Toulouse ville record des vélos vandalisés ? C'est Decaux qui le dit
«Il paraît que nous détenons le record d’Europe des dégradations avec des chiffres supérieurs à Paris, Marseille ou Lyon, rapporte adjoint au maire de Toulouse en charge des transports. C'est en tout cas ce que dit Decaux.»
Le numéro un français du mobilier urbain annonçait 526 vélouses volés sur ces bords de Garonne et 2045 vandalisés en 2008 puis n'annonce plus rien pour 2009. De même si Lyon et Marseille connaissent ce type de dégradations gratuites, les agences de ces villes ne divulguent aucunes statistiques au motif qu'elles seraient «confidentielles».
Motus total. Le directeur régional de Decaux Patrick Trégou dit ne plus souhaiter «communiquer (ses) chiffres», Quand il établit ses comparaisons culpabilisantes pour Toulouse en matière de vandalisme, on est prié de le croire sur parole.
Á quel jeu, l'industriel du vélo de ville joue-t-il ?
JCDecaux accuse d'abord la mairie de ne pas tout faire pour lutter contre cette plaie. Faire planer sur son partenaire le soupçon de laxisme est politiquement adroit et donc, à terme, économiquement efficace quand celui-ci se trouve être une municipalité attentive à son image dans la population: ce pourrait être un moyen de le faire céder à ses exigences.
«Nous avons pourtant mené une campagne de civisme et la police a renforcé ses rondes. Avec des arrestations et condamnations, se défend l'adjoint Bernard Marquié. Il faut passer à l’ouverture des stations 24 heures sur 24. Selon nous, beaucoup de dégradations viennent de personnes frustrées de ne pas pouvoir utiliser le vélo la nuit.».
JCDecaux qui s'oppose à cette solution juge que celle-ci ne pourrait être adopter... que s'il y avait baisse du vandalisme. C'est la poule qui demande à l'oeuf de régler le problème, priant de croire à sa bonne volonté...
La partie est avant tout économique. Signé sous la précédente municipalité, le contrat qui lie les deux parties précise que le concessionnaire reçoit chaque année de la part de la mairie et pour une période de quinze ans 4.188.300 euros pour gérer ce service public. Y compris la réception des plaintes que les usagers adressent souvent en toute innocence à la mairie.
Dans l’escarcelle de JCDecaux tombent aussi les abonnements et locations ponctuelles ainsi que les revenus de la publicité affichée sur les vélos. En contrepartie, l'industriel est tenu de financer la maintenance des bicyclettes.Ce dernier se fait aujourd'hui tirer l'oreille, assurant n’avoir à assumer que l'usure ordinaire des bécanes. Les dégâts causés par les vandales devant être, selon lui, pris en charge par le Capitole.
«Decaux, ils sont bien gentils mais ils font du commerce, lâche la mairie de Toulouse. Ils ont une délégation de service public. Ils sont responsables de la réparation. C’est dans le contrat!». Decaux ne fait surtout pas dans la poésie de la ballade à vélo: un sou est un sou et chaque sou se discute.
Autre avantage à agiter cet épouvantail du vandalisme: pendant qu'il dénonce ce mal, le marchand de mobilier urbain se dispense de commenter la mauvaise régulation des stations qui fait que les utilisateurs peuvent se retrouver avec des stations vides au moment d'emprunter un vélo ou pleines au moment de le rendre et donc empêchés de le faire.
Montrer du doigt les mauvaises manières toulousaines lui évite en sus d'entrer dans le détail de ce qui cloche dans sa propre mécanique. Bernard Marrou, un professeur retraité de Montauban, s'est ainsi vu débiter la caution de 150€ de son compte en banque au motif qu'il aurait mal raccroché sa bicyclette. Il vient de lancer un appel à toutes les victimes de cette sorte de dysfonctionnement: «Á chaque fois, JCDecaux nous fait le même discours, explique-t-il. Ce serait selon lui de la faute des utilisateurs, il n’y a aucune défaillance de leur système et les gens peuvent dire au revoir à leurs 150 euros!»
JCDecaux explique que vient d'être mis en place un récépissé que le cycliste peut aller chercher à la borne pour être sûr que le vélo a bien été raccroché. Il assure aussi que sur 10.000 utilisations quotidiennes, il n'y a que cinq cas similaires à celui de Bernard Marrou. Lequel, ayant enseigné les maths, a vite fait ses comptes: «150 euros multipliés par 5 cas, 365 jours sur 365, c’est énorme !» C'est environ 273.000 euros par an...
