Régionales: la gauche tranquille en terre radicale
PARU DANS LIBÉRATION DU 8 FÉVRIER
ANALYSE. Midi-Pyrénées est, en superficie, la plus grande des régions françaises et sa ville capitale, Toulouse, menace de détrôner Lyon comme troisième ville du pays. L’avionneur Airbus lui donne une envergure internationale et son président sortant, le socialiste Martin Malvy, ex-ministre, fait autorité dans le concert national des régions.
Ses 2,8 millions d’habitants ne peuvent guère rêver d’améliorer cette situation, fût-ce au travers d’une élection régionale.
A bientôt 74 ans, le bosseur qu’est Martin Malvy ne promet d’ailleurs rien qui transformerait en profondeur ce monde du Sud-Ouest toulousain. Il ne veut pas pour autant le garder en l’état.
Le confort de sa situation, avec sept conseils généraux sur huit gérés par la gauche, pourrait le pousser au conservatisme. Les rondeurs radicales de cette région, où le premier employeur n’est pas l’aéronautique mais l’agroalimentaire et où la moitié de la vie politique se joue encore sous les préaux d’école, interdisent de brusquer les choses.
Dire à ses concitoyens, comme le fait son président, que Midi-Pyrénées est une «région forte qui donne priorité à l’emploi» et conçoit des projets «audacieux» pendant que la droite, selon lui, n’aspire qu’à «appliquer sa politique de destruction des services publics», est une marque suffisante de défi au pouvoir.
Mais il n’échappe pas à Martin Malvy que ses terres accordent à l’occasion de jolis scores électoraux au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ou aux écologistes de José Bové, respectivement 8 % et 16 % des suffrages aux européennes de 2009.
Ce n’est encore qu’un signe, les écologistes ne parvenant toujours pas à reproduire ces succès dans les scrutins locaux. Mais c’est peut-être la marque que les temps changent. Et Malvy ne dédaignerait pas accompagner ce changement.
Martin Malvy en campagne, vendredi à Castres. Photo: Christian Bellavia
Si la droite a gouverné Midi-Pyrénées de 1986 à 1998, c’est par la grâce miraculeuse du maire de Toulouse d’alors, Dominique Baudis. Laquelle droite n’est pas garantie de revenir au pouvoir de sitôt. Sa candidate du jour, Brigitte Barèges, n’y a pas la base électorale ni les troupes élues ou militantes suffisantes pour en changer les réflexes culturels.
Son slogan ? «Osons Midi-Pyrénées». Ça ne mange pas de pain. Son drapeau, tout sauf l’étiquette UMP qui ferait d’elle ce qu’elle ne veut pas être: une candidate missionnée par Nicolas Sarkozy. Pour tenter d’épouser les formes de sa région, elle a bien promu un radical de gauche (qui a quitté son parti) à la tête de son département d’origine qui se trouve être aussi le département du roi du PRG Jean-Michel Baylet. Mais cette affaire ne fait qu’amuser la gauche et se cabrer la droite.
Du coup, la maire UMP de Montauban s’emmêle les pinceaux: elle s’insurge sur la foi d’un article de presse contre la gestion socialiste de Midi-Pyrénées quand le président Malvy exhibe l’étude d’un cabinet financier qui la classe comme région «la moins endettée de France». Elle épingle encore les dépenses en communication de l’équipe sortante quand celles-ci baissent en pourcentage malgré l’augmentation imposée par le gouvernement du domaine à couvrir. Rien qui ne sorte de l’ordinaire des campagnes électorales. Celles des préaux d’école, justement.
Et quand il s’énerve dans ses bureaux des allées du Maréchal-Juin, c’est contre ses propres amis socialistes ariégeois qu’il jugerait immobilistes. Quand il se fait plus doux au téléphone, c’est qu’il a le Vert Gérard Onesta au bout du fil. Comme si ce dernier, jeune et pourtant rompu à la diplomatie politique, devait un jour être en état de rassembler la gauche régionale. Martin Malvy peut se payer le luxe de parier que la gauche urbaine et jeune a plus d’avenir que celle des caciques ruraux.
L’évolution des populations de Midi-Pyrénées fait que les terres qui ont élu le radical Vincent Auriol, le premier président de la IVe République, pourraient élire tôt ou tard un écologiste.
En attendant, la région n’est toujours pas desservie par le TGV. Réduite à l’opposition depuis douze ans, la droite commence à réclamer des comptes aux socialistes sortants. Lesquels, jusqu’alors, accusaient cette droite de n’avoir rien fait en matière ferroviaire. La réplique de Martin Malvy ne s’est pas fait attendre : il porte plainte contre la SNCF pour toutes sortes de défauts.
Le train de l’histoire politique de Midi-Pyrénées ne va tout de même pas dérailler à cause d’une locomotive…
GLv.




