Viguier: les conjectures qui accablent, les hypothèses qui sauvent
ASSISES. Et maintenant les experts psy qui viennent conclure à la barre de la cour d'assises en appel du Tarn que la «brillante intelligence» du professeur Jacques Viguier n'est pas incompatible avec le fait qu'il ait pu tuer sa femme...
En début de semaine, c'est l'amant de Suzy Viguier, Olivier Durandet qui a échappé à toutes les insinuations de la défense. Laquelle ferait bien de lui le coupable que son client ne peut, bien entendu, pas être.
Puis est venu témoigner le méchant commissaire Robert Saby qui, selon la défense, se serait acharné à faire de Jacques Viguier un coupable à tout prix. Au contraire de sa prestation lors des premières assises à Toulouse en avril 2009, le méchant commissaire a pu apparaître à Albi comme pas si méchant que ça.
Mais sauf une somme de faits troublants, d'éléments qui convergent à la culpabilité de Jacques Viguier, l'accusation ne dispose d'aucun scénario qui tienne pour expliquer comment le prof de droit aurait pu occire son épouse et faire disparaître son corps en un rien de temps et à l'insu de tous.
L'accusation en est réduite aux conjectures. La défense, elle au moins, propose un scénario:
M°Eric Dupond-Moretti ne lâche pas l'hypothèse selon laquelle Olivier Durandet serait le coupable de la disparition de Suzy. Á son secours, l'avocat de la mère de la disparue, M° Laurent de Caunes insinue que cet amant aurait pu, après le meurtre, ramener le sac de Suzy et ses clefs de la maison, rue des Corbières à Toulouse afin de faire croire qu'elle n'en était jamais sorti, sinon du fait de son mari. Dupond-Moretti pense même tenir la preuve que Durandet a eu ce sac en sa possession.
Les écoutes téléphonique faisant foi, Durandet y aurait trouvé l'agenda téléphonique de Suzy et croyant appeler un baby-sitter des enfants Viguier est finalement tombé sur des connaissances de Suzy, les Grasser, qu'il ne connaissait lui-même pas, lesquels Grasser ignoraient tout de lui. «Vous avez dans votre agenda le numéro des parents d'une personne dont vous ne savez rien et qui elle-même ne sait pas qui vous êtes?» demande l'avocat aux parties accusatrices.
Au gentil commissaire Robert Saby qui fait part à la cour de son «intime conviction», le même avocat lance un «vous, vous avez la charge de la preuve. Il n'y a que moi, ici, qui puisse émettre des hypothèses». Il ne s'en prive pas.
GLv.


Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Petit rappel : le commissaire Saby fut aussi chargé d'une partie de l'enquête sur la catastrophe d’AZF.
Au printemps 2009 le procès de ce désastre était en cours lorsque celui de l’affaire Viguier s’est ouvert. C’est ainsi que nous avons successivement entendu ce témoin de la police judiciaire, à la barre du tribunal correctionnel et de la cour d’assises de Toulouse.
Hors le fait que le commissaire Saby se soit fait surprendre en train de tricher pendant le procès AZF (...) (voir : http://blogazf.ladepeche.com/index.php?2009/03/24/1940-la-defense-vide-son-sac ), le policier donna un aperçu assez cocasse de sa façon de mener ses enquêtes, à charge et sans preuves.
Deux exemples :
- Alors que le premier rapport des experts judiciaires daté du 28 septembre 2001 fait déjà état de la piste du chlore finalement retenue par l’instruction, et alors qu’un autre expert de la CRAM se rend et fait des prélèvements quelques jours plus tard dans le hangar 335 où le mélange incompatible se serait produit, ce n’est que fin novembre 2001, soit deux mois plus tard, que les fins limiers de la PJ perquisitionnent à leur tour le fumeux hangar.
A la barre du tribunal correctionnel, Robert Saby explique qu’il n’eut vent de cette piste qu’à ce moment là … de la bouche d’un employé de l’usine dont il aurait oublié le nom!
On croit rêver sachant que le commissaire dirigeait la ‘cellule constatations’, c’est à dire l’équipe omniprésente sur le site de l’usine. De ce fait, il était en contact régulier, voire permanent avec les experts judiciaires ; cherchez l’erreur.
