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28/10/2012

Au PS, le «chers camarades» est une valeur en hausse

Capture d’écran 2012-10-28 à 13.49.05BILLET. «Chers-camarades», un temps remplacé par «chers amis», a été au coeur de toutes les interventions lors du congrès du parti socialiste à Toulouse.

C’est le secrétaire fédéral de Haute-Garonne, Sebastien Dénard, qui a ouvert le bal ce dimanche 28 octobre à la tribune du congrès du Parti socialiste. «Chers camarades…», lance-t-il en entame dudit bal.

Puis, re««chers camarades» pour appeler à saluer l’arrivée de Jean-Marc Ayrault (NDLR : le camarade Premier ministre, mais certainement n'est-il plus besoin de le présenter).

Petite histoire illustrée d'un vocable un moment démonétisé, puis en vogue ou, en tout cas, de retour aujourd'hui sur les scènes du Parti socialiste:

Les “camarades” Ayrault et Désir sourient au congrés. Photo: Reuters

Dans les années 80, c’est le «cher ami» qui a semblé remplacer le«chers camarades». Certainement pour se démarquer un peu des militants du Parti communiste français. Lionel Jospin n’a jamais paru pressé de ressembler à Georges Marchais. Les militants socialistes non plus, qui pouvaient juger l’expression un poil populaire, limite vulgaire, et, en tout cas, surannée.

Le Premier secrétaire Pierre Mauroy a au moins entretenu l’emploi de cette apostrophe. L’ex-maire de Lille a toujours été une des cautions ouvrières et populaires du PS. Le Premier secrétaire Michel Rocard, en revanche, lui a fait beaucoup de mal: les ministres et les énarques s’envoient rarement du «cher camarade», sinon pour rire, lorsqu’ils se croisent. Passant derrière, le Premier secrétaire Henri Emmanuelli aura eu les plus grandes difficultés à maintenir le vocable hors d’eau.

C’est depuis quatre ans, depuis le congrès de Reims que le  «cher camarade» est redevenu courant au PS, selon une observatrice appliquée de ce parti. «Camarade» aurait alors été un des signes que tout n'était pas perdu, comme une marque extérieure d’unité au moment où le parti menaçait de partir dans toutes les divisions.

On a eu peur...

Le secrétaire fédéral de Haute-Garonne n’use donc pas d’un lexique singulier. Le secrétaire, national, aux fédérations embraie après lui sur la même harangue. Comme il aurait dit «Bonjour», vient ensuite le présentateur de la “charte d'éthique du PS” qui lance tout de suite un «chers camarades», plein d'allant L’expression est à tous les coups  aujourd'hui, le passe-partout du militant PS. Et de la militante. Par quoi commence le petit discours d’Adeline Hazan, rédactrice de ladite charte éthique ? Devinez…

Et ça tombe, en suivant, comme à Gravelotte. Alain Fontanel et Sylvie Robert ne dérogent pas à ce qui est redevenu la règle : «Chers camarades», donc. Gwendal Rouillard fait tout de même précéder le sien d’un «chers amis» avant de causer de ce que serait “la Génération Hollande”. L’oratrice qui le suit fait durer le suspens : «Chers amis..» (un temps) puis, «chers délégués» (alors là, vraiment, elle joue avec les nerfs du public) et enfin «chers camarades». Ouf ! On a eu peur.

Le Haut-Garonnais ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif en aura cinq dans son petit discours. Au moins pour remercier les «chers camarades» qui auront préparé ce congrès de Toulouse. Tout de suite après, et pour finir de meubler la matinée, Frédérique Espagnac répétera six fois l’expression sans lever le nez du micro.

11h50 : Harlem Désir n’a dès lors plus qu’une solution pour entamer sa première adresse aux militants en tant que premier secrétaire du PS… Ce sera, tout en synthèse, «chers amis, chers camarades» pour commencer, puis quelques «chers camarades» bien sentis pour soulever les plus grands enthousiasmes à l'évocation de la fin du cumul des mandats ou du vote des étrangers aux élections locales. L’apostrophe se raréfie dans la demi-heure qui suit. Et le discours se conclut avec un… «chers-amis».

Déçus, les congressistes ? Non, un «chers camarades» anonyme est lancé au micro pour remercier tout le monde et clore le congrès.

GLv.
Lire le congrès avec liberation.fr

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Commentaires

C'est rigolo.
A peu près au même moment, à quelques jours près auparavant, la CFDT et la CGT font un pas en arrière quant à la bonne humeur des négociations sociales, en signifiant entre autre que le patronat a des responsabilités graves dans la compétitivité quant aux compétences de son personnel (j'ai surtout retenu le fait que l'adaptation aux évolutions était de la responsabilité du patronat, et de la formation continue). En lisant ça, je me suis dit : "ça y est, l'éducabilité de tous les adultes est le postulat qui va raviver les vieilles guerres du paritarisme. Et les patrons sont des cons à être - comme tout un chacun d'ailleurs - incapable de l'évaluer lors d'un recrutement".
On devrait revoir sortir les tests d'aptitude, les cabinets de recrutement, la psychotechnique et les tests de QI. Probablement la loi de 71 aussi.
Enfin, pour l'instant, on voit sortir aussi le refroidissement des négociations du point de vue des patrons.
Il reste le "don" : le "don" d'agacer, le "don" de se moquer, le "don" comme cette qualité intrinsèque qui trouve à s'exprimer "au mieux de sa forme" dans les circonstances adéquates...
Ce congrès est une fin de règne pour Martine Aubry, alors vive Martine Aubry. C'est le mieux pour oublier la détresse d'une grande part des gens du Nord Pas de Calais : les misérables, les pauvres, les moins riches, les plus fragiles, les riches, les ambitieux, les courageux ... dans le vilain melting pot non de l'égalité mais de la confusion.

Un “cher camarade“ qui nous évite le“camarade“, mais tous des chers camarades quand le seul mot d'ordre qui a droit de cité, c'est "cramponnons-nous“, la soupe est bonne. Noyons le poisson qui consisterait à discuter des cumuls et des mandats pour l'éternité. Depuis quand certains et certaines sont-ils députés, ou sénateurs? Pauvres militants, quelle mascarade! vous croyez exister et vous n'êtes là que pour assurer le confort de tous ces roitelets

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