Toulouse : Les "SDF sans frontières" appliquent le droit à l'ingérence sociale

RÉQUISITION. Ils appliquent le droit à l’ingérence sociale. Un toit supportant les lettres SDF suivi de la planète terre : c’est le logo des "SDF sans frontières", le nom du collectif d’une quinzaine de sans abris qui occupe depuis deux mois une maison vacante au centre ville de Toulouse.
Ils y sont rentrés le 8 janvier dernier, tandis qu’une tempête de neige s’abattait sur la ville. Depuis ils ont transformé le lieu en «résidence sociale auto gérée».
39 rue des sept troubadours. C’est l’adresse des "SDF sans Frontières". Hervé, 57 ans, guide la visite. «Nous avons ouvert cette maison laissée vacante par l'Armée du salut. Sans effraction, précise-t-il. II y faisait chaud à l'intérieur alors qu’il faisait moins dix dehors».
Deux cents quarante m2 avec l'eau et l'électricité. Les premiers arrivés ont coupé le gaz par précaution. Au rez de chaussée : la cuisine collective et la salle de réunion. Aux étages : les sanitaires et les chambres où vivent une quinzaine de personnes.Tous viennent de la rue. «On gère avec le passif et le passé de chacun, indique Hervé. En s’organisant pour tenir l’endroit propre et vivable. Pas de dope, ni tags, ni dégradations. L’entretien et le ménage sont répartis quotidiennement. Des réunions sont organisées pour traiter des problèmes de vie commune».
Avant l'incendie de son appartement, Hervé était logisticien dans l'humanitaire. C’est lui qui a proposé au collectif de s'appeler "SDF sans frontières". «Nous avons réquisitionné ce logement vide pour faire face à l’urgence. explique-t-il. Il est temps que la France qui défend ce principe dans l'action humanitaire l'applique aussi chez elle dans le social ".
Annie, 52 ans, en attente d’une place dans un appartement thérapeutique, habite ici depuis 15 jours. «Il existe très peu de lieux intermédiaires comme celui-ci, dit-elle. C’est à nous de montrer leur nécessité aux responsables de l’aide sociale. Ils sont débordés. Pour s’en sortir il faut se débrouiller nous même».
Au rez de chaussée, des membres des "Enfants de Don Quichotte" aident chacun des résidents à remplir les dossiers Dalo (droit au logement opposable). «Ici, ils peuvent se poser pour rassembler les pièces administratives demandées, indique Isabelle. Dans la rue c’est impossible. Les autorités sanitaires devraient prendre exemple sur ce qui se fait ici en s’organisant pour que toutes personnes qui passent dans des hébergements d’urgence en sortent obligatoirement avec un dossier Dalo rempli».
J-M.E
Tel Contact SDF Sans Frontières : 06 33 96 31 91


Bravo !
Rédigé par : msp | 15/02/2010 à 23h38
Vite ! Exit l'art 104 de Maastricht et sortie du système monétariste (fini l'euro) pour revenir au crédit productif public et ainsi au plein emploi !
Plutôt que des comptables dans les hopitaux mettons des chirurgiens chez les banquiers !
Rédigé par : F.Pecora | 16/02/2010 à 01h00
je me demande QUAND la préfecture, QUAND les collectivités publiques vont se rendre compte que sur Toulouse, il y a urgence à ouvrir des lieux de stabilisation 24h/24h où les personnes à la rue pourront se poser sans contrat avec la structure, et sans être remis dehors sans un logement. Ce qui n'est pas encore le cas dans toutes ces structures sociales toulousaines.
BRAVO les sdf sans frontière et BRAVO les bénévoles des enfants de don quichotte de soutenir toutes ces personnes à travers ce genre de lieu; A vous rencontrer bientôt .
Rédigé par : visibilité positive | 16/02/2010 à 10h33
bravo ! pour le nom choisi (quel humour malgré les soucis), pour l'organisation mise en place !! cette action prouve que l'être humain a toujours des ressources, de la dignité et la volonté de s'en sortir....la réquisition est 1 forme de solidarité qui doit progresser.....continuez !!!
Rédigé par : lelene31 | 16/02/2010 à 17h26
A chacune et chacun d'entre vous un GRAND BRAVO pour l'initiative vitale et légitime que vous avez prise et qui devrait servir de réflexion !
Attention : pas touche aux SDF sans frontières ! On suit cela de près, même de loin...
Beaucoup de respect: continuez et tenez bon !
Rédigé par : flodjo | 16/02/2010 à 20h41
Comment en 2010 peut-on laisser des logements inhabités alors que des personnes crévent de froid.??? J'ai mal à la France de voir une chose pareille. Le gouvernement ne cesse de distribuer de l'argent à tout va mais pas à ceux qui en ont besoin : l'action sociale voit ses subventions fondre comme une peau de chagrin alors qu'il n'y a jamais eu autant de besoins non pris en charge et de français en difficultés pas aidés. Quelle honte!!!!Votre journal devrait promouvoir des actions de solidarités vis à vis des plus vulnérables qui n'osent plus ouvrir la bouche tant ils ont honte de leur situation. Mais qu'attend-on????
Rédigé par : Domiden | 19/02/2010 à 02h06
Bonjour
Je suis de tout coeur avec vous
Rédigé par : seris jeremy | 02/04/2010 à 18h51