Job-dating chez Akka ou le bal masqué de l'emploi
REPORTAGE. Un «job-dating», c'est un rendez-vous express pour décrocher un job. Celui qui se déroule à l'Ibar à Toulouse, café branché de la rue Gabriel Péri, est organisé par Akka, société sous-traitante de l’aéronautique. Mon bac littéraire et moi avons sept minutes pour faire gober à cette société de services que je suis «ingénieur projet pour Airbus en charge des centrales inertielles».
C'est en tout cas ce qui figure sur le faux CV que m'a concocté le Collectif “Sous-traitant 31” qui n'apprécie que modérément cette sorte de compétition anti-sociale où il s'agit de réciter qu'on est le meilleur pour passer devant les autres.
Ces autres, ils sont une cinquantaine à se geler en attendant devant l’entrée du bar, un CV à la main. «Ça ressemble à une soupe populaire», s’indigne celui-là. Il est 19 heures, ce mardi soir. C'est beaucoup plus chaud à l'intérieur, où je vais apprendre comment le style bling-bling de ce bar peut cacher de plus dures réalités. Promenade déguisé en gagneur:
Photo : la queue des prétendants au job dating d'Akka. DR: Collectif Sous traitant 31
Costume impeccable, sourire aux lèvres : c’est l’un des managers qui animent la soirée. Il s'appelle Jean-Bernard. «Je travaille sur les centrales inertielles...», je réponds. «Ça tombe bien, c’est moi le responsable des centres de services qui s’occupe de ce domaine.»
Ça tombe trop bien... Je m’éloigne vite des choses techniques. Je reprends la leçon apprise au Collectif Sous-Traitant 31: «C’est que j’aimerais évoluer vers plus d’autonomie dans les process afin de relever des challenges et démontrer que je suis proactif.» En clair : une belle suite de néologismes mous comme du chewing-gum à la guimauve mais réputés plaire aux managers. Le fait est que ça marche: «Ah ! Vous préférez être décideur que suiveur? Finissez votre bière et montez là-haut.»
«Là-haut», c'est pour l’entretien. Une jeune femme m'interroge sur mon parcours. Ma réponse est aussi pleine de mots qu'elle est vide de sens. L'embrouille continue. Puis en homme intéressé, j’en arrive aux questions concrètes. Sur les conditions de travail, d'abord: vais-je travailler dans les locaux d’Akka ou chez le client? «Ce sont des postes chez le client, au forfait ou en assistance technique, en AT», m'explique-t-elle. L’AT, ça ressemble à du prêt de main d’œuvre en régie, ce qui n'est déjà pas précisément très conforme au Code du Travail.
«Et, quelle politique appliquez-vous pour les augmentations?» je demande. Là, elle est sans fard : «C’est la politique du mérite. Si tu ne branles rien, t’as rien. C’est clair ?» Très clair: fin du bling-bling.
Je redescends faire dédicacer ma carte à la star du rugby de service. «Ah, mais Bouilhou est déjà parti rejoindre sa copine», s'amuse un candidat. «STOP à la désinformation sur les conditions de travail des salariés des sociétés de services»: ce sont les tracts de Collectif 31 disséminés sur les tables.
Ledit Collectif ne croyait peut-être pas si bien dire: je n’ai même pas gagné le smartphone
Nicolas SÉNÉ
Auteur de «Derrière l’écran de la révolution sociale», Editions ResPublica.
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Eloigne ce calice de bière bling-bling impure et plus amère
Que le fiel, ou l'absinthe, ou les eaux de la mer.
Rédigé par : Alfred de Vigny | 27/01/2011 à 11h37
Merci de ce reportage édifiant. A comparer avec la promo de ce mode de recrutement faite sur un quotidien régional
Dès que j'ai entendu parler de cette action, je me suis dit qu'elle représentait bien hélas quelque chose de la société actuelle, à savoir des conditions sociales dignes de la société du 19ème : précariat, chômage, avec certes des conditions de travail améliorées, mais et ce qui est nouveau, un déguisement du pire du capitalisme sous les oripeaux du marketing, du fun : la victoire de la com, hélas, sur la politique et sur une bonne part du journalisme.
