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02/09/2011

AZF : une commémoration sous tensions.

AZF. «C’est épidermique. Dix ans sont passés et pourtant les blessures sont loin d’être cicatrisées» : La réflexion émane de l’une des associations de victimes invitée par la Mairie de Toulouse à commémorer les dix ans de la catastrophe AZF.

Le 21 septembre 2001 à 10h 17 mn 57s, une explosion, dont les causes restent toujours à déterminer,  sur le site de l’usine chimique AZF de la société Grande Paroisse, filiale du groupe Total faisaient 31 morts et des milliers de blessés. 

Le 21 septembre 2011,  pour la première fois dans l’histoire de la catastrophe, la mairie de Toulouse (PS) veut organiser une cérémonie officielle commune sur le site de l’usine désormais dédié au futur Cancéropole.  A moins de trois semaines du jour J, les représentants des associations de victimes- salariés et riverains- ne s’entendent pas.

«Joindre les mains et baisser la tête ce n’est pas pour nous ! ». Première opposition sur le choix du site de ladite cérémonie. En effet, l’entrée de l’usine AZF, route d’Espagne où s’érigera le futur mémorial ne fait pas l’unanimité.

Au nom du droit à manifester contre les responsables de la catastrophe, l’association des Sinistrés du 21 persiste à maintenir le rassemblement sur le rond-point du 21 septembre. «La mairie interdit les prises de parole pendant la cérémonie commune. Ils veulent se positionner comme les rassembleurs. Ceux qui ont réconcilié Total, les salariés et les sinistrés», tonne Jean-François Grellier le porte-parole des Sinistrés du 21. Je comprends parfaitement que des gens aient envie de se recueillir et qu’ils ne puissent pas accepter que certains viennent avec des banderoles. Mais, joindre les mains et baisser la tête ce n’est pas pour nous».

A l’inverse, "Plus jamais ça !" et le Comité de défense des sinistrés ont fini par se rallier à la proposition municipale. "Plus jamais ça !" le collectif contre les risques industriels voit dans la cérémonie commune la volonté de rassembler les salariés de l’usine et les riverains. «Nous ne mélangeons pas le recueillement et la manifestation, indique à LibéToulouse Sophie Vittecoq. En soutenant la construction d’un mémorial conçu comme un lieu de mémoire de la catastrophe  la mairie a engagé une démarche qui va dans le bon sens.  C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de participer à cette  commémoration. Nous partirons de "notre" rond-point du 21 septembre à 9 heures pour rejoindre le rassemblement à l’heure prévue».

«Depuis le début, je dis que c’est un jour de recueillement et de deuil», répond Guy Fourest le président du Comité de défense des victimes, à l’origine de la pose d’une stèle commémorative sur la route de Seysses. «La seule chose qu’il y a ce jour-là c’est le souvenir, donc nous irons où va la stèle c'est-à-dire devant le site d’AZF, ajoute-il. Puis nous nous rendrons à la messe célébrée à 11 h à la cathédrale Saint Etienne par Mgr Le Gall l’archevêque de Toulouse».

Bernard Thibault et Nathalie Kosciusko-Morizet. Du côté des officiels, Nathalie Kosciusko-Morizet. la Ministre de l’Ecologie aurait confirmé sa venue…dans un courrier adressé au domicile de Guy Fourrest, siège du Comité de défense des victimes.

«C’est incroyable», s’étrangle Nicolas Tissot, l’adjoint de la Ville de Toulouse chargé d’organiser la cérémonie. A ce jour la Mairie n’a toujours pas reçu de confirmation de cette visite alors que certains responsables de l’opposition UMP en ont semble-t-il été avertis ». Ambiance.

10h18. Dernier "détail" à régler :  l’heure de la cérémonie. Les salariés d’AZF de l’association Mémoire et solidarité  se retrouveront "entre eux"à 10h18, l’heure de la catastrophe sur le site, à quelques dizaines de mètres du lieu de la commémoration retenu par la Ville. «Nous ne renoncerons pas à notre cérémonie, assure Jacques Mignard. Si la Mairie s’adapte nous participerons à la commémoration dans un souci de réconciliation avec l’ensemble des sinistrés »

«La seule chose qui nous sépare aujourd’hui ce sont les causes de l’explosion. C’est ce que doit déterminer le procès en appel». reprend Jacques Mignard.

Ce dernier s’ouvrira le 3 novembre, dans la salle Jean Mermoz où s’était déroulé le premier procès pour homicides et blessures involontaires. Celui-ci s'était soldé par une relaxe générale, alors que le parquet avait requis 3 ans de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende à l'encontre de Serge Biechlin, le directeur de l'usine, et 225 000 euros contre Grande Paroisse la filiale du groupe Total. Le parquet avait fait appel de cette décision.

J-M.E
 

 

Commentaires

Il ne manque plus que la religion et les politicards s'en mêlent !

C'est triste d'une certaine manière parce qu'après ces années, on peut se recueillir, même ensemble, la douleur est commune, partagée et toute aussi forte.
Je comprends assez bien la position de la mairie finalement, n'en déplaise à ceux qui sont dérangés par le fait de "joindre les mains et baisser la tête".
Pour ceux-ci, laissons le procès (proche maintenant) déterminer la responsabilité pénale ou non, leurs banderoles ou coups de gueule devant les caméras leur feront certainement du bien.
Mais il y a un temps pour le recueillement aussi.

