Apocalypse show à Bugarach (2), les gendarmes en petits hommes bleus
SOCIETE. Suite des aventures de l'envoyé spécial de Libération sur zone d'envol des ovnis en Corbières (le compte-rendu de ce jeudi dans les colonnes du journal daté de ce 20/12/12) :
Les seuls martiens qui menacent d’êre aussi nombreux que les journalistes à Bugarach ce 21 décembre sont déjà en train de débarquer. Du moins leur avant-garde.
Laquelle a installé hier un petit PC opérationnel à la mairie. Le gros poste sera à Limoux, sous-préfecture de l’Aude, avec un PC moyen dans la vallée, entre les deux.
A la tête de cette unité, un officier siglé Sirpa, comme Service d’information des armées, et donc de la gendarmerie. C’est lui qui informera la petite foule de reporters qui se promènent un appareil photo sur le ventre ou une caméra à l’épaule, du mouvement de ceux qui ont un képi sur la tête :
La départementale 14, à la sortie de Bugarach vers le Pic. Photo: Reuters
Il y aura aussi des spéléologues et le peloton de gendarmerie de haute montagne pour interdire l’accès au labyrinthe des galeries souterraines sous le pic de Bugarach. «Et même la gendarmerie mobile», précise-t-il. Cette unité-là, faut-il peut-être comprendre, au cas où ça chaufferait trop sur et sous le sol moussu de cette petite commune submergée par une masse incontrôlable de doux dingues sûrs d’échapper là à l’apocalypse.
Le chef d’escadron Vialenc sait tout, donc. Sauf si la bataille aura lieu dans le village ou sur les flancs du pic qui le domine. Ni, surtout, si la bataille aura lieu. Les hélicoptères sont prêts à détecter le moindre encombrement routier sur le secteur. En attendant, l’officier informateur ne peut informer du nombre de mobiles, d’hommes à cheval ou de spéléos qui pourraient être nécessaires au maintien d’un ordre qui pourrait ne pas avoir à être maintenu. «En fait, conclut-il, on ne sait rien du tout.»
A l’origine de cette mobilisation de forces par ces alertes répétées depuis l’été, le maire Jean-Pierre Delord n’est pas mieux fixé. Au moins aura-t-il appuyé comme un fou sur le champignon du principe de précaution. Le seul à Bugarach à ne douter de rien est le restaurateur de la Ferme de Janou, assurant ses cinq clients du soir que cent couverts n’y suffiront plus à partir de ce mercredi. Ces clients sont cinq journalistes.
La départementale 14, à la sortie de Bugarach vers le Pic. Photo: Reuters


Commentaires