Rédigé par : Francois Toulouse | 27/01/2011 à 11h48
C'est tout simplement accablant... encore une belle preuve de la délinquance patronale !
Rédigé par : LE DISEZ | 27/01/2011 à 14h40
Les spectacles du cirque Maxime dans la Rome antique, ne devaient pas être plus cruels!
Rédigé par : zérozaza | 27/01/2011 à 21h07
Je travaille dans cette boite et les augmentations, qu'on branle rien ou qu'on bosse, c'est zéro.
C'est une société de services quoi. On est augmenté qu'à chaque changement de boite. Je travaillerais bien dans une boite stable mais les enfants de syndicalistes ou de profs ont pris tous les postes !
Rédigé par : Moi | 27/01/2011 à 23h41
Mon dieu, ça y est Toulouse vient de rencontrer la vraie vie et Nicolas Sené ce qu'est un parcours de recrutement. La seule originalité de celui-ci est qu'il se déroule dans un bar, qu'on a droit à une boisson (ce qui change des machines à café dans les autres boites), mais sinon c'est très classique, entretien avec la partie opérationnelle et ensuite avec la partie DRH avant sprint final, tout le monde arrive à la même heure, les cabinets de recrutement font pareil...
Quant aux néologismes, aux phrases creuses et aux idées toutes faites cet article en est une belle illustration avec deux questions on ne peut plus stupides en entretien, questions montrant qu'on ne s'intéresse pas au poste mais uniquement à la partie rémunération et avantage, bref qu'on n'en a rien à foutre du job du moment que ça paye, généralement c'est plutôt à éviter en entretien d'embauche sauf à vouloir se faire griller ce qui explique la réponse. Pour la série de néologismes le meilleur est quand même : "le Collectif “Sous-traitant 31” qui n'apprécie que modérément cette sorte de compétition anti-sociale où il s'agit de réciter qu'on est le meilleur pour passer devant les autres." c'est sûr qu'en disant qu'on est nul et moche on va avoir le job et puis on a tellement bon coeur qu'il vaut mieux que ce soient les autres qui aient un job et que nous on reste au chômage.....
Rédigé par : cal81 | 28/01/2011 à 07h34
"cette sorte de compétition anti-sociale où il s'agit de réciter qu'on est le meilleur pour passer devant les autres." C'est le principe du marché de l'emploi...
Rédigé par : karg | 28/01/2011 à 07h58
le cafetier c'est gavé les autres "Ca" bon coup de pub .
Rédigé par : campboss | 28/01/2011 à 08h10
(...) Cet article aurait dû être intitulé "les aventures du petit nicolas... qui découvre le monde du travail !"
Mieux vaut tard que jamais !! (Extraits)
Rédigé par : azerty | 28/01/2011 à 17h18
En tant que chômeur, j'aurai bien aimé prendre sa place pour avoir l'occasion de rencontrer facilement un employeur sans tous les filtres habituels y compris "discriminatoires".
Peut-être aurais-t-il pu dire s'il a rencontré des gens qui viennent des quartiers de la ville et d'avoir leur opinion s'ils ont été accueillis avec le même enthousiasme que n'importe quel autre candidat? Intéressant comme info.
Bon après il y va, il se remplit le ventre et puis il chie dans la soupière... C'est grossier vis à vis des gens comme moi qui ont des difficultés à vivre avec les Assedics.
En fait le truc c'était juste un délire entre Oui-Oui naïfs d'un collectif dont personne n'a jamais entendu parler... Donc bon n'en parlons plus.
Rédigé par : cpasmonprobleme | 28/01/2011 à 18h04
Marrant tous ces commentaires de gens qui critiquent l'article, en disant que "c'est le jeu ma pauvre Lucette", et que c'est ça le monde du travail.