A propos de tension,a-t-on envisagé la solution électrique,si ma mémoire est bonne,il y avait un incident électrique dans l'usine voisine.
Imaginons un défaut des liaisons "terre" et un retour de courant par les liaisons "équipotentielles "(liaisons masses" d'AZF.
Une surchauffe locale souterraine ou pas et qui sert de détonateur.
Une première explosion éparpille la poussière d'engrais dans le hangar,puis c'est l'explosion de poussière.

Il faut respecter la position de ceux et celles qui ont tant souffert.
Ces gens doivent se recueillir,et nous devons respecter leur choix,les accompagner s'ils le souhaitent.
Moi ce que je sais, c'est que pendant de nombreuses années nous avons tenté de les aider,les soutenir au mieux de nos moyens,mais peut être que cela n'a pas été suffisant.
Pensons aussi aux salariés de SME (ex SNPE) qui ont aussi tant souffert (explosion et plans sociaux),et qui aujourd'hui ont besoin de notre soutien.Je pense aussi à leur camarade ingénieur qui avec son épouse ont disparu dans le crach de l'airbus Rio-Paris.Que le cancéropôle devienne cette terre fertile et peine d'espoir comme l'ont souhaité leur créateur.AT

Le journaliste de Libé place l'explosion à 10h17'57..., si c'est le cas, il doit y avoir une réouverture d'enquête immédiate avant même le procès puisque les premiers incidents électriques graves tracés par EDF ont eu lieu avant 10h17'56.1 et apparemment ce n'est pas l'avis des experts judiciaires qui initient tout au moment d'une mystérieuse réaction chimique provoquant une détonation et un séisme de magnitude 3.4.
L'heure annoncée par les experts depuis 2006 est de 10H17'55.455... mais il est vrai à la décharge du journaliste, que la première datation sismique fournie par le réseau national RéNaSS était bien de 10h17'56.77, datation incompatible avec la version officielle de toute manière !

Allons! Allons ! Ne recommençons pas l'enquête (extraits ndlr)qui ne nous dira jamais ce qui s'est réellement passé.

Tout ce que l'on sait aujourd'hui c'est que ces usines chimiques étaient des bombes à retardement, qu'au moindre incident le phosgène pouvait exploser et raser l'agglomération... Maintenant on nous met un "cancéropole", c'est à dire ces putins de boîtes pharmaceutiques qui vont étudier comment soigner après coup des cancers provoqués par cette industrialisation délirante. (extraits ndlr)Pendant ce temps-là à Flamenville on construit l'EPR, les autres centrales nucléaires tournent à plein régime et on nous dit "Tout va bien, ne vous inquiétez pas", après Tchernobyl et Fukushima, les centaines d'essais aériens, etc. Tandis que la guerre en Lybie se finit, où notre belle armée a utilisé par tonnes des munitions gavées de plutonium... Et sous le cancéropôle, les ballastières, le niveau de la garonne qui baisse d'année en année, lorsque les restes des munitions seront au sec, cette fois ce seront les chercheurs et les labos qui pêteront les premiers... Plus le temps passe, plus les risques augmentent, et à chaque fois les habitants sont placés devant le fait accompli, des décisions politiques prises sans la moindre once de démocratie. AZF n'est qu'un début, le pire reste à venir... En amont de Grenoble, dans une des zones sismiques les plus actives d'Europe, plusieurs barrages en enfilade menacent de pêter si la terre tremble, au bout 2 pôles chimiques et un réacteur nucléaire en plein centre-ville (sans compter les nanos). Tout le monde se tait...

10 ans après le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et le 21 septembre 2001 à Toulouse, avec ce terrible drame humain de l'explosion de l'usine AZF (ex ONIA) chère à mon cœur (personnellement et en tant que Députée), je regrette profondément, qu'à ce jour, il n'y ait pas eu d'accord pour une Commémoration unique (avec les Associations, les salariés,la population et les Elus). Il reste encore quelques jours pour y arriver, ce que je souhaite et ce à quoi je m'emploie.
Nous avons vécu ce drame, ensemble, arriverons-nous à nous en souvenir et à nous recueillir ensemble ?

JLM tu dis n'importe quoi!
Il n'y a jamais eu d'incident électrique dans l'usine d'à côté. Je le sais, j'y étais. Nous avons eu de l'électricité de suite après. S'il y avait eu un arc électrique, il y aurait eu un cratère, et ça, ça se voit. Et aussi une coupure électrique.
Alors JLM arrête de dire n'importe quoi.

Pour la commémoration des 10 ans d'AZF, les Perles de JAFFNA " une association de danses indiennes", organisent un dîner spectacle le 17 septembre 2011 à 18h00:

Adresse: route de seysses, salle des fêtes de la fourguette, 31100 Toulouse.

pour se dîner spectacle, il faut réserver au plus vite avant le 13 septembre, car les places sont limitées,

contacter les perles de Jaffna des maintenant sur: perles.de.jaffna@gmail.com

Une fois de plus je constate que vos principales préoccupations sont des disputes pour savoir quel est la personnalité qui doit se montrer ce jour là, à quel endroit mettre une stèle et qui se donne bonne conscience en étant à l'origine de ces démonstrations!
Mais aucun n'a seulement pensé à informer les familles des victimes qui ne sont pas forcément toulousaines. Mon frère est mort ce jour-là, à 27 ans, durant sont travail et PERSONNE ne s'est soucié une fois encore (1ère fois la messe donnée quelques jours après l'accident) de savoir si nous souhaitions être présentes, ma mère et moi, le jour de ces commémorations!!! Nous resterons donc chez nous à l'écart de tous, et nous irons fleurir sa tombe dans la plus stricte intimité avec dans notre coeur cet immense vide laissé par sa perte.

10 ans déjà !

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