GLv est a une telle confiance dans les résultatS de Malvy aux élections que je vois bien pépé Martin partir pour un nouveau mandat une fois le prochain terminé.GLv sera retraité mais pigera pour libé toulouse et célèbrera dans ces colonnes les 86 ans du Président de la région. Roulez jeunesse!!!
Rédigé par: fabienne | 08/02/2010 à 10h02
beau panégyrique.
Rédigé par: Zoco | 08/02/2010 à 10h28
Glv : "Au secours j'ai les doigts englués dans le miel rad'soc, et j'écris de l'autre main; avec le revolver d'un ami puissant, sur la tempe de quelqu'un qui m'est cher (moi-même mais je n'en suis pas si sûr)". Ce beau papier consensuel, avec juste des petites griffes à la fin brrrrr...vous est offert parce que je ne veux pas être muté chef d'agence à Hazebroock. Quel métier de chien-chien à son Pépère! Trente ans dans ce microclimat ça vous carbonise le cerveau reptilien hein mon Chichou!
Rédigé par: Léna Storm | 08/02/2010 à 11h25
Vieux Dieux du PPS ne torturez pas plus longtemps les résistants à ce parti unique. Même pas moralement. L'éternité c'est trop long. On n'y résistera plus si ça continue.
Rédigé par: Honecker | 08/02/2010 à 12h06
Ben Lyon s'en fout parce qu'il a l'ol
Rédigé par: zérozaza | 08/02/2010 à 13h27
Et oui, région pépère radicale socialiste où le GODF tire encore les ficèles de l'appareil des chapelles du public, des syndicats etc ! Le monde bouge, pas Midi-Pyrénées, qui face à la Catalogne en plein développement se contente de son conservatisme ! Nous le payerons cher à l'avenir ce manque de développement vers le futur ! Mais en face, une droite désunie sans grand projets non plus qui cherche des places plus que des propositions innoventes !
Et pourtant il y aurait un boulevard face aux cheveux gris de Malvy et de Ysard...!
Rédigé par: Tartuffe | 08/02/2010 à 14h15
Lyon+Villeurbanne = 620 000 habitants, 63 km², 10 000 h/km²
Toulouse = 445 000 habitants, 118 km², 4 000 h/km²
Il y a de la marge, restons modestes.
Rédigé par: Aksel Vinding | 08/02/2010 à 15h28
M'enfin, LA tête de liste est âgée mais le bilan est là. L'intelligeance d'un homme politique se mesure, principalement, en la qualité des personnes qui l'entourent pour mener une politique.
Bareges, un singe avec une canne et un chapeau pourrait la battre. Elle n'a pas de grandes compétences (bien que spécialiste des coups tordus) et son équipe est inexistante.
Rédigé par: Cepagagne | 08/02/2010 à 15h36
Hélas pour Barèges, je suis d'accord avec Cepagagné, quand à Malvy il a de la chance d'avoir un ectoplasme en face !Il a fait son temps comme Isard, mais il n'y a pas de vrai relève, ils s'en sont bien gardés !
Rédigé par: Citoyen Lambda | 08/02/2010 à 16h19
Pour le recul et l'oeil critique du journaliste, on repassera. Cet article fait tellement peu objectif qu'il en dessert la cause qu'il sert.
Il y a sans doute des tas de raisons pour souhaiter une victoire de Malvy, mais tout n'est pas rose dans son jardin loin de là !
Rédigé par: GC | 08/02/2010 à 18h45
Gégé, quelle belle éloge funèbre.
Je suis triste, d'autant que je n'avais pas appris le décès de MALVY.
Paix à son âme.
Rédigé par: soleil | 09/02/2010 à 10h20
Passons sur le concert d'autosatisfaction
Passons sur les diverses erreurs volontaires ("jolis scores électoraux au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon" hmmmm le beau simplisme, la belle méthode Coué en action).
Bref, passons sur cet article qui nous fait regretter d'habiter en Midi-Pyrénées, terre où on prend l'électeur et le lecteur pour un couillon
Rédigé par: Gad | 10/02/2010 à 10h16
Ampoulé économie d'énergie
Rédigé par: Honecker | 11/02/2010 à 11h01
cet article n'est pas faux: les seuls arguments contre la gestion de malvy c'est .... son age. S'il avait un mauvais bilan, la droite UMP serait archi-favorite.
En démocratie on ne prend jamais le pouvoir par les armes: Malvy à été élu sur son nom plusieurs fois
Rédigé par: steph | 15/02/2010 à 09h20
steph a raison, Malvy a été élu sur son nom, pas vraiment sur la réussite de son programme...
Rédigé par: CAL81 | 15/02/2010 à 18h26