Cadre, Bac +5, 10 ans d'expérience, gérant des budgets importants tous les jours, je travaille en AT chez un client...un open space bruyant qui sert de bétaillère, un client qui passe son temps à dire qu'on lui coûte cher, alors qu'il a fallu se battre pour obtenir une fontaine à eau, pas de cantine, sauf celle du client... à une douzaine d'euros pour les externes (4 fois moins chez pour les internes)...pas de parking pour les prestataires (la maréchaussée est rarement conciliante)... j'en passe et des meilleures. Utilisation récurrente du mot "proactif"... bref si ce monde du travail vous plait, tant mieux. Ça me dégoute. Je prépare actuellement ma reconversion dans quelque chose de plus éthique. Je ne vous souhaite pas un travail de "cadre" précaire.
Merci à l'auteur de l'article.
Rédigé par : HateMyJob | 29/01/2011 à 22h09
Le job dating est un élément de plus au recrutement classique et c'est un exercice qui développe en vous la présentation et votre communication ! Une expérience intéressante, voir enrichissante, bègues s'abstenirs !
Rédigé par : Pythagore | 30/01/2011 à 11h49
"Le job dating [...]est un exercice qui développe en vous la présentation et votre communication ! Une expérience intéressante, voir enrichissante"
Ben voyons... Désormais pour AKKA, décrocher un contrat de travail doit commencer par boire un verre avec son potentiel futur patron... Le job dating ne développe rien d'autre que la capacité à faire semblant d'être pote avec son manager, à être pleutre, à éviter toutes questions embarrassantes...
Et surtout le job dating nous fait oublier la nature du contrat de travail. Un contrat de travail est l'aboutissement d'une négociation entre un travailleur qui cherche à vendre sa force de travail la plus chère possible et un employeur qui cherche à la lui payer la moins chère. Que tout le monde sourit niaisement ou pas en buvant des flutes de Champagne lors d'un job dating, le contrat de travail reste un lien de subordination juridique entre le salarié et son patron.
Par ailleurs, le job dating, c'est également la possibilité pour les recruteurs de faire de la discrimination à l'embauche selon le physique, le faciès, ou les origines du candidat : tel ou tel CV ne sera pas retenu car le candidat aura telle tête, telle couleur de peau... Alors que dans un autre mode de recrutement, la personne aurait sa chance d'être reçue pour un entretien.
Tout cela n'est qu'une énorme fumisterie et un gros coup de comm pour AKKA ! Un peu plus et on oublierait que ses salariés faisaient des débrayages en juin dernier pour demander des hausses de salaires...
Et à ceux qui s'étonnent que le journaliste découvre le monde du travail : est-ce une raison pour ne pas le dénoncer ? Pour ne pas informer les citoyens des méthodes et agissements de certains dirigeants ? Est-ce parce que c'est comme ça que ça se passe maintenant, qu'il faut l'accepter et surtout ne rien dire, sauf à se moquer des courageux qui relèvent la tête et décident de changer les choses ?
Avec de tels larbins, le patronat et les Maurice RUCCI d'AKKA ont de beaux jours devant eux...
Révoltons-nous ! Osons !
Rédigé par : Paul Guérin | 30/01/2011 à 14h58
Que les gens sont naïfs, s'imaginer que parce que l'on ne met pas de photo sur son CV cela va favoriser la possibilité d'être reçu en entretien, c'est de l'ignorance absolue du fonctionnement tant des entreprises que du recrutement. Le job dating n'est qu'un moyen comme le dépôt de cv sur internet, les cv vidéos, les candidatures spontanées, le siège des cabinets de recrutement, à lire certains le fait de se faire embaucher n'est que le début d'un combat anti patronal, combat commençant dès la phase de recrutement et devant se poursuivre après quand on est en poste ; dans ce type de situation le mieux est... de devenir patron mais là il faut oser !
Rédigé par : cal81 | 31/01/2011 à 07h11
Personnellement, j'ai eu le plaisir de discuter avec des chefs de projet de chez Akka. Et j'ai donc pu connaitre les projets en cours dans la société.
C'est suffisamment rare pour etre note.
Quand a la partie CV, qu'on la rende hype avec bar et musique ou qu'on prefere faire ca dans les services RH, cet exercice est et restera du pipautage bilateral. J'ai plutot apprecie que ca ne me fase perdre que 5mns de mon temps.
