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Le kiosque à musiques

17/04/2010

Le projet de Mix Art Myrys à la Cartoucherie: autre chose qu'un «zoo d'artistes»

Visu. place copie
CULTURE. 
Posé depuis cinq ans dans un hangar du quartier des Minimes loué par la ville de Toulouse, le collectif Mix Arts Myrys, labélisé Nouveau Territoire de l’Art par le Ministère de la Culture, attend toujours son installation définitive. C’est la raison pour laquelle ses membres viennent de déposer un projet de réhabilitation de l’ancienne Cartoucherie du Giat Industries située au cœur du futur éco-quartier de Toulouse, avenue de Grande Bretagne.

La démarche va dans le sens de la Mairie de Toulouse qui veut ancrer ledit quartier autour d’un projet culturel fort. Rien n’est fait pour autant car Pierre Cohen, comme il l’a indiqué à Libetoulouse, veut «donner la priorité de cette installation à la Machine», une compagnie nantaise connue pour ses mécaniques géantes et ses constructions de décors monumentaux notamment pour le Royal de Luxe.

«Les deux projets peuvent être complémentaires», estime Joël Lecussan, le coordinateur de Mix Arts qui rappelle au passage que «si rien ne bouge d’ici septembre 2010, la communauté urbaine du Grand Toulouse devra honorer le bail du hangar des Minimes d'un loyer annuel de 150 000 euros jusqu’en 2014». Entretien:

Le projet de l'avenue de Grande Bretagne. Photo: Mix Art Myrys

LibeToulouse : Pourquoi le collectif Mix Art Myrys tient-il à déménager?

Joël Lecussan : Avec une enveloppe limitée à 120.000 euros, nous avons transformé les 4200 m2 de hangars de la rue Ferdinand Lassalle en ateliers. Ces aménagements, basés sur la récup' et l’auto construction, ont permis de créer des conditions de travail et d’accueil du public, mais qui ne sont cependant pas aux normes. Résultat: nous sommes toujours dans l’illégalité. La nouvelle équipe municipale de Pierre Cohen (PS) s’est engagée à trouver une solution pérenne pour Mix Arts. Trois pistes ont été évoquées: la prison Saint Michel,la zone autour de la future gare TGV et enfin l’ancienne Cartoucherie du Giat.

Pourquoi ce dernier lieu de l’avenue de Grande Bretagne vous inspire-t-il particulièrement?

Joël Lecussan : La Cartoucherie est intéressante pour son architecture et sa mémoire industrielle. L’expérience nous a appris qu’il se passe quelque chose de plus dans ce genre d’endroit. On ne crée pas de la même façon dans une ancienne usine imprégnée de la notion de production jusque dans ses volumes. Cela permet aussi de provoquer une relation particulière avec les habitants pour qui ces lieux ouvriers sont empreints de tranches de vie. De plus la réhabilitation de la Cartoucherie s’inscrit dans la création d’un nouveau quartier dans lequel nous avons un rôle à jouer en matière de droits culturels, de diversité et d’interaction entre les habitants. 

Quel en serait l’aménagement?

Joël Lecussan : Ce ne sera pas un zoo d’artistes. Nous avons imaginé un lieu organique et modulable où les ateliers des plasticiens, de musique, d’audio visuel, de spectacle vivant, et de construction sont traversés par une rue intérieure ouverte au public. L’agencement intérieur ne sera pas  figé: il y a des tours ateliers mobiles et transparentes et des cloisons végétales qui permettent de moduler les espaces de création et de représentation selon les besoins. Il y aura aussi une place avec des fours à pains où les artistes et les habitants du quartier pourront se retrouver autour de leur utilisation. Mix arts ce n’est pas seulement une offre culturelle. Ce sont aussi des dynamiques entre public et artistes.

Que pensez-vous de la réhabilitation de la prison Saint-Michel en lieu de création artistique?

Joël Lecussan : Cette symbolique douteuse consistant à transformer un milieu carcéral en lieu ouvert d’art et de culture relève plus d’un coup de communication que d’un véritable projet culturel.

