Culture et immobilier se disputent la prison Saint-Michel
PATRIMOINE. C'est selon. La vieille prison Saint-Michel est promise à devenir un «grand lieu de culture toulousain». Ou bien à une «vente à la découpe» à des promoteurs par l'État pressé de «renflouer ses caisses».
C'est cette dernière option que disent craindre les parlementaires PS Martine Martinel et Jean-Jacques Mirassou. Ils s'en émeuvent aujourd'hui auprès du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand et son homologue à la Justice, Michèle Alliot-Marie.
Les deux élus s'inquiètent d'une visite des lieux, cette semaine, par les Domaines et la Direction régionale des Affaires culturelles qui auront à décider de leur classement ou non-classement au patrimoine. Soit l'impossibilité ou l'autorisation de raser le tout pour y construire des immeubles.
La décision de classement de Saint-Michel a déjà disparu au mois de juin de l'ordre du jour de la commission du patrimoine. Serait-ce là mauvais présage?
En attendant cette visite pour évaluation, Martine Martinel rappelle que le rachat par la ville et la restauration des lieux est une promesse du maire Pierre Cohen. Encore faut-il, précise-t-elle que ce rachat puisse s'effectuer à «un prix raisonnable».
Une supposée estimation à 27 millions d'euros a circulé un moment. Ce qui établirait le prix du mètre carré de ces deux hectares urbains à 1350€. Une jolie somme compte tenu des énormes frais de restauration que la ville devrait engager si elle en devenait propriétaire.
Il n'est pas sûr, selon la députée, que le gouvernement choisisse de faire une fleur à Toulouse: «Sarkozy est trop occupé à gratter tous les fonds de tiroirs».
Cette prison où a été embastillé André Malraux et où a été torturé et guillotiné le résistant Marcel Langer est «un lieu de culture et de mémoire pour les Toulousains», ajoute-t-elle.
La culture et l'histoire ou l'intérêt financier, le choix va bientôt se préciser.
GLv.


L'Etat a décidé de pourrir la vie à la municipalité de gauche, et de faire rentrer quelques sous supplémentaires au passage. Cela avait commencé lorsque Mme Alliot-Marie avait annoncé la mise en vente dans la presse sans même l'annoncer à la mairie qui s'était pourtant déjà signalée. Mais la mairie a deux armes puissantes entre les mains :
- les permis de construire : il lui suffit de faire comprendre aux acquéreurs potentiels qu'ils n'obtiendront jamais le moindre permis de travaux, que ce soit pour casser ou pour bâtir
- les marchés publics municipaux : discrètement, la mairie peut également leur expliquer que leurs candidatures à tous programmes immobiliers de la mairie seront très mal parties s'ils essaient d'acquérir tout ou partie de la prison.
Rédigé par : Toomy | 31/08/2010 à 13h45
Toulouse est une ville étudiante et manque de logements; il me semble d'autre part qu'il existe déjà des projets d'ateliers d'artiste ailleurs, donc je ne vois pas trop l'intérêt de conserver ce lieu (dont l'esthétique, de plus, est discutable)sans en faire un projet phare. Au lieu de disperser le budget de la culture en n projets peu visibles, je me demande s'il ne faudrait pas renforcer (par ex.) la programmation des abattoirs (que je ne trouve pas terrible pour une ville de cette taille, et qui ne rivalise pas avec les musées nationaux tels que celui de grenoble ...)
Rédigé par : gb | 31/08/2010 à 14h04
Allez,... chiche que ce sont les rats qui vont gagner !
Rédigé par : P.G | 31/08/2010 à 14h45
Cette soi-disant opération "culturelle" et patrimoniale cache une magouille financière sordide connue depuis des années. Ce n'est qu'une lutte de clans pour une grosse opération immobilière bien juteuse. En 2003 déjà, je discutais avec un directeur de cabinet et un DRAC de ces projets de réhabilitation, et l'un deux m'a dit : "Si vous avez de l'argent à investir, achetez de l'immobilier dans le quartier Médiathèque ou Saint Michel. Les prix vont quintupler en dix ans. J'ai vu le PLU." Cela frisait le délit d'initié, et je n'avais d'ailleurs pas un centime à investir. Mais les fameuses "études" sur la réhabilitation ne pèsent rien devant l'appétit financier des partis, celui de M. Moudenc comme celui de M. Cohen, et leurs "promoteurs" favoris ou concurrents. Et le cancéropole, au fait, ça rapporte ?
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 31/08/2010 à 15h04
Les socialistes sont les spécialiste de la friche recyclée à prix d'or: Nantes, Marne la Vallée, le 20e à Paris, Encausse les Thermes, la prison Saint Michel, les Abattoirs, … Les installâtions, ou autres zarts de la rue sur les ruines fumantes de la misère humaine. Odorant.