(12 ans d'XP, et il a fallu que j'explique pdt 3mns, sur les 5, pourquoi j'ai fait un IUT avant l'ecole d'inge. C'etait en ... 1995 :)
Rédigé par : lolive | 31/01/2011 à 10h23
Les commentaires ne manquent pas sur cet article qui jète un beau pavé dans la belle marre bien tranquille des sociétés de service...
Il y a notamment des allusions par cal81 au processus dit "classique" de recrutement où se sont soit-disant des opérationnels qui mènent le bal avant de laisser la place aux RH... ça, c'est de la pure théorie et même de la fiction pour en avoir fait l'expérience à plusieurs reprises. Les RH ont la main mise sur les techniques depuis bien longtemps (et même chez les donneurs d'ordre). C'est bien pour cela que ce job dating a été inventé, pour accroitre encore l'aspect bling-bling du recrutement, et en dévoyant totalement le profil technique des candidats (qui sont là, des ingénieurs, rappelons-le!). A aucun moment le "recruteur" de ces sociétés n'a la capacité de juger le savoir-faire des candidats puisqu'il n'a lui-même pas été formé dans la technique... Donc il se concentre sur les capacités à s'adapter du candidat, sa mobilité, sa servilité parfois... Et concernant le salaire, depuis quand n'est-ce pas important dans un entretien d'embauche? Depuis les années 2000 apparemment...
Enfin, au chômeur qui regrette de ne pas y avoir été, je pense qu'il était tout à fait possible pour lui d'y participer aussi... mais dire que ça brise les codes habituels du recrutement est totalement faux puisque tous les candidats dits "intéressants" ce soir là seront convoqués (ou pas) pour passer devant les RH. Donc retour à la case départ, mais avec un bon coup de pub pour la boite qui organise.
En conclusion, si les dirigeants de ses boites de service respectaient vraiment leurs salariés, il n'y aurait pas besoin de les dénoncer comme ceci... mais beaucoup de leurs salariés ont récemment montré leur exaspération en manifestant et bloquant des routes au cours des 2 dernières années à Toulouse... Non, ce ne sont pas des oui-oui naïfs, bien au contraire.
Merci pour l'article.
Rédigé par : Jérémie Caradec | 31/01/2011 à 13h16
il y en a qui n'ont vraiment rien compris quand ils ont été en entretien d'embauche. j'ai fait de l'embauche en direct par la société, PME et groupe international, du cabinet de recrutement Michael Page, Mac Allister et j'ai été contacté par des chasseurs de têtes et tout ça en tant que postulant et dans tout ces cas de figures, il y avait une partie opé et une partie RH donc non ce n'est pas de la fiction mais il faut peut-être arriver à franchir la première partie, celle où on lit le cv et la lettre de motiv et où on s'aperçoit rapidement de la motivation du candidat. ben oui même les RH s'aperçoivent quand le candidat s'imagine que le job lui est dû parce qu'il montre une espèce de révolte mélenchoniste
Rédigé par : cal81 | 31/01/2011 à 18h11
J'adore ! La boite se décarcasse pour offrir des jobs, et certains se plaignent !
Il serait intéressant pour beaucoup de revenir aux fondamentaux : comment vit notre pays. Est-ce "la france" qui fabrique de l'argent ? Ben non, seules les entreprises font vivre notre pays, et nous permettent de toucher un salaire et de payer nos services publics. La plupart des pays considèrent qu'un patron est un héros, il n'y a qu'en France où un relan de communisme perdure et où on se permet de mordre la main qui nous nourrit...
