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Le kiosque à musiques

17/01/2012

Le “grand n'importe quoi” de l'enfermement des enfants étrangers à Toulouse

Image 1SOCIÉTÉ. Plus de 60 000 étrangers ont été enfermés en 2010 dans les 27 centres de rétention français de métropole et outre-mer. C'est deux fois plus qu'il y a onze ans, soulignent France Terre d’Asile, l’Ordre de Malte, le Forum réfugiés et l’Association service social familial migrants dans leur rapport commun.

A Toulouse le centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu en service depuis 2006 (photo ci-contre) a pour "particularité" de pouvoir accueillir des familles avec des enfants mineurs. Une situation contraire à la Convention européenne des droits de l’homme et à la convention internationale des droits des enfants.

Léo Claus coordinateur de la Cimade à Cornebarrieu s’alarme des conséquences de l’enfermement des mineurs sous prétexte qu’ils accompagnent leurs parents. Entretien 

:

LibéToulouse : la particularité du centre de rétention de Cornebarrieu est de pouvoir accueillir des familles. 

Léo Claus : C’est exact. Ce n’est pas le seul en France. La Cimade n’a jamais cessé de dire qu’un centre de rétention est un lieu d’enfermement et que ce n’est pas la place d’un enfant. La Préfecture a peur que les personnes sous le coup d’une mesure de reconduite à la frontière soient tentées de disparaître du jour au lendemain. C’est pour cette raison qu’elle place des personnes en rétention afin de prévenir les risques de fuite.
Dans le cas d’une famille ce n’est pas pourtant pas le cas du fait notamment de la scolarisation des enfants. Ces familles pourraient être assignées à résidence au lieu d’être placées en rétention. D’autant plus qu’elles sont très rarement expulsées du fait de la mobilisation d’associations comme le Réseau éducation sans frontières (RESF) mais aussi d’un nombre croissant de juges qui se refusent à valider les mesures d’expulsion concernant  les familles.
L’enfermement est traumatisant et destructeur pour les enfants et leurs parents. L’administration n’a jamais voulu reconnaître l’énormité des conséquences pour des enfants témoins aux premières loges du choc que l’interpellation et la privation de liberté de leurs parents génère. Ces moments là resteront sans doute à jamais inscrits dans leur mémoire. C’est du grand n’importe quoi !  

En principe, le droit français ne protège-t-il pas les enfants contre toute mesure d’éloignement ?

Léo Claus : Un enfant placé en rétention n’a pas de statut légal. Un adulte placé en rétention est identifié. Il est inscrit avec un numéro de retenu.  Pas les enfants. Ils sont juste enregistrés en tant qu’ "accompagnants des parents".



Vous avez constaté en 2010 l’augmentation du placement en rétention administrative d’un seul parent, généralement le père... 

Léo Claus : La pratique administrative consistant à placer le père de famille au Centre de rétention puis à l’expulser se répand. Le parent demeurant en France avec les enfants est ainsi fortement incité à quitter le territoire à son tour ou contraint d’attendre dans la précarité le retour hypothétique de son conjoint.
En ce moment il y un père de famille tchétchène retenu depuis 17 jours à Cornebarrieu tandis que sa femme et ses trois enfants sont restés à Montauban. L’administration pense sans le dire que s’il est expulsé vers Moscou, le reste de la famille suivra. En 2010, 24 pères de famille ont été placés seuls au CRA de Cornebarrieu, tandis que le reste de la famille également en situation irrégulière, était présent sur le territoire.  

Quelles sont ces familles placées à Cornebarrieu ?

Léo Claus : Elles viennent pour l’essentiel d’Europe de l’est. Arménie, Azerbaïdjan, Tchétchénie, Roumanie, Kosovo.

Propos recueillis par Jean-Manuel ESCARNOT

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Commentaires

Mmmh... et on n'a toujours pas de droit de revenir en pensée 70 ans en arrière pour réfléchir à cette manière de traiter les gens ?

