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Le kiosque à musiques

26/09/2011

Le socialiste ariégeois Jean-Pierre Bel, successeur annoncé de Larcher au Sénat

JP Bel POLITIQUE. Il a été maire de Mijanés dans la montagne (91 habitants) avant d'aller, plus en aval, reprendre Lavelanet à la droite en 2001. Ce sénateur réélu dès le premier tour à 76,21% des grand électeurs de l'Ariège en 2008, n'a aujourd'hui plus de mandat municipal dans ce département?

L'association des maires s'était rebaptisée AMA, Association des maires et des élus de l'Ariège et pouvait donc le garder comme président. Écharpé de bleu-blanc-rouge et cassant la graine à belle dent dans les comices agricoles, l'étudiant trotskyste en Droit des premières années 70 à Toulouse, Jean-Pierre Bel a réussi sa première métamorphose.

La seconde est à venir. À 60 ans au mois de décembre, le président du groupe socialiste au sénat qu'il est devenu en 2004 pourrait être élu samedi au «plateau», à la présidence du sénat tout entier. 
«Bel vient de changer de dimension, il a changé de braquet», analyse son vieil ami et voisin, le sénateur des montagnes haut-garonnaises Bertrand Auban.

Les deux compères partagent depuis trente ans le même itinéraire politique: ils ont été «pour Lionel» à l'arrivée de Jospin dans le Sud-Ouest en 1986, puis tenants d'Emmanuelli en 1994 avant de revenir vers Jospin pour être aujourd'hui partisans de Hollande. Portrait:

Jean-Pierre Bel. Photo : Reuters

«Ce garçon sait toujours se rétablir», apprécie cet élu d'un gros bourg ariégeois qui livre la recette de «la gauche conservatrice» telle qu'elle se pratique du côté de Foix: «être consensuel et prudent, avoir des convictions mais ne se fâcher avec personnes».

C'est dans cette Ariège aux manières politiques un peu rugueuses que Jean-Pierre Bel a exercé d'abord toute sa diplomatie naturelle. Une façon d'être et de faire qu'il a pu développer une fois élu à la Haute Assemblée en 1998.  «Comme certains diraient, il se la pète pas», reprend Bertrand Auban selon lequel Bel a cette double qualité de n'être «ni énarque ni parisien» dans ses comportements. 

Bel est aussi celui qui a élaboré le projet PS de réforme des institutions en 2007. La mécanique politique est son domaine. Adhérent du PS depuis 1983, le prétendant au Plateau a tôt pratiqué l'appareil de l'intérieur: il exerce en 1986 au cabinet de son beau-père président du Conseil général puis comme secrétaire de cette fédération.

Tout en douceur, toujours. Il ne monterait que «rarement en première ligne, caricature gentiment un ami. Ce n'est pas un grand courageux». Ainsi, s'il a pris le risque de sortir du bois en juin et de froisser une Martine Aubry défendant le non-cumul des mandats, c'était juste pour ne pas risquer de froisser les sénateurs à quelques mois du scrutin. Sinon, il est d'accord avec elle, explique en substance cet ami: Il a seulement proposé de reporter le débat en 2014...

Les trois, quatre, voire cinq jours qu'il passe au Palais du Luxembourg entre les plénières, les bureaux de son groupe et les assemblées de bureaux ne le privent toutefois pas de vivre sa vie. Il n'apparaît guère plus, politiquement, dans l'Ariège sinon pour s'occuper de ses maires et couper du ruban. Il loue une maison à Larroque d'Olmes derrière l'usine Thierry. Mais remarié à une cubaine, il est allé s'en faire construire une en Espagne, à Rosas. On est prié de ne pas l'y déranger.

GLv.

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Commentaires

Merci Libetoulouse de nous donner des nouvelles du Lions Club et du Sénat (le plateau pour les intimes). C'est palpitant comme un toasts au caviar de la mer Caspienne.

Il a été ariégeois de coeur, à mon avis il ne l'est plus.
C'est dommage, mais il ferait un bon président du Sénat.

Vas-y, Jean-Pierre, fais nous rêver !

Merci à libé tlse, de se faire l'écho des potains mondains relatifs à ce notable local qui a repris l'entreprise politique de beau papa et qui demain entre deux escapades cubaine ou catalane dviendra le deuxième personnage de l'état.

Plus que les victoires de la gauche aux derniéres municipales, cantonales et régionales c'est la réforme territoriale en cours qui a fait peur aux grands électeurs . Un reflexe corporatiste en somme qu'il ne faudrait pas confondre avec une victoire du peuple

Un "socialiste conservateur" : c'est sans doute un bon résumé du personnage. Pas de casserole (c'est déjà ça), le souci de ne pas bousculer les positions acquises, des idées généreuses et abstraites, une modération naturelle. Bref, un Larcher de gauche. Le Sénat restera le Sénat.

Au moins Larcher (le moins pire de nos Présidents du Sénat depuis longtemps) s'assume conservateur, d'un conservatisme au fond assez ouvert. Puisqu'on en est là, et qu'on n'en est que là, souhaitons à J.-P. Bel de faire aussi bien.

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