l’association Grisélidis nous avons rencontré prés de 500 prostitués, hommes et femmes. Aujourd’hui sur Toulouse, prés de 80% de celles et ceux qui exercent ce métier sont des personnes migrantes, pour la plupart originaires d’Afrique ou des pays de l’Est. 80% des prostitués sont des femmes, 20% sont des travestis ou des transsexuels.
La prostitution est-elle exposée à la crise ?
Isabelle Schweiger : Oui, nous la ressentons très fortement. Les clients négocient les tarifs de plus en plus. Mais le plus inquiétant c’est la violence qu’elle engendre. Les prostitués sont de plus en plus victimes d’agressions et de braquages. Cependant les plaintes aboutissent rarement. On nous fait comprendre que ce sont les risques du métier.
Propos recueillis par Jean-Manuel ESCARNOT
(Association Grisélidis. Tel : 05.61.62.98.61 ou 06.71.59.27.36 pour les urgences. www.griselidis.com en dehors des heures d'ouverture.)
Réagir

meme si pas concerné, je trouve leur lutte juste: c'est l'etat qui est le mac de l'affaire pour celles qui n'en ont pas, en les taxant d'un coté et en les poursuivant de l'autre. Et les autres mac, pour les attraper et leur faire payer leur infamie, ce serait + facile avec des possibilites de reconversion + simples...
Rédigé par : lef | 18/12/2009 à 16h16
je soutiens ces demoiselles, je soutiendrais toujours la liberté de la femme et de l'homme au sens plus large, effectivement, toute personne devrait avoir droit de s'habiller comme elle veut faire ce qu'elle veut, et a ce titre la prostitué a tout a fait de droit de vendre son corps légalement, c'est un travail qui existe depuis la nuit des temps.
Rédigé par : antisarko | 18/12/2009 à 19h03
Entièrement d'accord antisarko, juste une petite nuance: justement, les prostituEs ont du mal à faire entendre qu'elles ne vendent pas leur corps (elles restent entières) mais c'est plutôt l'échange de services sexuels. pas tout à fait pareil.
Rédigé par : Alraunne | 19/12/2009 à 15h29
Bravo a Isabelle et a Griselidis.
Rédigé par : Thierry Schaffauser | 22/12/2009 à 16h08