Romain LEPETIT
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"La police a renforcé ses rondes avec des arrestations et des condamnations" déclare l'adjoint communiste Bernard Marquié. La répression comme solution et argument électoral je pensais que c'était du sarkozysme. Bien non, c'est du réalisme. Quant à découvrir qu'une entreprise, JCDecaux ou une autre, ça gagne de l'argent c'est une grand spécialité journalistique: enfoncer les portes ouvertes.
Rédigé par : fabienne | 27/02/2010 à 11h52
@Fabienne. Tu exagères un peu, Fabienne. Cet article ne dénonce pas le fait que Decaux fasse de l'argent avec les bicyclettes. Il met à plat l'accusation faite aux Toulousains d'être des vandales. Et à ma connaissance, c'est la première fois que la presse ne rapporte pas ce comme un mouton ce que dit notre ami des abribus.
Rédigé par : Mon oncle | 27/02/2010 à 13h40
Moi je kiffe les vélouses. Je me sens dessus comme sur un avion à réaction quand je laisse ces pov' automobilistes dans l'encombrement des rues. Merci Toulouse, merci Decaux: débrouillez vous entre vous et laissez moi rouler. Je me sens pas casseuse de vélo. C'est de la bave de crapeaux sur mes jolies mollets de colombe.
Rédigé par : Pétroulette | 27/02/2010 à 13h45
Romain, Lepetit, c'est pas un nom de champion cycliste des années 30 ?
Rédigé par : Enquêteur | 27/02/2010 à 13h47
J'ai perdu moi aussi 150€ au loto de Decaux. Le pire dans cette histoire, c'est d'avoir eu le sentiment d'être pris pour un menteur ou pire pour un con quand j'ai tenté de prouver ma bonne foi.
Rédigé par : Débité | 27/02/2010 à 13h50
@fabienne
l'article ne dit pas que decaux fait du chiffre: tout le monde sait qu'une entreprise est là pour ça. mais il dit plutôt, que si Toulouse est vraiment une ville de vandales, comme le dit decaux, que l'industriel nous donne ses chiffres! Et que decaux arrête de mettre en première ligne le vandalisme alors que son réseau VéloToulouse n'est pas au point.
Rédigé par : Bernard Hinault le Blaireau | 27/02/2010 à 14h45
Lorsque j'étais en taule j'avais écrit un article sur Decaux, qui donnait en exclusivité beaucoup de ce qui est dit dans l'article. Les copains ont diffusé l'affiche et elle est sur le blog. Mais au delà il y a de vrais problèmes : 7000 utilisations quotidiennes pour 2500 vélos ça vous semble un succès ? Un budget annuel qui doit tourner autour de 6 millions d'euros, pour 30 salariés et 2500 vélos à entretenir... Decaux prétend que la bicyclette lui coûte 600€, on peut aussi évaluer le coût de la trentaine de salariés à 1 million d'€ par an... On arrive à peine à la moitié de ce que touche Decaux, dans le meilleur des cas. La précédente mairie a vraiment négocié un accord bizarre alors que Movimento existait et proposait de mettre en place un service similaire mais réalisé par des acteurs locaux.
Quant aux associations militantes pour la bicyclette (vélorution et association vélo), le montant des subventions en 2009 est de 0€ malgré les demandes de soutiens. Les politiques, de droite comme de gauche, ne sont que les valets de Decaux, malgré toutes les gesticulations. Decaux se remplir les poches et si un vélorutionnaire ose ouvrir sa gueule il finit en taule... Cherchez l'erreur. Prochain procès le 17 mars à 14h, pour une soi-disante diffamation. Mais tout ça n'est qu'un prétexte pour faire taire un militant non-violent, juste acharné. (...)
Les associations ont beaucoup de choses à dire et certaines montrent qu'on se fout de la geule des citoyens. (...)
(Extraits)
Rédigé par : theron | 27/02/2010 à 15h03
Arrêtez d'engraisser Decaux ! Louez vos vélos à la Maison du Vélo (prés de la Gare) Ils sont sympas, aiment réellement le vélo et les cyclistes ! Ou revendez votre bagnole et acheter un vélo !
Réclamons à la mairie que soit installée des Maisons du Vélo partout dans Toulouse et qu'on arrête avec Decaux, son profit, ses vélos pourris !
Une fervente adepte du vélo !
Rédigé par : Joséphine | 27/02/2010 à 15h15
J'abonde dans le sens des derniers commentaires. Louez vos vélos à la maison du Vélo, c'est humain, social et solidaire ! Les vélos automatiques ne sont qu'un prétexte pour créer de nouveaux panneaux de pub et de nouveaux supports publicitaires, les vélos eux-même.