- Sans entrer dans des détails trop fastidieux a exposer ici, il est bon de rappeler aussi que la couleur des inscriptions imprimées sur les sacs d’engrais de l’usine est d’une importance capitale pour l’accusation. Or cette dernière a toujours affirmé que c’était le vert, uniquement le vert. Un point que le commissaire Saby n’a jamais démenti. Pourtant, pas moins de quatre journalistes, qui n’ont pourtant passé que quelques dizaines de minutes sur le site quelques heures après les faits, on vu et photographié des sacs imprimés à l’encre noire …Il y en avait près d’un millier, dispersés sur le sol, accrochés aux câbles électriques, mais le commissaire n’en a vu aucun (Voir : http://moreas.blog.lemonde.fr/category/proces-azf/ ).
C’est ainsi qu’une hypothèse judiciaire a pu prendre corps, sans preuve, et conduire à la relaxe générale au bénéfice du doute ; un fiasco judiciaire insupportable pour les victimes.
Partant de là, certains observateurs toulousains ne s’étonnent plus de rien venant des limiers de la PJ.
Leur comportement cavalier avec les proches de Viguier fut du même bois que celui qu’ils adoptèrent avec bon nombre d’employés d’AZF ( Voir : http://moreas.blog.lemonde.fr/proces-azf-suite-de-la-chronique-11/ ).
Leurs certitudes, fondées sur l’intime conviction, firent fi des preuves indiscutables. Alors on nous ressort en boucle un fait accablant pour Viguier :
Son ADN a été retrouvé mêlé à celui de sa femme …dans leur propre maison ; la belle affaire !
Comme le chantait ‘un certain’ : ‘Faut-il pleurer, faut-il en rire ? … Je n’ai pas le cœur à le dire…’(...)
(Extraits)
Rédigé par : Bastien31000 | 17/03/2010 à 21h28
Il est incompréhensible de sous entendu cetb article.
Rédigé par : Luc | 17/03/2010 à 23h30
merci Bastien31000 pour ces éclairages.
cette enquête semble avoir été menée de manière plutôt suprenante, pour ne pas dire totalement illogique, et sans le moindre soupçon d'objectivité.
un commissaire n'est pas là pour agir selon ses intimes convictions,ça, c'est réservé aux juges et jurés, mais bien pour suivre toutes les pistes possibles, n'en déplaise à l'auteur de cet article.
Rédigé par : laglu | 18/03/2010 à 03h04
j'ai l'impression que ce commissaire à le QI d'une huitre.
Rédigé par : zérozaza | 18/03/2010 à 08h37
De toute évidence Bastien31000 connait bien le dossier et le déroulement du procès AZF. Même si l'on reste relativement extérieur au procès Viguier le parallèle que l'on peut faire entre les deux affaires et concernant plus particulièrement le commissaire Saby est accablant pour lui (pour le com.Malon ce n'est guère mieux..). Lors du procès AZF sa déposition avait révolté les nombreux salariés présents dans la salle d'audience. Il nous avait décrit, sous serment, une situation totalement différente de celle qu'ils avaient dramatiquement vécue. Le mensonge était permanent, les prétentions insupportables, les suspicions infondées, orientées et sans doute même longuement préparées. Bastien31000 en rappelle deux absolument évidentes. Si l'on ajoute à tout cela les fantasmes de certains experts les déçus du jugement de relaxe n'auraient jamais dû en être surpris..
Rédigé par : jm31 | 18/03/2010 à 09h18
J'adresse toute ma plus grande symptathie à Maître Jacques VIGUIER, mes sincères félicitations à Maître DUPONT MORETTI, et Maître LEVY, mes remerciements aux Jurés qui ont su faire preuve d'une grande sagesse et d'une infinie intelligence face à une accusation terrible sans preuves, sans aveux et surtout sans corps. Justice est enfin rendue, que Jacques VIGUIER retrouve enfin sérénité auprès des siens, il est vrai qu'une partie de sa vie a été bafouée, trainée dans des immondices inommables, tout cela perpétré par un sieur DURANDET, à qui je n'adresse qu'un profond mépris. Jacques, permettez moi de vous appeler par votre prénom, Courage, tout ce qui ne tue pas rend plus fort, alors haut les coeurs, vous méritez une vie merveilleuse avec vos proches et surtout vous enfants qui vous ont toujours soutenu, je suis vraiment ravie de la décision rendue aujourd'hui qui confirme celle d'avril 2009. J'ai toujours eu le sentiment que vous étiez victime d'une cabale monstrueuse, je me félicite de ne pas m'être fourvoyée. Si d'aventure je pouvais vous croiser sur TOULOUSE, et si vous le permettiez, je me ferai une immense joie de vous congratuler vous le méritez tant...Bravo pour votre courage et votre persévérance. Je vous embrasse, une inconditionnelle admiratrice. Jo.
Rédigé par : Josette PAYRY | 20/03/2010 à 20h22