Hollande à la conquête du “peuple de gauche” à Toulouse
PRIMAIRE. Il enveloppe son public, les bras ouverts à la tribune. Appuyé à demi sur son pupitre et changeant de ton, il le prend à témoin et s'en fait le complice. Il brocarde Sarkozy, «président zig-zag plutôt que président bling-bling», «président anormal» s'il doit être, lui, moqué pour vouloir devenir un «président normal». Et promet en suivant de rétablir «la possibilité, pour ceux qui ont leurs annuités, de prendre à nouveau la retraite à 60 ans».
Le candidat à la primaire François Hollande a usé de tous les registres ce jeudi soir 6 octobre à Toulouse dans une salle Jean Mermoz archi-pleine où l'on se tenait debout, assis sur des chaises ou par terre. Usines, ouvriers, jeunes, école, enseignants, unité, rassemblement à gauche, victoire le 6 mai 2012: ce sont les mots de l'orateur inspiré qui s'est adressé au «peuple de gauche». Et qui l'a conquis, au moins l'espace d'un meeting.
Sorti des épreuves qualificatives où il s'est agi de faire mieux que son concurrent sans jamais le dézinguer, le député de Corrèze habite à présent le costume de candidat à la présidence comme s'il lui était vraiment promis. Sous l'œil heureux de l'ex-secrétaire général du PCF Robert Hue et de l'ex-élue européenne écologiste Marie-Hélène Aubert. Du maire de Lyon et du maire de Nantes, président du groupe socialiste à l'Assemblée, aussi.
Seul l'Ariégeois mais enfant de la cité Empalot à Toulouse, le tout frais président du sénat Jean-Pierre Bel aurait pu lui disputer les faveurs du public, tant ce dernier l'a ovationné. «Nous n'en sommes pas là, s'amuse François Hollande, mais enfin, s'il devait m'arriver quelque chose une fois élu, c'est lui qui me remplacerait...» Il flatte le public toulousain habitué à accueillir depuis 1974 les derniers meetings de campagne des candidats socialistes à la présidence: «Excusez-moi, mais ici avec vous, j'avais tout d'un coup l'impression d'être au second tour de l'élection présidentielle...»
GLv.
François Hollande, bras ouverts jeudi soir, salle Jean Mermoz. Photo: Reuters


Putaing ! ! ! ! Ils nous font, tous, quels qu'ils soient, chaque fois le coup de la séduction,... et une fois encore ça va marcher !... Et on va se retrouver comme des couillons !
Rédigé par : P.G | 07/10/2011 à 06h37
Si HOLLANDE échoue en politique, il pourra toujours se recycler dans une carrière d'humouriste.
En effet, hier soir, il a écrasé de son talent, un maitre en ce domaine le chansonnier Pierre Douglas, qui avair ouvert le spectacle.
Rédigé par : soleil | 07/10/2011 à 08h25
Pour avoir assisté à tous les meetings des 3 principaux candidats, je peux dire que celui de François Hollande était le plus réussi, le plus suivi, le plus soutenu par les représentants politiques. Fin orateur, humoriste(!!!), il parle bien, très bien. MAIS que retrouve-t-on dans son discours??? RIEN. Il pense déjà au 6 mai et le seul point qu'il a soutenu durant tout son discours c'est la victoire de la gauche. A aucun moment il n'a évoqué ses idées, les points importants de son programme...En a-t-il un si ce n'est de rassembler la gauche? Rassemblons OUI mais derrière il faut du concret, chose que je n'ai pas retrouvé chez lui mais chez ses deux concurrentes..
Rédigé par : Gauchiste | 07/10/2011 à 08h52
Mauvais caractère, il faudra du caractère pour dompter les banquiers.
Oui........Je crois me souvenir que M.Aubry avait scellé un pacte avec DSK et qu'elle devait faire la course pour lui.
Les orientations de DSK ne sont pas vraiment celles d'un dresseur de grands fauves de la finance, tout de même.
Nous savons bien que les effets de manches aux tribunes des meetings sont faits pour galvaniser les militants un peu sonnés par les sondages, mais tout de même, comme disait ma grand mère, les chiens ne font pas des chats.
Se présenter aujourd'hui comme une révolutionnaire de la première heure, comme une représentante de la gauche dure, c'est un peu osé comme positionnement marketing.
Hollande lui a toujours dit qu'il est de gauche, il a déclaré qu'il est lié par le programme du PS qui a été approuvé par tous les socialistes, mais il a le courage de dire que la situation est critique et que les marges sont réduites.