Alors précisons tout de même qu'à la différence de pas mal de collectivités (Lyon, paris) le service à Toulouse est payé par la collectivité comme tel, c'est une délégation de service public. A Lyon ou Paris c'est une offre commerciale plus ou moins incluse dans les contrats de l'affichage publicitaire.
Concernant les dégradations, je reste dubitatif sur l'ampleur annoncée... et je remarque que l'on est la ville soit disant la plus vandalisée mais aussi celle qui ferme le service la nuit... pourquoi à Paris ou Lyon les dégradations sont moins importantes avec un service ouvert 24/24 ?
L'asso Vélo a saisi Decaux et organisé une manif à ce sujet, aucune réponse de Decaux qui refuse de communiquer...
Rédigé par : Seb | 27/02/2010 à 17h57
ils nous coûtent chers, ces vélos et en plus leurs conducteurs ne respectent rien et personne lorsqu'ils circulent.
Rédigé par : soleil | 27/02/2010 à 19h43
Faudrait aussi que le rapport entre les citadins toulousains et leurs bagnoles changent parce que là on est clairement dans du fétichisme. C'est limite si ils prennent pas leurs caisses pour aller demander des oeufs à leurs voisins de palier.
Rédigé par : tom | 27/02/2010 à 21h10
et bien le voilà l'article qu'on attendait !
pour une fois qu'on gratte pour voir ce qui se cache derrière le prétexte du vandalisme... merci !
Rédigé par : un utilisateur du vélotoulouse en colère | 28/02/2010 à 14h59
Une ville de ploucs avec des politiques qui leur ressemblent. C'est tout. Et qui n'aura que ce qu'elle mérite : un avenir de plouc avec pour queue du Mickey, un avion soit disant si high-tech, qu'il fait des arrêts cardiaques de ci, de là; et qu'on aura bientôt deplus en plus de mal à fourguer malgré une propagande-communication de première: comme le Concorde autre fleuron de cette ville de ploucs fossiles de la fin du XIXème.
Rédigé par : Léna Storm | 28/02/2010 à 15h43
@ Léna Storm
Que de haine ! Oui, Toulouse a un côté plouc, j'en ai fait les frais quand j'y suis arrivée mais ce côté plouc empêchera peut-être d'être trop envahis par les branchés-bobos-bourgeois de gôôôôôche envers lesquels j'ai une haine absolu ( autant que vous, envers les ploucs ) mais il est vrai que notre mairie, pour laquelle je ne voterais plus, met tout en place pour que le centre ville leur appartiennent. Alors un peu de plouquerie freinera un peu ce processus désespérement irrémédiable dans tous les centres-villes !
Pourquoi restez vous à Toulouse ?
Rédigé par : Joséphine | 28/02/2010 à 22h30
Quelle est la définition du mot "Plouc" ?
Je ne vois pas en quoi la plouquerie peut influencer l' aménagement du centre ville;
Léna Storm arrivez vous de Neuilly par hasard?
Rédigé par : Iker31 | 01/03/2010 à 00h33
@plouc : c'est quelqu'un qui n'est jamais sorti de son village (gaulois, fortin etc); qui ne sait pas que le monde existe au-delà de Pompertuzat, et surtout : qu'il a profondément changé; c'est quelqu'un qui ne sait pas que l'océan ouvre l'horizon, que Jaurès a fait sa thèse sur Dieu (tabou); qui vit entre soi, copains, coquins, fiérots, cooptés, adoubés; c'est une sorte de bourgeois gentilhomme parvenu qui s'arrange avec la loi du jour parce qu'il connait quelqu'un qui a le bras long... Plutôt enseignant, ou fonctionnaire; ou commerçant, notable érudit, voire employé dans la filière aéronautique, avec un 4X4 ou une bagnole Audi noire. Je vais vite. C'est quelqu'un qui a laissé abimer cette ville admirable en l'abandonnant aux promoteurs généreux membres des mêmes loges ou confréries; affaires et affairisme font bon ménage depuis la percée de l'unique rue hausmannienne.
Je ne viens pas de Neuilly, quelle drôle d'idée! Comme si Paris était la ligne de front face à cet ilot fortifié qui peine à vivre dans son l'époque, la destruction des vélibes en est une des illustrations!
Et vous connaissez l'adage : qui aime bien , châtie bien, arrive un moment où l'on ne supporte plus l'air avachi et la veulerie de l'aimé (e). Alors Toulouse, oui c'est la capitale des vandales, interrogez les historiens, c'est hélas son histoire. Désolée.
