Coup de théâtre au procès Viguier
RÉACTUALISÉ À 20h15
JUSTICE. Quand ça veut pas, ça veut pas. L'accusation patinait depuis le début de ce procès en appel du professeur de droit Jacques Viguier accusé du meurtre de son épouse Suzanne. Á cette audience du mardi 9 mars à Albi (Tarn), elle aura fini de s'embourber.
C'est un témoin à charge, Séverine Lacoste, baby-sitter du couple qui a craqué cette fois à la barre. Déjà, ce n'est que six mois après sa visite de la maison Viguier au surlendemain de la disparition de Suzanne qu'elle avait confié aux enquêteurs y avoir décelé «des traces de sang mélangé dans la baignoire».
Devant la cour et contrairement à toutes ses dépositions précédentes, elle avoue maintenant en sanglotant avoir effectué cette visite en compagnie d'Olivier Durandet, l'amant de la disparue. Cet aveu fait, Séverine Lacoste a quitté la salle d'audience pour être tout de suite placée en garde-à-vue pour faux témoignage au commissariat de la ville.
Au fur et à mesure de l'examen du dossier, les charges qui pèsent sur l'universitaire toulousain peuvent sembler avoir été bricolées...
Pourquoi avoir caché jusqu'alors que celui qui est devenu témoin numéro un de l'accusation était présent au moment de la «découverte» de ces traces de sang? l'interroge l'avocat de la défense Dupond-Moretti. «Parce qu'il me l'a demandé, répond-elle dans un hoquet. Olivier avait peur qu'on puisse dire qu'il avait amené des choses».
Olivier Durandet, déjà repéré par la cour comme tentant encore d'influencer les témoins pour qu'ils accablent l'accusé (voir note précédente) apparaît désormais comme le vrai génie du mal de ce dossier. Aurait-il ce coup-là convaincu Séverine Lacoste de voir ce qu'elle dit avoir vu? En tout cas, le témoignage de cette dernière est désormais discrédité.
L'avocat général Marc Gaubert ne peut pas faire moins que de prendre des dispositions pour que Séverine Lacoste soit dorénavant interdite de tout contact avec Durandet, lequel sera à son tour appelé à témoigner mardi 16 mars.
Sur le banc des parties civiles accusatrices, M°Francis Szpiner admet avec quelque élégance que cet aveu de la baby-sitter pourrait être qualifié de «coup de théâtre».
GLv.
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Aprés leurs exactions, ceux qui ont encore une fibre humaine ne craquent pas, ils ont besoin se libérer.
Ces "pauvres" sont des hommes.
Etre juge dans de telles circonstance ne doit pas être facile.
La misère du monde est à l'origine.
Merci aux "civilisés de 2010" ne cessent de générer de telles situations.
Rédigé par : Monteil | 09/03/2010 à 20h00
Durandet, un alibi pour le jour du meurtre?????
Rédigé par : nicole odera | 09/03/2010 à 20h30
Et si la Justice cuisinait un peu ce Durandet, hein ! ! ! ! !
Peut-être saurait-il dire où est passée la victime. Non ? ? ? ?
Rédigé par : Raoul | 09/03/2010 à 22h18
Je ne suis ce procès que de très loin mais il me semble avoir un goût de "notable donc coupable" ... et c'est cet aspect qui me semble le plus interessant et peu analysé.
La personnalité du "professeur d'université" est interessante et peut etre un peu "provocatrice" quand on se retrouve du coté des "méprisés"....
Rédigé par : Frédéric | 09/03/2010 à 22h25
Un alibi pour quand ? Difficile quand on ne sait rien du tout. La pauvre Suzie a très bien pu être séquestrée un long moment, comment savoir désormais.
Rédigé par : j.beauregard | 09/03/2010 à 22h52
"Sur le banc des parties civiles, ce revirement n'est pas minoré. « Mais cela ne change rien à la réalité objective du dossier. Est-ce que Durandet peut être coupable du meurtre de Susi ? La réponse est non », tranche Guy Debuisson, l'avocat d'Hélène, la sœur de Susi." (20 minutes)
il faut quand même se rappeler que si c'est le mari qui est poursuivi, c'est qu'il y a quand même de fortes charges qui pèsent, à moins de croire que les enquêteurs étaient des veaux et qu'ils ont été aveuglés par Durandet....
à titre perso, je n'ai pas encore réussi à me faire une opinion sur ce dossier...
@ Frédéric, à Toulouse c'est : notable donc non coupable...
Rédigé par : CAL81 | 10/03/2010 à 08h18
D'après un proche de J. Viguier, M. Durandet était allé voir le prêtre de la paroisse peu après la disparition. C'est normal de s'inquiéter mais de là à aller voir un prêtre, c'est vraiment faire le tour des notables pour montrer que l'on s'inquiète.
Rédigé par : Paris | 10/03/2010 à 10h45