Autoroute Castres-Toulouse : la bataille politique de l'été
ÉCO-TERRE. Le Collectif RN126 opposé à la construction de l'autoroute Castres-Toulouse telle qu'annoncée le 25 juin par le ministre de l'Écologie est décidé à ne pas laisser passer ce qu'il considère comme une énormité environnementale à la faveur des torpeurs de l'été.
Les élus Midi-Pyrénéens d'Europe Écologie ont déjà fait savoir qu'ils ne céderaient rien sur cette affaire. Il en irait même de leurs bonnes relations avec le président Martin Malvy et son parti si les socialistes ne choisissait pas de refuser cette solution à 335 millions d'euros plus les subventions d'équilibre.
Le danger politique pour les opposants à l'autoroute vient en effet d'abord de la gauche. Les élus tarnais, PS pour l'essentiel, pouvaient avoir quelque pudeur à repousser une liaison Castres-Toulouse par voie rapide à Toulouse qu'ils appellent de leurs vœux depuis 30 ans:
Que le Conseil Général du Tarn et son président socialiste ait fait le choix de la solution écologiste d'un aménagement de l'actuelle route nationale pour un montant de 100 millions d'euros n'est selon eux pas la moindre des petites victoires.
Dans la bataille politique estivale qui se profile, et face au «lobby autoroutier» représenté selon les écologistes par la Chambre de Commerce de Castres-Mazamet et l'industriel Pierre Fabre, le collectif RN126 s'emploie donc à recenser sur son site toutes les forces rangées de leur coté.
Les écologistes expliquaient déjà que l'autoroute ne ferait gagner qu'un dizaine de minutes sur cet axe comparé à une nationale aménagée telle qu'ils le souhaitent (voir Libetoulouse au 30/06/10). Pour finir de plomber le projet, le collectif RN126 avance «qu'il y aurait seulement 2600 véhicules/jour circulant de Castres à Toulouse, au total dans les 2 sens, pour l'incroyable somme d'1/2 milliard € qu'il faudrait maintenant trouver.»
En ces temps de rigueur, l'argument financier n'est pas la moindre des cartouches. Laquelle des deux parties, tenante ou opposante, tirera la prochaine salve ?
GLv.


Ce projet sera un fiasco car il répond à des critères des années 70 ,c'est une aberration économique,un gouffre financier et un scandale écologique ,la saignée dans le "pays de cocagne" est une calamité pour les amis du pays .La démesure l'emporte sur la sobriété
Rédigé par : francis berton | 12/07/2010 à 17h00
Dommage que Libé instruise strictement à charge contre ce projet d'achèvement de la 2x2 voies CASTRES MAZAMET TOULOUSE par concession autoroutière en ne s'appuyant que sur les seuls arguments des nymbistes du périurbain toulousain, des autophobes, et des news- talibécolos de l'ultra gauche. Vous auriez du prendre l'avis de quelques uns de ceux qui revendiquent cette deux fois deux voies.
En m'appuyant sur ce qui a été validé dans le débat public, je me permets quelques mises au points par rapport aux arguments avancés dans l'article :
- A priori, c'est la concession qui sera autoroutière, car le projet aura la géométrie d'une voie express, et pas celle d'une autoroute. La vitesse y sera limitée à 110 Km/h
- Même si personne n'est assez maso pour vouloir une route payante (sauf les sociétés concessionnaires), cet achèvement de la 2x2 voies est revendiqué par de nombreuses associations, des syndicats professionnels et de salariés, des partis politiques de gauche, des conseils de développement des pays sud tarnais, de la montagne et du parc naturel du Haut Languedoc, ainsi qu' une foultitude d'anonymes qui galèrent sur cet itinéraires et comptent les blesses et les morts depuis des décennies.
-Contrairement à ce que prétend une éminente représentante de France Nature Environnement, malheureusement impactée par le tracé, le trafic moyen journalier entre TOULOUSE et le Sud du TARN a été décompté, en 2009, à plus de 7 000 véhicules jours, dont près de 1 000 poids lourds.
- Le temps "gagné", d'environ 20 mn aller et retour, n'est pas ce qui justifie ce projet. L'essentiel, c'est la sécurité, la régularité, l'accessibilité, la compétitivité (hé oui certains la revendiquent encore...) et la cohésion du territoire régional.
