Méthode de “patrons voyous” ? Molex veut encore licencier ses élus du personnel
SOCIAL. Même licenciés, les Molex bougent encore. Assez en tout cas pour gêner aux entournures Nicolas Sarkozy et son gouvernement.
L'ancienne direction plaide maintenant pour le licenciement des 23 délégués du personnel et élus du comité d'entreprise de Villemur, salariés protégés, au motif que la Sarl Molex n'existant plus, ils n'ont plus à exister non plus.
Demande déjà rejetée une première fois par la Direction du Travail. Qui convoquait ce matin ces représentants du personnel dans ses étages de Compans-Caffareli à Toulouse pour instruire le recours que les patrons de Molex n'ont pas manqué de former.
Les dits représentants s'y sont rendus, bien sûr. Mais accompagnés de leur avocat.
Lequel se fait un malin plaisir d'empoisonner la vie du ministre de l'Industrie. L'autorité judiciaire a déjà dit qu'il n'y avait, contrairement à ce que Molex prétend, aucun motif économique au licenciement des salariés de Villemur. «L'autorité administrative et donc le ministère, interroge M°Denjean, vont-ils in fine donner raison, contre l'avis de la justice, à des patrons dont le comportement a été qualifié de “voyou” par Sarkozy lui-même?»
Le mandat des délégués du personnel et élus du comité d'entreprise s'achevait le 31 décembre 2009. Sauf que le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) n'arrive à échéance qu'en juillet 2010, sauf que les autorités contestent donc qu'il y ait un quelconque motif économique aux licenciements. Sauf encore que la direction de Molex est sous le coup d'une plainte pour «entrave au bon fonctionnement du comité d'entreprise» que le TGI jugera le 6 avril prochain.
Molex voudrait-il, en pleine bataille, priver ses ex-salariés de toute défense? «Cette entreprise est toujours dans une volonté de fraude, lance l'avocat Jean-Marc Denjean. Et la fraude corrompt tout».
«Ce conflit est exemplaire, reprend-il. Il y a un patron qui veut licencier pour des raisons que les autorité réfutent. Et la loi ne donne pas les moyens aux représentants du personnel ni à la justice d'intervenir.»
Le résultats des courses au plus tard le 7 mai, anniversaire de l'élection de l'actuel président. D'ici là, son ministère de l'Industrie peut faire pencher la balance en faveur de Molex, -«et ainsi donner raison aux patrons qualifié hier de voyous», insiste l'avocat. Il peut aussi donner raison aux salariés ou ne rien dire du tout, ce qui vaudrait, selon M°Denjean, «décision implicite de rejet du recours de Molex».
En attendant, les syndicats ont officiellement demandé l'organisation de nouvelles élections professionnelles chez Molex. Lequel, pourtant tenu de répondre, n'a pas donné signe de vie. «Ce sera un deuxième motif d'entrave au bon fonctionnement du comité d'entreprise à plaider le 6 avril», se délecte déjà l'avocat.
GLv.


Ou est passé le patron de Molex ? Dans quel paraids s'est-il perdu une fois ses salariés de Villemur aux enfers du chômage.
Rédigé par : Ange | 24/02/2010 à 19h55
Le monde va à l'envers. Les méchants patrons qui ne respectent pas la loi sont sûrs de ne pas être punis.
Rédigé par : Xelom | 24/02/2010 à 20h01
L'actualité sociale a quelques chose de désespérant tant on ne voit rien avancer. Les Molex, heureusement, sont toujourslà qui cultivent un peu d'optimisme. Merci les gars
Rédigé par : Connect | 24/02/2010 à 20h03
Ce que j'aime beaucoup dans les dialogues de l'article, c'est la géométrie variable de l'avocat concernant les administrations. Quand les administrations lui donnent raison, elles sont seules à décider, si elles risquent de lui donner tort c'est qu'il y a forcément un ministre derrière, argumentaire appuyé par l'auteur de l'article qui en rajoute une couche en parlant de l'anniversaire de Sarko.
Au delà du fait que les Molex ont raison de continuer à se battre, il y a toujours beaucoup de jubilation à voir le remplissage qui peut être effectué dans des dossiers plus ou moins simples, mais toujours très médiatiques et pas seulement en faveur des salariés...
Rédigé par : CAL81 | 25/02/2010 à 08h51