Manifestation record à Toulouse, avec les renforts lycéens
RETRAITES. La mobilisation contre la réforme des retraites ne reflue ni ne faiblit. Elle s'étofferait, au contraire. Et c'est la préfecture qui le dit. Ses services de police ont compté 35.000 manifestants ce mardi 19 octobre à Toulouse quand ils n'en comptaient que 30.000 mardi de la semaine dernière.
Les syndicats qui avaient déjà donné 145.000 manifestants le 12 octobre en donnent 155.000 ce coup-ci. Cette augmentation n'est pas très éloignée de celle des policiers. Quand les syndicats CGT et FO en arrivent à un tiers de la population de Toulouse, il leur devient difficile de jouer l'inflation.
De l'avis même des services de police, ce sont les lycéens qui ont gonflé les rangs de la manifestation. Á ce point que, bien encadrés et rangés derrière la banderole intersyndicale de tête, ces lycéens ont été invités à animer le défilé de leurs slogans sur la plate-forme du camion de la CGT.
«Qui ne saute pas n'est pas tou-lou-sain!»: c'est plutôt ce qui s'entend dans les stades de rugby qu'en tête des cortèges syndicaux. C'était aussi comme au concert: «Je ne vous entends pas, Toulouse, faites du bruit!» Clameurs garanties à chaque coup. Ces animateurs-là auront au moins amené beaucoup de fraîcheur dans la marée qui a envahi les boulevards ce matin ensoleillé. Ce mardi restera comme un record toulousain de mobilisation.
La masse des renforts lycéens. Photo: Alain PITTON
Les manifestations grossissent à Toulouse et les mouvements de grève aussi. La ville se retrouve sans trains, sans bus et peut-être bientôt sans éboueurs si ceux-ci reconduisent leur arrêt de travail du jour.
Sans essence ni gazole non plus ? Nicolas Sarkozy a dit ce matin vouloir en finir avec les blocages. La soixantaine de cheminots qui interdisaient les camions-citerne de sortir du dépôt Total à Lespinasse depuis l'aube ont effectivement été chassés, sans incidents, par quinze fourgons de CRS à 15h40. «Y a de toute façon plus de trains pour amener les carburants à ce dépôt. Les CRS libèrent des cuves qui vont rester vides», se console un de ces cheminots bloqueur.
Forts du regain de mobilisation, quarante jours après la première manifestation du 7 septembre, les syndicalistes gardent le sourire. Avec la coordination des lycéens et l'UNEF, ils prévoient encore un nouveau cortège ce jeudi 21. Demain mercredi 20, ils ont rendez-vous à l'aéroport de Toulouse-Blagnac aux premières heures du jour. Il y a de la perturbation dans l'air.
GLv.
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Chanter, crier, sauter... les bourses de Londres et de Wall street doivent faire pareil: les manifestations n'ont aucune revendications, si ce n'est d'être "contre" un "chapitre" du problème dû à la crise financière qui est mondiale, faut-il le répéter.
Gageons qu'il en serait tout autrement si ne serait-ce qu'1/3 des manifestants exigeait unanimement la "séparation des activités bancaires", comme c'était le cas avant 1984. Cela tarirait immédiatement la source de la spéculation contre les populations. Seul un Glass-Steagall Global pourra nous sortir de là...
Rédigé par : Ferdinand Pecora | 20/10/2010 à 09h56