- il est remarquable que ce projet ne fasse l'objet d'aucune critique environnementale. Les crapauds Buffalo et les écrevisses à pattes blanche ont du mal à exister dans ce secteur de productions agricoles industrielles.
-Les communes traversée se sont d’ailleurs peu mobilisées contre son tracé, à part quelques effets de manches de rares élus minoritaires qui espèrent cependant un échangeur à proximité.
-Particulièrement bien étudié par les services de l'Etat de plus en plus sensibilisés aux enjeux du développement soutenable, ce projet devrait être un max transparent aux trames vertes et bleu et ménager la biodiversité par des aménagements intelligents. Il va perturber une dizaine d'exploitations agricoles malheureusement déjà menacées par l'étalement urbain toulousain...
- Les plus impactés psychologiquement, ce sont les bobos nourris par l'activité High Tech de la métropole, qui ont retapés de magnifiques Lauragaises et qui se voient rattrapés par une urbanisation pavillonnaire populiste qu'ils ont voulu fuir..
- Enfin, pour ce qui est de la bataille politicienne que vous annoncez, le truculent président du département de la Haute Garonne (concerné par 4km sur 60!) et son compère l'impétrant sénateur du canton du Girou, ragent de voir revenir la Translauragaise et le grand contournement de Toulouse qu'il ont réussi à faire capoter pour protéger leurs fiefs électoraux de Caraman et de Villefranche. Quant aux apprentis élus verts- écolo du conseil régional, ils vont avoir fort à faire avec les 800 millions
d'investissement pour les centaines de Km de 2x2 voies, programmés dans les 5 ans à venir, vers Auch(P.S), Rodez (P.S.), l'Ariège (P.S). Mais c'est vrai que, pour ces élus téméraires, il est politiquement plus indolore de s'agiter contre un projet vital pour l'avenir d'un territoire en mutation industrielle et très internationalisé, mais qui a l'énorme défaut d'être majoritairement contrôlé par la droite et d'avoir élu des parlementaires particulièrement mauvais et fachos.
- Quant aux arguments financier, attendons de voir les résultats de l'appel à concession, en espérant de bonnes surprises sur la subvention d'équilibre, comme ça été le cas sur les dernières concessions autoroutières.
Bonne journée
Rédigé par : Séjourné
Rédigé par : Séjourné | 20/07/2010 à 11h53
Autoroute : C'est OUI !
La décision qui vient d’être prise par l’Etat de réaliser une autoroute entre Toulouse et Castres-Mazamet est une excellente nouvelle.
Elle met un terme aux trop longues décennies au cours desquelles le bassin d’emploi du Sud du Tarn a subi les effets pénalisants de sa mauvaise desserte routière.
Malgré ces contraintes, le territoire a continué de construire son avenir, en mobilisant ses énergies pour faire face à la mutation des industries traditionnelles et ouvrir de nouvelles perspectives de développement.
Il s'est aussi mobilisé massivement pour demander la réalisation d'une infrastructure routière rapide et sûre, indispensable aux entreprises comme à l'ensemble de la population.
Il a enfin été entendu.
La décision prise aujourd’hui fait sauter le verrou que constituait l’absence d’une liaison routière de qualité avec la métropole régionale.
Cela va permettre de libérer les forces économiques locales, de renforcer l’attractivité du territoire et de créer des emplois nouveaux.
Bientôt situé à moins d’une heure de Toulouse, le bassin d’emploi de Castres-Mazamet va pouvoir jouer pleinement son rôle de pôle d’équilibre régional en Midi-Pyrénées.
Par la qualité des équipements et des services qu’il propose à la population et aux entreprises, par son engagement pour une urbanisation responsable, le territoire est prêt à accueillir l’autoroute dans des conditions d’efficacité et d’équilibre cohérentes avec l’exigence de développement durable.
Le Comité de soutien Autoroute 2013, qui s’est engagé sans relâche pour la réalisation de l’autoroute entre Toulouse et Castres-Mazamet, se félicite de voir que la détermination de la population et des forces économiques, ainsi qu’un large consensus politique, ont porté leurs fruits.
