AZF: la défense de Total à qui-perd-gagne
PROCÈS. Le conseiller à la cour d'appel de Toulouse jugeant de l'explosion de l'usine AZF, Michel Huyette est tout à fait apte à juger. Ainsi vient d'en décider le premier président de cette cour, saisi d'une demande en récusation formulée par les avocats de Total et Grande Paroisse.
Il n'est pas sûr que ce dernier échec chagrine vraiment les avocats en question.
La défense ne cesse depuis un mois de dénoncer la «partialité» du conseiller Huyette. Lequel ne poserait jamais que «des questions à charge». Lequel a eu enfin un petit geste de cour de récréation pour demander à un avocat de “la fermer” à la fin mouvementée de l'audience du jeudi 16 février.
Face à ce geste et montant sur ces grands chevaux, M° Jacques Monferran jugeait alors que la défense, victime d'une «insulte absolument incroyable», ne pouvait plus plaider dans ces conditions. Il semble que le grand cheval de M° Montferran ait pour nom Rossinante:
Les avocats des victimes de l'explosion du 21 septembre 2001 ont d'abord courtoisement moqué leur bâtonnier venu à la barre tirer les oreilles du présumé coupable conseiller. Le premier président a estimé pour finir qu'il n'y avait «pas motif à récusation».
La défense de l'industriel n'est pas pour autant dans les choux.
L'accumulation à son compteur de petites défaites de ce genre pourrait finir par semer le doute dans le public quant à l'impartialité de cette cour si, en conclusion, son jugement s'avérait lui être défavorable. C'est comme un drôle de jeu de société, là où pourtant il n'y a pas de quoi rire: une partie de qui-perd-gagne, en quelque sorte.
GLv.


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