Grenelle de l'environnement: «la stratégie de la courbette»
TRIBUNE. Trop de courbettes devant la «vieille France» des «vieilles énergies»... La conclusion de l'association Planète éolienne est féroce: au bout du compte, le Grenelle de l'Environnement ne servira à rien. Ni à limiter les constructions d'autoroutes ou la surconsommation d'engrais, ni à desserrer «l'étranglement méthodique des énergies renouvelables».
C'est sans illusion que le Toulousain porte-parole de l'association en question se prépare à l'ouverture à l'Assemblée Nationale, demain mardi 4 mai, du débat sur la loi d'application de ce Grenelle. Le bébé écologique qui en est sorti aurait pu être «acte politique majeur», écrit encore Benoît Praderie. Il est plutôt, selon lui, en train de se noyer dans un bain de vinaigre.
La faute à l'absence de volonté, «la vacance politique au plus haut sommet de l'État» qu'il épingle comme une «stratégie de pleutres». «Pauvre Nicolas, Hulot, pauvre pacte écologique!» poursuit le Toulousain. Qui en est réduit à espérer que les contestataires soient «très nombreux» à manifester leur désappointement ce mardi devant le palais Bourbon.
La tribune de Benoît Praderie intitulée «La stratégie de la courbette»:
«Demain à l’Assemblée Nationale, s’ouvrira le débat sur la loi d’application du Grenelle del’environnement. D’une clairvoyance remarquablement saluée lorsqu’il fut lancé, le Grenelle aurait pu devenir l’acte politique majeur du quinquennat du président Sarkozy. Celui d’une rupture réelle et d’un élan salutaire, celui du respect des générations futures et d’une certaine hauteur de vue. Las.
Petit à petit, le «bébé» fut négligé et l’eau du bain se transforma en vinaigre. Les apôtres du «business as usual» reprenaient la main, détricotant le consensus, grignotant filière par filière les avancées environnementales souhaitées. Quand il y a à grignoter, c’est que le pouvoir politique est désœuvré, voire gagné par les «chinoiseries». La courbette devant le président chinois Hu Jintao n’est malheureusement pas un acte manqué. Il y a eu préalablement la courbette devant les anti‐éoliens, la courbette devant le lobby de la construction, la courbette devant le lobby agricole, la courbette devant le pouvoir nucléaire, la courbette devant la finance internationale, etc. Trop de courbettes ne permettent pas, à l’évidence, de garder la tête haute. Schizonévrose d’une France «qui se couche» à la moindre brise, inapte à mettre en œuvre la politique d’avenir et de progrès qu’elle a pourtant tracée dans un certain fracas médiatique.
Après plus de deux années de débat, le Grenelle tel qu’il sera présenté demain, ne fera finalement rien pour limiter la construction d’autoroutes et d’aéroports, la surconsommation d’engrais, les impacts des poids‐lourds ou l'étranglement méthodique des énergies renouvelables. La dynamique du Grenelle est enterrée. De l’espoir suscité, il ne reste que des oripeaux.
On aimerait croire que la vieille France des vieilles énergies joue là son dernier round face à la jeune France des nouvelles énergies. Finalement, tout cela ne serait qu’un banal conflit de générations? C’est bien plus symbolique que cela. Cela pourrait simplement traduire la crainte que la part des nouvelles énergies arrive à un point où la question de l’utilité même du nucléaire se pose. Le risque d’impasse technologique existe donc. Pourquoi n’est-il pas débattu? Même si cela n’est pas notre propos, force est de constater qu’il existe aujourd’hui un seul pays au monde pour envisager un moratoire sur l’énergie éolienne, alors que des dizaines d’autres pays ont plutôt préféré un moratoire sur le nucléaire.
Aveuglement? La vacance politique au plus haut sommet de l’État est ainsi atterrante, dangereuse et pitoyable. Atterrante car elle révèle au grand jour que les questions de changement climatique n’ont jamais été prises au sérieux par ce gouvernement. Pauvre Nicolas Hulot! Pauvre «Pacte écologique»! Dangereuse car elle ridiculise et décrédibilise la France sur la scène internationale où la fatigue gagne quant à nos vertes saillies, nos écolorodomontades et autres «gasCo2nnades». Pitoyable enfin, car la stratégie de la courbette fait résonner de biens mauvais souvenirs de notre histoire. Quand on perd ses repères, les petits arrangements et les combines reprennent le dessus.