Il faudra faire des choix et ne pas laisser croire que l'on pourra tout faire tout de suite. Ceux qui prétendent le contraire en montrant des gros muscles gonflé à l'hélium, seront ceux qui décevront les électeurs.
Les marges sont réduites, c'est vrai, c'est pour cela qu'il faut faire des choix judicieux et porteurs d'avenir, d'emplois et de croissance.
L'avenir avec l'école, l'emploi et la croissance avec le contrat de générations.
Mettre plus de Français et en particulier les jeunes qui ont de grands besoins de consommation (installation dans l'autonomie) c'est porteur de croissance, c'est le bon choix.
L'engagement renouvelé de permettre aux travailleurs de 60 ans de partir le jour de leur anniversaire s'ils ont cotisés leurs annuités permettra également de libérer de l'emploi pour d'autres. C'est un bon choix.
La gauche dure n'est pas forcément celle qui parle fort aux tribunes des meetings, c'est celle qui agit bien dans l'intérêt de la France et de la masse des Français.
Rédigé par : choucroute - d'Alsace | 07/10/2011 à 09h33
"le public toulousain habitué à accueillir depuis 1974 les derniers meetings de campagne des candidats socialistes à la présidence". C'est charmant, cette habitude qu'ont les socialistes toulousains (et les journalistes avec eux) de prétendre que les campagnes présidentielles socialistes se terminent à Toulouse. Mais c'est une erreur. Le dernier meeting de Mitterrand en 81 a eu lieu à Nantes. Et les socialistes nantais (et les journalistes avec eux) aiment à le rappeler. :-)
Rédigé par : Bertrand | 07/10/2011 à 09h52
Ceux qui entouraient M Hollande n'etaient à 90% pas toulousains ,alors attention à ce que vous publiez?
les toulousains ne savent pas encore pour qui voter
Nous verrons Dimanche peut-étre des surprises?
Rédigé par : degazaille | 07/10/2011 à 10h45
Hollande est un brillant ironiste, il a toujours eu un vrai talent pour cela. Pour le reste, il se contente de récativer les mythes de la gauche : Mitterrand, 1981, la revanche contre la méchante droite, etc. Pour la primaire socialiste, c'est parfait. Mais ensuite ? On rembourse comment la dette ? Que propose-t-on concrètement pour améliorer la sécurité, l'éducation, la santé, la compétitivité des entreprises ? La rhétorique ne suffit pas.
Rédigé par : Pedro | 07/10/2011 à 11h28
Hollande n'est pas un dur... c'est paraît-il le représentant d'une gauche molle. Tant mieux, moi qui ne suis pas socialiste, je préfère un dirigeant intelligent et cherchant le compromis qu'un Président plus à gauche, mais narcissique et trop assis sur ses convictions. Si on veut que le parti gouverne plus à gauche c'est au peuple de le signifier pendant le mandat. Obama qui s'est révélé plus à gauche que ne l'avait pensé en l'élisant les américains a été obligé de mettre de l'eau dans son vin et se retrouve gouverner au centre. François Hollande s'il est élu aura la responsabilité de faire un compromis, a priori difficile avec le front de gauche et avec EELV, ce ne sera pas facile d'être l'homme de la synthèse.
Rédigé par : François Saint Pierre | 07/10/2011 à 13h59
François Hollande n'a aucun intérêt à faire des compromis avec EELV ou le FDG, en tout cas il a intérêt à laisser traîner jusqu'au législatives et voir après.
Pour le reste FH est autant à gauche qu'un néolibéral peut l’être en étant socialiste, mais en ayant en commun avec ses concurrents (es), ce souci de faire croire à ses interlocuteurs que le PS c'est la gauche, à croire que la vision réductrice de ce qu'est la gauche fait partie du programme du PS.
Pour ce qui est des Etats Unis, évitons de calquer notre vision franchouillarde et binaire de la politique, si on devait mettre cela dans un contexte français on pourrait dire que la gauche d'Obama se situe quelque part entre De Villiers et Le Pen. Pour les américains un socialiste français c'est à peu de choses près un mix entre le diable et un extra terrestre type Indépendance Day, bref quelqu'un de pas vraiment fréquentable (j'ose pas dire comme un certain client d'un hôtel français outre atlantique).....
Rédigé par : cal81 | 07/10/2011 à 16h34