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Le kiosque à musiques

27/12/2011

"Plumes de cimes", le livre de photos qui retourne à la vie sauvage

Printemps_055PYRENEES. Laurent Nedelec, garde dans le Parc National des Pyrénées et Grégory Ortet, ingénieur aéronautique partagent la même passion pour la photographie animalière. 

A force d’affûts, de réveils aux aurores et de longues marches avec «20kg de matériel» sur le dos, les deux compères ont rassemblé dans "Plumes de Cimes" une œuvre naturaliste dédiée à la beauté des oiseaux de montagne.

Des vieilles forêts jusqu'aux névés d'altitude, du grand tétras à l'aigle royal, l'ouvrage est un parcours tous les milieux naturels de la montagne au travers des oiseaux les plus mémorables. Entretien

Images : Grand Tétras DR : Laurent Nedelec et Gregory Ortet

LibeToulouse : Quelles sont les qualités requises pour faire de la photo animalière?

Laurent Nedelec et Gregory Ortet : Il faut savoir ruser et se camoufler pour que l’animal ne se rende pas compte de votre présence. A cette patience s’ajoute l’aspect artistique de la mise en scène imaginée avant de prendre la photo. Physiquement, il faut être préparé à porter le matériel et l’équipement pour être autonome. Sans oublier les heures d’affût. Il faut enfin ne pas oublier qu’on ne maitrise pas le sujet.

La chasse complique-t-elle votre travail?

Laurent Nedelec et Gregory Ortet : En s’intéressant à la faune sauvage, on se rend compte que la chasse est une véritable plaie. En France, elle est permise quasiment toute l’année. Cela rend les animaux particulièrement craintifs et souvent nocturnes alors que ce n’est pas le cas dans les pays où la chasse n’est pas autorisée : les animaux n'ont pas subi la même pression de chasse depuis des siècles et n'ont donc pas la peur instinctive de l'homme. 

Dans les Pyrénées la chasse du grand tétras est autorisée alors même que c’est une espèce protégée en Europe et que les effectifs de la sous-espèce endémique des Pyrénées chutent drastiquement depuis les dernières décennies. Le renard classé comme nuisible peut aussi être abattu et traqué toute l'année. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons plus de petits prédateurs en France. Pour autant, il faut des chasseurs en France puisqu'il n'existe plus ou pas assez de grands prédateurs naturels pour réguler les populations d'ongulés (cerfs, sangliers… La toute-puissance du lobby des chasseurs, notamment dans les Pyrénées, complique particulièrement le travail des naturalistes. La Nature appartient à tout le monde et il faudrait que les décisions de gestion soient plus partagées entre ses différents "utilisateurs".

Page 65 de votre livre, il y a la photo d’un ours.

Grégory Ortet : Elle a été prise au début du mois de juin 2011 dans le Val d’Aran sur le versant espagnol des Pyrénées. Nous savions que les gens du coin voyaient l’ours assez régulièrement. Dès le premier jour de mon arrivée j’ai observé l’ours une vingtaine de secondes. Laurent m’a rejoint. Nous avons passé une semaine à guetter sans résultats  sa réapparition. Le temps s’est couvert. La veille de notre départ, Laurent l’a de nouveau aperçu à la tombée de la nuit. Nous étions tout excités. Le lendemain matin nous savions que nous avions rendez-vous avec lui car nous ne l’avions pas dérangé.  Il nous est apparu au même endroit  vers 7 heures du matin. Nous étions subjugués. Nous l’avons photographié en lisière d’une belle hêtraie à 250 mètres de distance.

Laurent Nedelec : L’ours est une espèce magnifique qui apporte une dimension  spirituelle à la montagne.

Vous présentez votre livre comme un hymne au ré-ensauvagement de la nature.

Laurent Nedelec et Gregory Ortet : Aujourd’hui, sous prétexte de tout maîtriser, notre société s’est coupée du sauvage. Les endroits non accessibles en voiture sont de plus en plus rares.  Cela dit, il semble qu’il y ait une prise de conscience. En 1930, les Pyrénées étaient rabotées par l’agriculture, les forêts réduites à des peaux de chagrin. Depuis une trentaine d’années, la déprise agricole a libéré des territoires. Certaines espèces, notamment les grands rapaces et les cervidés ont repris du poil de la bête. Malgré toutes les polémiques il n’y a jamais eu autant d’ours depuis 40 ans. C’est plutôt bien…

Propos recueillis par Jean -Manuel Escarnot

"Plumes de Cimes", 172 pages, 35 euros. Rens : www.nature-pyrenees.com

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Commentaires

Merci. Que c'est beau un grand tétras ! Et merci de nous rappeler qu'on ne s'improvise pas photographe de la nature sauvage.

"Des rapaces qui ont repris du poil de la bête " ...il se passe de drôles de choses dans les Pyrénées!!!

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