Propos recueillis par Jean Manuel ESCARNOT

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Commentaires

Répondant récemment à une enquête sur "artistes du spectacles vivants, comment vivez-vous les évolutions de votre pratique artistique?", je répondais que je faisais "plutôt confiance, pour l'avenir des métiers artistiques" à des lieux style Nouveau Territoire de l'Art; Mix'Art en est un, mais est bien plus que cela : c'est un endroit où on peut se déterritorialiser ! Alors longue, grande et riche vie à Mix'Art Myrys !

je suis allée aux dernières portes ouvertes de mixart et je dois dire que j'ai été agréablement surprise. De pouvoir discuter avec les artistes sur leur lieu de travail était vraiment très intéressant.
L'expo et le vernissage étaient très réussis,
bref un bon moment.
je leur souhaite de pouvoir s'installer comme ils le souhaitent!

La Machine à l'ancienne Cartoucherie? Tiens donc! Mais, si je ne me trompe, ils sont déjà à l'Usine... non?
Et, pourquoi ne pas permettre à MixArt Myrys d'être dans un lieu légal! Enfin!
Il me semble que dire qu'ils font partie du paysage culturel toulousain est... évident. Je crois que ce serait une erreur de l'oublier!

Ce nouveau lieu serait à la mesure du potentiel culturel, alternatif et associatif de Mix'Art Myrys.
Une véritable prise en considération aussi du public toulousain qui ne manquera pas de se retrouver dans l'authenticité du lieu et la diversité de la programmation.
Tout comme à l'ancienne préfecture- la légalisation et la sérénité qu'elle apporte- en plus.
Bonne chance à eux.

Sincèrement, je ne crois pas que Toulouse ait besoin d'un autre projet (La Machine) pseudo-culturel d'un gigantisme égomaniaque venant de Rennes. C'est peut etre un syndrome de notre temps mais je trouve que l'art devrait pouvoir s'inscrire au delà de ça !

Le collectif Mix'art , par contre, aurait bien besoin d'une exposition et d'une reconnaissance bien méritée après 13 ans de lutte pour l'Art populaire et le dialogue de proximité.

Une alternative et/ou une complémentarité tout près du Zénith pour tous les portefeuilles ( ).
A bon entendeur !

je pense que mix'art a un parcours de vie marqué par la caducité immédiate de la nouveauté dans l'art et peut avoir une attitude permettant d'endosser la prégnance absolue du contexte socio-historique, ce qui me pousse a penser qu'il a toute sa place a l'ancienne cartoucherie, d'où il pourrait passer un vibrant appel au partage a travers l'intolérance a l'invariance de l'exclusion culturelle.

La Mairie de Toulouse aurait officiellement lancé un appel d'offre Culturel sur le Site de la Cartoucherie? Sinon, à quoi répond Mix Arts?

Comment se fait-il que personne ne soit au courant?

Serions-nous encore sous une république bananière? Construite de petits arrangements "entres amis"?
Cette information est-elle officielle? Ou est-ce faire du Buzz avec du Vent?

L'opiniatreté de Myrys devrait à mon sens être récompensée : le collectif a fait ses preuves, pourquoi le laisser à la marge ?
Pourquoi aller chercher ailleurs au lieu d'encourager les artistes locaux en leur donnant enfin les moyens de déployer leurs ailes dans un lieu digne de leurs talents ?

Que ce soit mairie de droite ou mairie de gauche, pour Mix Arts Myris, c'est toujours le même tube de vaseline en cadeau....
La Machine à la Cartoucherie, pfff... Ils sont fatiguants, à la Mairie....

Le retour de La Machine à Toulouse, quand les Nantais commencent à se fatiguer... la Mairie a 10 ans de retard en matière de culture ! Alors que cela fait 15 ans que Mix'Art se bagarre pour dynamiser la création artistique sous toutes ses formes et rendre la culture accessible au plus grand nombre. Toulouse ne saura donc jamais reconnaitre ses meilleurs atouts ?