Demain après‐midi se rassembleront devant le Palais Bourbon, de très nombreux contestataires à cette stratégie de pleutres, invités par de nombreuses associations traversant tout le tissu socio‐économique national. Le Grenelle n’est ni de droite, ni de gauche, il est à la France. Il est à l’Europe. Mesdames et Messieurs les Députés, soyez à la hauteur du défi! Sachez cependant que nous ne baisserons pas les bras et que nous serons inévitablement de plus en plus nombreux.»Planète Éolienne.


Comment ne pas approuver ce triste constat ?
Comment ne pas condamner cette façon de faire de la politique : présenter comme vitales des mesures sur l'environnement, pour ensuite les démolir les unes après les autres ?
Rédigé par : philip | 03/05/2010 à 17h05
Le problème n'est pas vraiment de soutenir ou non le nucléaire. Tout le monde sait que le nucléaire actuel pose le problème du retraitement des déchets. Mais tout le monde connaît aussi la nécessité d'avoir de l'énergie, on ne reviendra pas à Néanderthal !
Où en est-on pour les autres sources d'énergie ?
De plus en plus revient à la mode le chauffage au bois : en dehors des suites de tempêtes où des arbres sont tombés qu'il vaut mieux utiliser, je vous rappelle que cela dégage du CO2, plus encore que le fuel à énergie fournie égale.
Les éoliennes ? Elles ne sont pas éternelles, loin de là. Elles font du bruit, éloignent les oiseaux, et ne fonctionnent que lorsque les vents conviennent. Elles ne peuvent donc être installées n'importe où, et, quand il faut les remplacer, que fera-t-on des traces d'implantation des anciennes ? Les générations suivantes se débrouilleront ?
Les panneaux solaires photovoltaïques : trés bien pour des toitures bien exposées, et les autres ? Quant aux "champs" de panneaux solaires, pourrait-on se rappeler que la population augmente et qu'il ne faut peut-être pas détruire les terrains cultivables...
Au fait, pourquoi, lors des dernières régionales, dans le sud-est, a-t-il fallu renoncer à la construction de ce réacteur nucléaire expérimentant la fusion nucléaire qui avait pour but de ne pas avoir de déchets de longue durée ? N'importe qui serait-il plus apte à proposer des solutions d'énergie que des chercheurs scientifiques ???
Une scientifique qui réfléchit...
Rédigé par : Bonzon | 03/05/2010 à 18h27
OK avec Bonzon faisons confiance aux scientifiques pour qu'ils mettent au point un nucléaire qui transforme ses propres déchets en énergie. Je suis pour les éoliennes mais s'ils m'en foutent une devant mes fenêtres je monte un comité pour la faire déménager. J'habite à quelques kilomètres de Golfech et je suis sous les vents dominants. Ca va bien merci.
Rédigé par : fabienne | 03/05/2010 à 18h51
Non à l'implantation d'éoliennes qui détruisent la santé, le cadre de vie, pour le plus grand bénéfice de promoteurs le plus souvent sans scrupules.
Rédigé par: Henri | 03/05/2010 à 19h20
Rédigé par : Henri | 03/05/2010 à 19h21
Non aux éoliennes.
Rédigé par : Henri | 03/05/2010 à 19h22
On avait compris, Henri.
Rédigé par : pro eole | 03/05/2010 à 19h42
De même que selon un vieux dicton il vaut encore mieux entendre certaines choses plutôt que d'être sourd, de même il vaut mieux lire certaines choses plutôt que d'être aveugle...
Par exemple, et au sujet d'un commentaire en réaction à cette tribune : "Elles [les éoliennes] ne peuvent donc être installées n'importe où, et, quand il faut les remplacer, que fera-t-on des traces d'implantation des anciennes ? Les générations suivantes se débrouilleront ?"
Il faut quand même le faire. Présenter les éoliennes comme quelque chose qui posera un problème aux générations futures, après avoir implicitement affirmé le caractère inévitable du recours à l'énergie nucléaire...
Dans 10 000 ans les "générations futures" seront encore en train de payer l'électricité nucléaire que nous consommons aujourd'hui, par le biais de devoir se prémunir contre des déchets dont la période de vie se compte, pour certains, en millions d'années.
