Procès Viguier: le témoin de l'accusation lui-même suspect d'un tas de choses
JUSTICE. En deuxième semaine, le témoin numéro un de l'accusation dans le procès Viguier qui se déroule devant la cour d'appel à Albi devient lui-même suspect d'un tas de chose. D'avoir cherché à tordre la vérité pour faire de ce professeur de droit le coupable à tout prix de la disparition de sa femme, entre autres.
L'Agence France Presse rapporte que cet amant de Suzy Viguier, Olivier Durandet a été vu à Albi ces derniers jours en grande discussion avec les autres témoins du procès. Alors qu'aucun témoin n'a le droit d'entrer en contact avec d'autres témoins avant sa propre audition.
Quelques écoutes téléphoniques entendues à l'audience le font déjà apparaître comme conseillant ces témoins sur ce qu'il fallait dire ou ne pas dire aux enquêteurs en 2000, après la disparition de Suzy:
Il tentait ainsi de convaincre un baby-sitter de ne pas évoquer le goût de l'accusé pour le footing, histoire de ne pas alimenter ce qui servait déjà d'alibi à l'accusé en question.
De la même façon, il demandait à un couple de ne pas mentionner à ces mêmes enquêteurs la visite d'un «mec pas très, très net» chez Suzy, certainement pour que leur attention se concentre bien sur son suspect préféré.
Ledit couple qui accable l'universitaire toulousain pourrait être considéré comme «coupable de subornation de témoin» à la demande d'Olivier Durandet, plaide l'avocat de la défense Dupond-Moretti.
Les zones d'ombre ne manquent pas qui ne jouent pas toutes à l'avantage de Jacques Viguier. Mais ce que révèle jusqu'à ce jour ce procès est l'acharnement à faire du professeur de droit le responsable de la disparition de sa femme..
L'audition par la cour le 15 mars du témoin Durandet promet tout sauf d'être ennuyeuse.
GLv.


Ce qui apparaît aujourd'hui, outre le fait que c'est le même président qui juge et le même avocat général qui plaide les intérêts de la société, c'est le parallèle qui peut être fait avec Daniel Massé.
En effet, l'instruction du dossier Massé était conduite par certains des témoins qui en arrivaient à diriger l'enquête et conduire les enquêteurs sur certains éléments.
Aujourd'hui il apparaît clairement que ces éléments justement avaient été mis là exprès pour accuser M. Massé et détourner l'enquête des véritables auteurs du colis piégé.
Aujourd'hui, ce qui se passe pour M. Viguier, doit se passer aussi pour M. Massé et l'enquête aurait dû être reprise avec le dépôt d'une requête en révision. Mais pour l'instant l'administration judiciaire s'y refuse et attend sans doute que la CEDH condamne la France et le lui ordonne. Est-ce de bonne politique ?
Rédigé par : Villarceaux | 09/03/2010 à 13h52