Mix art Myrys nous a accueilli bienveillamment plusieurs fois depuis deux ans; à chaque fois nous pouvions travailler en confiance, dans un climat de curiosité mutuelle, en s'adaptant les uns au fonctionnement des autres; spontanément des idées circulaient et les actions qui en découlaient se faisaient de manière très simple . C'est un lieu qui sert de soupape , d'ateliers de travail (l'atelier de soudure et de metal est signe d'une masse de travaux et d'envies impressionantes), de salle de concert, c'est un lieu unique qui permet des travaux en commun avec des gens au savoir faire très différents et qui garde une curiosité essentielle pour toutes choses à faire .Ce lieu doit continuer à faire circuler des forces, des besoins , des envies; après avoir eu une vie persistante dans deux lieux différents, Mix art Myrys doit absolument continuer à développer son expérience originale et nécéssaire à l'heure où l'on se rend bien compte de la stérilité de trop de specialisations.
Fantazio.

En tant qu'habitante du quartier de purpan et mère de 3 enfants, un projet comme celui la ne pourrait être qu'une bouffée d'air pur et de créativité. En effet on a peu l'occasion de rencontrer des artistes en pleine création et ainsi mieux comprendre le processus qui engendre l'oeuvre, d'autant plus si différentes disciplines artistiques y sont représentées! Le musée, les galeries c'est bien , mais tellement impersonnel...Merci par avance à nos politiques de se tourner vers se genre d'initiatives qui remettent du lien et de la vie dans nos quartiers.

Bobos bien pensants de tous poils je ne vous souhaite pas d'être voisins de Mix Art. Mix Art c'est avant tout une sorte de décharge au pied de vos fenêtres et surtout des concerts de musique de merde presque tous les we jusqu'à deux ou trois heures du mat. Vous voulez dormir ? Allez vous faire voir c'est de l'art, c'est super rigolo c'est l'art qui vient chez vous. Avec son lot de bouteilles de bière ,de gobelets plastiques, de graffitis parfois... le lendemain dans la rue. Aller expliquer que MixArt est intégré à la vie du quartier c'est du terrorisme intellectuel. Ils intéressent autant "le quartier" que la prison St Michel lors des journées du patrimoine. Et pour ce qui est de se préoccuper du voisinage, quand vous allez leur demander de baisser le volume le soir des concerts de "bruitisme" ou autre dub à bière, on vous répond qu'ils sont sur l'emplacement d'une ancienne usine, que donc ils étaient là avant les résidences du quartier et ont la légitimité à faire du bruit ! Demandez s'ils ont une autorisation pour faire çà : ils s'en moquent et vous expliquent qu'ils aimeraient même concurrencer le Bikini. Y'en a marre que vous présentiez ces gens comme de gentils artistes plasticiens, aujourd'hui la plupart de leur manisfestations sont "musicales" et nocturnes, dans des hangars sans norme de sécurité ni accoustique. Qu'ils dégagent, çà fera plaisir au voisinage...et si en plus la Com Urbaine peut économiser 150 000 euros par an çà soulagera le contribuable local également.

Mixart propose des espaces de créations et de diffusions pour toutes formes de projets artistiques, c'est un lieu ouvert aux initiatives et au porteurs d'idées.
Bon nombre de créations artistiques réussissent à naitre et à perdurer grâce à ce collectif,
Besoin d'un espace pour peindre, d'un endroit pour répéter,  d'une compétence artistique, il est possible que vous trouviez une ouverture à Mixart.
Bien sur Mixart est à l'égal de notre monde, il ressemble à un vaste bordel, avec ces inégalités et ces carences, si le parking ressemble à une déchèterie, c'est qu'il est difficile de trouver des endroits qui acceptent de recycler les déchets issue des productions artistiques comme les résines, le bois enduit, les plastiques sans compter les gens de l'extérieur qui viennent régulièrement vider leur encombrants sur le parking.
Ça fait quinze ans maintenant que Mixart propose des actions artistiques avec les moyens du bord, dans des locaux pas aux normes du sol au plafond.
Rien n'est viable: le plafond est en fibre amiante, le bâtiment est impossible à isoler du chaud comme du froid, l'électricité elle aussi hors norme ... Il est sur qu'au prix que cela coûte Mixart devrait déménager dans un lieu viable par respect des normes, des artistes, des spectateurs, des visiteurs et des voisins.

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