Rédigé par : Honecker | 31/08/2010 à 15h11
@ gb
Les lieux de dimensions importante sont rares et chers. Celui-ci pourrait ne pas l'être (cher), donc ce n'est pas nécessairement un gaspillage financier. Bien sur il ne faudra pas faire n'importe-quoi. Sur l'intérêt architectural, il n'existe que trois ensembles de grande valeur (qualité et représentativité du bâti, ampleur, valeur historique) en France : la Santé à Paris, l'ensemble Saint Paul et Saint-Joseph à Lyon, et Saint-Michel. D'ailleurs le ministère de l'équipement ainsi que la direction architecture et patrimoine du ministère de la culture intégraient déjà le projet de réhabilitation culturelle pour Saint-Michel dans un rapport (sur l'ensemble de Lyon) en septembre 2008.
Conserver Saint-Michel présente de nombreux intérêts :
- patrimonial : le corps architectural a peu été touché
- historique : le témoignage sur l'histoire de la justice (pour faire court, avant le milieu du XIXe, on considérait que l'idéal était de mettre tous les prisonniers ensemble tout le temps, à part pour dormir, puis à cette époque est apparue la théorie aliéniste selon laquelle l'isolement était important était bénéfique à la rédemption)
- historique toujours : le témoignage sur l'occupation
- pour finir, d'un point de vue écologique, raser un bâtiment sain, solide, durable pour fabriquer par dessus du Monné-Decroix en carton-pâte, ça ce serait un vrai gaspillage.
Rédigé par : Toomy | 31/08/2010 à 15h13
quand on voit la laideur du batiment et que l on pense a toute la misere humaine qui s y est accumulée durant des années a quoi bon conserver? UN PEU D AIR DANS CE QUARTIER NE FERA PAS DE MAL ESPACE VERT LIEUX DE D ETENTE ETC
Rédigé par : A L AISE BLAISE | 02/09/2010 à 16h41
27 millions d'euros plus les frais de restauration pour loger quelques artistes ? Ca fait combien de milliers d'euros par "artiste" ? Combien de km de tramway qui profiterai à tout le monde, à ce tarif ?
Rédigé par : Yannick | 03/09/2010 à 11h55
Megalomatontonmania
Rédigé par : Honecker | 03/09/2010 à 21h02
En plus des intérêts de la prison déjà indiqués par Toomy, sa rénovation en équipements publics, entourés d'espaces publics dont des espaces verts, est une occasion unique de revitaliser la Grande rue Saint-Michel et tout le voisinage qui en ont grand besoin. Après la station de métro Saint-Michel Marcel Langer avec son parvis devant la prison qui pourrait accueillir un marché de plein vent, ce serait une étape décisive pour créer un coeur de quartier qui manque cruellement. Cela relancerait les commerces de proximité qui nécessitent une clientèle plus large que les habitants du quartier pour survivre.
Quant à la vente de la prison par l'Etat, elle sera proposée en priorité à la Ville de Toulouse, au prix du marché estimé par le service des domaines en fonction de ce qu'il est possible de faire. Si la prison peut être démolie (aujourd'hui, elle n'est pas protégée), son prix sera celui du m² constructible par la promotion privée, donc très élevé (environ 19 M€). La mairie n'aura probablement pas les moyens de l'acquérir, surtout pour une rénovation. Si la prison ne peut pas démolie, il faudra la rénover et son prix de vente sera alors raisonnable (la précédente évaluation par le service des domaines était de 750 000 € dans l'hypothèse d'une rénovation des bâtiments en équipements publics). Dans tous les cas, si la mairie ne l'achète pas, la prison sera vendue au plus offrant.
Le Comité de quartier Saint-Michel a demandé la protection de l'ensemble des bâtiments d'origine (rotonde centrale et ses 5 branches, bâtiments de la cour d'honneur dont le castelet d'entrée) au titre des Monuments historiques. Soit cette demande aboutit et elle pourra être achetée par la Ville qui devra préciser l'objet de son projet de réhabilitation. Soit la prison n'est pas protégée et il sera très difficile d'empêcher sa démolition.
Espérons que le préfet laissera la Commission régionale du patrimoine et des sites (qui recommande les protections aux Monuments historiques) aborder le cas de la prison Saint-Michel lors de sa prochaine réunion. Il avait retiré la prison de l'ordre du jour de la précédente réunion de la CRPS en juin...
Rédigé par : guidri | 09/09/2010 à 00h48
Il serait vraiment dommage que ce bâtiment soit livré à des promoteurs pour démolition et constructions de logements résidentiels et juteux... le projet culturel est tellement plus séduisant, il permettrait de réhabiliter ce quartier toulousain près du palais de justice. Nos politiques auront ils ce courage là?
Rédigé par : Deborde | 02/12/2010 à 19h25