Il est plus que jamais mobilisé pour accompagner le projet au fil des nouvelles étapes qu’il reste à franchir
Rédigé par : japy | 21/07/2010 à 09h36
Projet d’autoroute Toulouse - Castres
Le trajet Castres-Toulouse emprunte actuellement la RN 126, en passant notamment par Quint Fonsegrives et Puylaurens. Deux alternatives existent, qui consistent à prendre l’A68 (Autouroute d’Albi) avant de la quitter soit à hauteur de Saint Sulpice pour passer ensuite par Lavaur sur la D630, soit un peu plus tôt pour emprunter une départementale qui rejoint la N126. Ces trois trajets mettent à peu près Castres à 100km de Toulouse, et 1h30 de trajet.
La conséquence directe est que des villes comme Albi ont récupéré de l’activité grâce à un “rapprochement” de Toulouse (grâce à l’A68), alors que Castres de son côté perds de l’activité, et cela ne semble pas aller en s’arrangeant. Le “rapprochement” de Castres par l’aménagement d’un accès plus rapide est donc quasi nécessaire si la zone d’activité de Castres veut être préservée, ce que des sociétés comme Pierre Fabre par exemple souhaitent fortement.
Le débat autour de ce projet est assez intéressant, puisque d’un côté certains débattent de quel trajet ou quelle méthodologie suivre pour réaliser ce rapprochement, alors que de l’autre côté certains se battent pour simplement empêcher le projet d’aboutir. Il faut dire que personne n’a vraiment entériné le fait que le projet devait être réalisé, et que donc les opposants demandent un débat autour de l’intérêt publique d’une solution.
En ce qui concerne le débat de “faire ou ne pas faire”, les opposants se basent sur les rapports du Grenelle de l’Environnement pour dire qu’aucun travaux autoroutier majeur ne doit être entrepris aujourd’hui afin de préserver notre chère planète. De leurs côtés les partisans souhaitent bien evidemment ce projet afin de désenclaver le sud du Tarn, et ainsi lui permettre de conforter son dynamise actuel.
En ce qui concerne les différentes approches abordées et débattues dans le cas ou le projet avancerai. Globalement deux approches principales sont présentées : le doublement de la RN126, ou sont remplacement par une autoroute qui partirait de l’A68 pour contourner Verfeil, et rejoindre la N126 un peu avant Puylaurens.
Apparemment (difficile de prouver l’exactitude des chiffres) le premier projet serait chiffré à 300M€, le 2ème à 100M€.
On peut tout de même penser que ce projet se réalisera puisque, comme je l’ai dit précédemment, je vois mal des entreprises comme Pierre Fabre ne pas être écoutées alors qu’elles ont fait l’effort de conserver un gros morceau de leur activité sur la zone de Castres. Par ailleurs, les Tarnais sont dans leur grande majorité plutôt favorables à ce projet.
J’en ai fini avec ce résumé. Comme vous pourriez vous en douter, je suis moi même plutôt favorable à ce projet, d’autant plus que mon travail actuel me fait comprendre la nécessité d’aider nos “campagnes” (sans que cela soit négatif) à conserver leurs entreprises. Ce “rapprochement” Toulouse/Castres ne peut donc qu’être bénéfique à une zone qui sait être dynamique et saura largement profiter de ces investissements.
Rédigé par : rajuka | 22/07/2010 à 09h01
Le jeu consiste à trouver un concessionnaire qui va se lancer avec une espérance de recettes de 5500 véhicules/jour...
De quoi s'acquitter (même pas sereinement) des seuls frais de gestion et d'exploitation quotidiens.
Quant-à la nécessaire subvention d'équilibre, celà va être un jeu de massacre pour savoir qui va la payer.
Les promesses de mise en concession n'engagent que ceux qui les croient.Voyez l'A45...
Et dire qu'on pouvaient avoir une concession équilibrée financièrement si le projet était passé par lavaur (trafic lavaur castres et lavaur toulouse en plus)
En matière d'aménagement du territoire, il y a les bonnes solutions et celles des décideurs du sud tarn.
Rédigé par : Michel | 28/07/2010 à 17h11