Si on avait imposé aux installations nucléaires la même contrainte qu'on s'apprête à imposer aux éoliennes : intégrer dès le départ le coût du démantèlement futur - et si on avait fait cela sur la base d'un calcul tout simplement honnête et réaliste - la conclusion se serait imposée d'elle-même : il n'y aurait pas eu de centrales nucléaires. Une fois de plus, nos fameuses "générations futures" seront encore dans des milliers d'années en train de se prémunir à grands frais contre les déchets produits aujourd'hui dans des centrales qui ont une durée de vie de 20, 30 ou 50 ans : dérisoire, par rapport au temps sur lequel s'étaleront les conséquences.
Rédigé par : Max | 03/05/2010 à 20h11
Alors nous avons le choix, du tout scientifique qui nous a pourri la planete et qui va la sauver à l'homme de cromagnon...
Au secour... Il y a une vioe alternative simple, celle de la prise de conscience individuelle qui consomme moins et mieux, de meilleur qualité donc plus chere et tout et tout. Mais nos politiques n'en veulent pas... Car le pas chere jetable est plus rentable. Alors nous alons mourir, peut importe le nucleaire, c'est un probleme mineur face à ce qui nous attend
Rédigé par : Pichouz | 03/05/2010 à 20h11
Tout de même, ces éoliennes ne sont pas bien jolies (allez voir Avignonet-Lauragais maintenant !).
Et puis, il me semble qu'il y a un certain nombre de coups financiers montés par des gens qui ne sont pas forcément écolos.
Donc des éoliennes, oui, mais pas n'importe où ni n'importe comment.
Rédigé par : Jean-Marc | 03/05/2010 à 20h38
En finir, une bonne fois pour toute avec ces moulins à vent, horribles, bruyants....et qui nous coûtent plus qu'ils ne rapportent.
Heureusement que nous avons nos centrales nucléaires car lorsque le vent tombe. On fait quoi ? On rallume nos centrales à charbon, comme en Allemagne.
Rédigé par : don quichotte | 03/05/2010 à 20h47
Juste une idée:
des éoliennes installées par ASF en bordure d'autoroute entre Toulouse et Narbonne-Plage.
- Le paysage est déjà défiguré.
-Y'a souvent du Vent d'Autan.
- Y'a déjà la pollution sonore.
ça gène plus grand monde ?
Que font les actionnaires ?
Rédigé par : EFEL | 03/05/2010 à 21h08
En effet la courgette bio dans le cul ça doit pas faire du bien ! Heureusement qu'il en existe en suppositoire sur le marché, la pilule passe mieux dans le fond et dans le fion...
Rédigé par : zérozaza | 03/05/2010 à 21h17
Fabienne quand vous avez brûlé deux boulets de charbon ,vous pouvez toujours tirer un bon pris sur le marché international. Les cendres de carbone sont activement recherché comme des terroristes talibans .
Par contre pour la barre d'uranium usagé à part vous faire bronzer la raie des fesses pendant des millénaires ,vous n'en tirerez pas grand chose si ce n'est qu'une leucémie carabinée à court terme.
Rédigé par : zérozaza | 03/05/2010 à 22h10
à choisir, des éoliennes ou une centrale nucléaire et seS DECHETS pour nos enfants ?
pour moi le choix est fait.
ça tue les oiseaux ? pas ta voiture ?
je trouve ça beau en plus une éolienne.
Rédigé par : didounette03 | 04/05/2010 à 06h34
C'est vrai, EFEL a raison : pourquoi ne pas les mettre en grand nombre près de l'autoroute (il y en a déjà quelques une qui ne sont pas mal du tout) là où il n'y a pas de village à proximité et où le vent souffle à décorner les boeufs ?
Pourquoi s'obstiner à en mettre, en revanche, là où il y a de jolis sites ?
J'ai entendu avec tristesse un monsieur dire tout à l'heure que ceux qui critiquaient les éoliennes appartenaient à la France des châteaux. Je n'ai pas de château, j'aime les énergies renouvelables, je pense qu'il y a des lieux déjà défigurés où les éoliennes ne feront que du bien, mais pourquoi en foutre dans la montagne du Tarn, un des rares endroits qui a échappé à l'enlaidissement moderne, où il n'y a ni autoroutes, ni centrales nucléaires ?
Rédigé par : Jean-Marc | 04/05/2010 à 11h52