Ici, l'intérêt général, c'est d'abord une somme d'intérêts particuliers à honorer, le renvoi d'ascenseur est ici un sport olympique.
Rédigé par : Léna Storm | 01/03/2010 à 08h42
Concernant le vandalisme, les vélouses n'en sont pas les seules victimes. Ces dernières années on voit souvent des vélos aux roues tordues, détruits alors qu'ils étaient attachés à des barrières en ville. Peut-être que les étudiants avinés qui font ça la nuit trouvent ça très drôle sur le coup. Je trouve juste ça très con… Ce n'est pas un problème d'insécurité, de flics ou de caméras de surveillance, juste une question de civisme ou, plus globalement, d'éducation.
Rédigé par : Cadix | 01/03/2010 à 09h07
Les netreprises et associations
Combien de subventions publiques ?
Combien d'adhérentEs ?
Combien de salariéEs ?
Quelles activités ?
Quels buts recherchés ?
Jusqu'à l'arrivée de la Vélorution dans le paysage cycliste toulousain il n'y avait pas d'atelier de vélonomie, des lieux où les cyclistes pouvaient réparer et entretenir leurs bicyclettes tout en discutant également des problèmes rencontrés. Aujourd'hui, seule "la maison du vélo" dispose de locaux, payés par la ville, et loue principalement des bicyclettes d'ailleurs ; TOUTES les autres associations doivent se débrouiller sans subvention, malgré des besoins réels de locaux et les retombées garanties en termes d'emplois et d'activités.
De plus, la politique globale des municipalités précédentes et actuelles sont de mettre en coupe réglée l'espace public, Decaux est un marchand de pub mais Movimento auparavant nous a aussi balladé sur les comptes financiers réels, par exemple.
Les pouvoirs publics, avec certaines associations, prétendent aussi imposer des modes de circulation aux cyclistes, piétons et transports publics, réduits à des "ghettos" ("site propre" pour les bus, bandes et pistes soi-disant "cyclables", trottoirs étriqués) alors que le seul mode de transport qui pose réellement problème (pollutions et accidents) est hégémonique, la bagnole et les deux roues motorisés.
Donc il est important de ne pas se tromper, l'urne ne remplace pas les actes, derrière Vélib et la maison des loueurs de vélo, c'est le pognon pour certains et des emplois précaires pour tous les autres.
Par contre, derrière les artisans et association d'ateliers il y a des Heureux Cycleurs acharnés et convaincus, cyclistes passionnéEs et passionnantEs, et ça ça n'a pas de prix ! La Vélorution et d'autres associations essaient de puis des années d'obtenir des locaux et la récup des vélos (ceux ramassés sur la voie publique et dans les déchetteries), sans succès. Il y a donc un gros problème politique : de l'argent public qui part dans les caisses d'associations créées de toutes pièces et d'entreprises qui n'ont pas à en recevoir ; et des autres associations qui galère malgré tous les "beaux" discours de nos élus.
Quant aux problèmes d'incivismes ils découlent de cette marchandisation du monde, où tout s'achète et se vend au détriment de toutes les autres valeurs.
Rédigé par : theron | 01/03/2010 à 12h37
Il y a beaucoup d'amertume chez Lena Storm mais un grand fond de vérité.C'est dur mais le plouc a son royaume; Cassoulet'City
Rédigé par : Marius | 01/03/2010 à 23h04
@ léna storn
votre approche du "plouc", m'a procuré un réel plaisir de lecture.
Rédigé par : soleil | 02/03/2010 à 16h19
@Et moi j'adore le soleil
Rédigé par : Léna Storm | 03/03/2010 à 10h04
@ lena, j'aime aussi beaucoup le texte sur plouk'city.
Sinon, les policiers municipaux n'ont qu'à se servir du gyropode (voir un ancien article) pour courir, pardon rouler, derrière les vandales (plutôt des wisigoths d'ailleurs...)
Rédigé par : CAL81 | 04/03/2010 à 13h29
On est 2 à s'etre fait prélever injustement 150 euros alors que les velos ont été rendus le 25 juin 2010.
Quelqu'un aurait réussi à se faire rembourser?
Car c'est vraiment du vol, on est résigné à aller porté plainte.
J'ai créé un groupe facebook pour réunir les personnes qui se sont faites avoir comme nous, il s'appelle "Moi aussi j'ai été arnaqué de 150 € pour la location d'un velo à Toulouse".
http://www.facebook.com/group.php?gid=131205103582796
Si vous avez eu ce soucis et que vous vous etes fait rembourser merci de nous aider svp.
Rédigé par : Fredfred | 09/07/2010 à 20h02