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08/02/2010

Midi-Pyrénées selon Jean-Michel Ducomte de Sciences-Po: la gauche se restructure, la droite souffre

PARU DANS LIBÉRATION DU 8 FÉVRIER

RÉGIONALES. La droite qui s'érode dans son dernier bastion de l'Aveyron, les rad-soc à l'agonie dans les départements du Lot et des Hautes-Pyrénées: depuis 10 ans, chaque nouvelle élection permettrait selon Jean-Michel Ducomte, professeur de Droit public à Sciences-Po, d'observer «une homogénéisation de la culture politique» en Midi-Pyrénées. Interview:

Quelle carte politique de cette région pourriez-vous aujourd'hui dessiner ?

Jean-Michel Ducomte: Avant, c'était tranché. D'un côté, le coeur radical des Hautes-Pyrénées, du Tarn-et-Garonne et du Lot avec Maurice Faure dominait à gauche. De l'autre, une droite de culture démocrate chrétienne résistait dans l'Aveyron, tirant sur le tard vers le gaullisme.

Entre les deux, l'Ariège semblait devoir être un conservatoire socialiste. Á l'exception de Pamiers où le maire, André Trigano, est toutefois plus radical que de droite.

Le Gers basculait dans un camp ou dans un autre au gré des personnalités qui s'y présentaient. Le Tarn était géographiquement divisé en une culture ouvrière de gauche au nord qui, à l'exception de juin 1968, a toujours élu un député socialiste et une culture opposée au sud où les combats politiques se résument entre la droite et le centre-droit.

L'exception était dans la Haute-Garonne où la tradition socialiste n’a pas fait obstacle à une gestion municipale de droite à Toulouse de 1971 à 2008. Mais aujourd'hui, les choses s'homogénéisent.

Le point de convergence de cet électorat midi-pyrénéen serait-il le PS ?

J-M D: C'est en effet le PS qui domine aujourd'hui sept départements sur huit. Si elle est encore à la tête de son Conseil général, la droite aveyronnaise a pourtant perdu la mairie de Rodez au profit du PS et est apparue minoritaire dans le département aux dernières européennes. Á gauche, il n'y a plus que le Tarn-et-Garonne à rester radical. Le Gers semble s'être attaché à la personne de Philippe Martin, son président socialiste du Conseil général. Il y a homogénéisation de la culture politique en Midi-Pyrénées. Mais le Parti socialiste pourrait lui-même souffrir de la dé-construction en cours des vieilles cultures politiques.

Qu'elle est cette dé-construction qui menace la domination socialiste ?

J-M D: Demandez à un vieux Toulousain de gauche comment il va voter, sa réponse sera «socialiste». Posez la même question à un nouveau Toulousain de gauche et sa réponse sera, vraisemblablement, «Europe Écologie». Les Verts sont arrivés devant le PS à Toulouse aux européennes. C'est le phénomène urbain, le signe que la mobilité des personnes affecte la société en place. Les écologistes n'ont pas d'ancrage local. Ils s'attachent plus aux principes qu'aux territoires. Les références anciennes deviennent inopérantes. De la même façon, la gauche de la gauche qui se structure autour du Parti de gauche et qui a rassemblé 7% des suffrages à Toulouse en juin dernier est porteuse d'un nouvel ancrage populaire. Ces européennes auront été comme un coup de semonce.


Avec une tête de liste jeune et fraîche en politique, la droite ne peut-elle pas tirer avantage de cette situation ?

J-M D: La droite régionale souffre de ne pas pouvoir tenir un discours cohérent. Maire de Montauban et sans le titre d'ancien ministre du sortant PS qui arrivait du Lot, sa candidate n'a pas réussi à s'imposer aux siens à Toulouse. Elle a plus d'ennemis chez elle que chez ses adversaires. Du fait de sa moindre notoriété et du défaut de ses soutiens, elle paie plein tarif la critique ambiante du sarkozisme.

Recueilli par GLv.

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Commentaires

Bravo Jean-Michel !

Ducomte, derrière un verbiage savant est ici, à libetoulouse, comme a la télé un enfonceur de portes ouvertes.

Et pourtant cette gauche qu'apporte t'elle à cette région, qui végète ?

Ducomte c'est pas un monsieur qui porte un scottish terrier sous le nez et un tablier de fête quand il fait la cuisine locale avec ses potes? (...) Cela dit, l'Ariège comme congélateur de la gauche cryogénée, ça fait pas de mal d'en avoir la certitude par ceux qui sont payés pour regarder fondre ses glaçons. (Extraits))

il me semble que dans les années 50-55 il a été élu un député PC du nom de Pélissou (il est mort cela fait une vingtaine d'années)

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