Rédigé par : Parabolik | 04/02/2011 à 11h04
Très interessante la théorie et l'idée assenée à grands coups de matraquage médiatique que les entreprises privées créent forcément la richesse d'un pays... Dans le cas précis de notre belle ville de Toulouse, où le roi Airbus règne en maitre, il est important de signaler que cette belle entreprise n'est autre que le fruit d'une volonté étatique nationale et internationale. Elle a donc été créée et a grandi grâce aux deniers publics depuis les années 1970 pour devenir le géant mondial à l'entrée du 21eme siecle... et c'est là qu'on (l'Etat endetté) a décidé de vendre les bijoux de famille, lorsque la poule faisait de beaux oeufs d'or que Lagardère et Daimler Chrysler se sont empressés de mettre au chaud... Depuis? Programmes innovants au rabais (l'A380 était deja initié) et suivisme peu orienté vers l'innovation (voir les multiples versions de l'A350 suites aux plaintes des compagnies)... bref, dire que les entreprises privées font "vivre" la France, c'est oublié que le sommet de la pyramide industrielle française a été financé essentiellement par l'Etat et donc les citoyens: EDF, Alstom, SNECMA, Arianespace, AREVA, Airbus, Astrium, Renault... autant de donneurs d'ordre de sous traitants comme AKKA qui prospèrent grâce à une initiative ou aux finances publiques!!! Sans ce sommet de pyramide, point de petites entreprises privées ou professions libérales, commerçants, qui gravitent autour et font du gras avec... Alors merci de relativiser... Mais ça ne doit pas vraiment vous intéresser de remettre les choses dans leur vrai contexte, la main invisible du marché doit toujours prendre le dessus...
Rédigé par : Jérémie Caradec | 16/02/2011 à 01h36
Caradec > éternel problème de l'oeuf et de la poule. Je ne nie pas les finances publiques, d'ailleurs comment pourrait-on les nier ? Mais d'où viennent ces finances de l'état ?
Certes le Conseil Général/Régional (par exemple) peut investir dans certaines entreprises, voir sous-traiter... mais d'où vient son argent ? (rép : principalement de la TP ou de ses remplaçantes d'ajourd'hui)
La richesse d'un pays n'est créée que par la valeur ajoutée. C'est cette grande notion qui fait que l'homme innove, dépasse ce qui existe déjà, veut aller de l'avant. C'est aussi une notion économique. Dans ce dynamisme l'initiative de Akka était saluable, c'est tout. L'état français peut contribuer à la valeur ajoutée globale du pays, certes, mais d'une infime mesure (les 8 exemples que vous donnez sont biaisés... Renault par exemple coûte beaucoup plus qu'il ne rapporte). Il n'y a pas de pyramide telle que vous le décrivez.
Rédigé par : Parabolik | 16/02/2011 à 19h30
La pyramide ayant pour sommet les grandes entreprises n'existent donc pas? Supprimez Airbus de Toulouse par exemple, Michelin de Clermont-Ferrant ou Alstom de Belfort, pour ne citer que des exemples connus, et regardez ce qui se passe au niveau du tissu économique de la ville et de la région...
Dire que Renault coute à l'Etat plus qu'elle ne rapporte est basé sur quels chiffres?
En quoi les exemples que j'ai donnés sont-il biaisés? L'esprit d'innovation dont vous parlez est souvent très frileux, voir récalcitrant, à investir sur des programmes longs et coûteux... Seuls les Etats ont eu la volonté de le faire, la France en est un bon exemple... Même Dassault qui est une entreprise privée n'aurait jamais atteint sa taille sans les commandes militaires de l'Etat... Ensuite, je ne nie pas que sous ces grandes entités, il doit y avoir une initiative privée qui crée le tissu économique d'un pays, mais elles ne sont que très rarement à l'initiative d'un grand domaine industriel générant des centaines de milliers d'emplois, elles font juste partie de la pyramide, à des étages inférieurs, mais nécessaires (sans conteste).
AKKA dans notre cas, est un des "satellites" d'Airbus et profite de sa politique de sous-traitance (et de bradage)... il n'y a pas de volonté technique ou industrielle derrière cela, juste l'envie d'un homme de se faire son propre business et de le partager avec ses actionnaires... Les emplois existaient et existeraient, avec ou sans AKKA. Peu importe le domaine, juste compte le résultat financier pour ce genre de sociétés (qui ne conçoit et produit rien). Je le sais, je travaille dans l'une d'elles.
Rédigé par : Jérémie Caradec | 03/03/2011 à 13h10