Pour les trolls de service : on CREE des etrangers en situation irréguliere. On n'en a pas assez faut croire, alors on en crée : avec les cartes de séjour d'un an, qu'il faut onze mois pour obtenir ; avec les circulaires nauséabondes concernant les étudiants ; avec les étranger(e)s marié(e)s à un(e) francais(e) qui se retrouvent irréguliers le jour du divorce ou du décès de leur conjoint, même après 20 ans de mariage. Avec les francais nés à l'étranger, ou d'un parent étranger, à qui on demande 3256 papiers pour refaire leur CI. Nous sommes tous, potentiellement, des étrangers en situation irrégulière, il suffit de remonter assez loin...

Donc non, toujours pas ?

Bonjour,

ne pas hésiter à poster sur le réseau scientifique terra cet entretien.

Dominique

Il y en a plus qu'assez de cette politique poudre aux yeux inhumaine. Il faudrait affecter les moyens de la rétention et de la reconduite à la lutte contre les réseaux mafieux. Mais il est vrai que c'est plus facile de faire de bons chiffres avec les étrangers légaux et illégaux qui se présentent spontanément en préfecture...
APPELONS A RESPECTER LA CHARTE DE MARIANNE !
N'HEISTEZ PAS A SAISIR LE MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE !!! à 110 euros la carte de séjour annuelle valable 1 mois, on pourrait avoir UN SERVICE DECENT ET RESPECTUEUX.

Un père de famille chinois, Mr Mo, à été expulsé le 7/01 après 45 jours au Centre de rétention du Mesnil Amelot, près de Roissy, sans avoir pu revoir sa femme et ses 2 enfants nés en France. Il vivait ici depuis 10 ans. Sa famille reste ici, dans la plus grande précarité.

Cette explusion est inquiétante, dans la mesure où la préfecture de Paris n'avait pas démantelé de famille depuis longtemps. Elle entraîne une forte mobilisation des militants du Réseau Education Sans Frontière, avec tintamares devant les écoles et signature de pétitions.

De très nombreux enfants de nos écoles vivent dans une ambiance de traque policière, leurs parents pouvant être arrêtés à n'importe quel moment, y compris sur leur lieu de travail. Les conséquences psychologiques et sociales de cette terreur permanente ne sont jamais prises en compte par l'administration. On pourra, par exemple, se reporter aux travaux et déclarations de Boris Cyrulnik sur les effets de la traque des enfants Juifs pendant la guerre pour les comprendre.

Les conventions internationales ratifiées par la France et supérieures au droit national, stipulent, pourtant, que "Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale." (Déclaration internationale des Droits de l'enfant, ONU 1989).


Décembre 2008-salle d'audience du centre de rétention de Toulouse audience du juge....Comment des hommes et femmes peuvent être arr^té par les forces de l'ordre ,privé de liberté jugé et expulsé dans un même Espace -Temps ...;je me souviens qu'il y avait un aéroport juste derrière le centre je me rappelle que des 20 prévenus seule une a eu le "Droit" de défendre son choix de rester en France....je me souviens Des Membres de la CIMADE s'interposant entre la justice la police sur le sol Français.
je me souviens aussi de ce jeune Nigérian dans un vol Lagos Londres nos passeport confisqués à tous jusqu'à Londres un seul avait oublié son nom (différent de celui du paseport) il était seul dans l'avion devant les douaniers britanniques... Et Il a eu le Droit de mettre le pied sur le sol anglais ...je me souviens que l'on m'a rendu mon passeport français.... je me souviens que j'ai parlé au personnel de bord qui m'a dit "c pas comme en France...le petit aura l'occasion de dire comment il en est "arrivé"à metre le pied en Angleterre....il rajouta..t'inquiète les avocats jamaïquains travail ici à Heathrow il sera défendu sur le Pourquoi....je me souviens que ça m'a à peine soulagé.Je me souviens de Toulouse et du juge qui ne comprenait pas la traduction du pourquoi d'un algérien récidiviste de l'expulsion.je me souviens de "enfermer et punir" de MF et je me dit que la vieille-Europe ne pourra pas se purifier de Toutes les souffrances y compris de la sienne.

plutot que de vouloir aller à guatanamo mme le juge ferait mieux de voir ce qu'il se passe dans ce camp .

Les derniers mardis de chaque mois, de 18 h 30 à 19 h 30, Cercle de Silence, Place du Capitole. C'est un appel à l'éveil des consciences. Il vient en complément de toutes les autres formes de réflexion et d'action.

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