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20/12/2012

Les policiers «en milieu hostile» dans les zones de sécurité

TOULOUSE. Les quartiers périphériques des Izards et du Mirail sont classés Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP) depuis le 15 novembre dernier.

Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande avait promis de ramener «durablement» l’ordre et la tranquillité publique dans ces territoires, soumis «à l’insécurité quotidienne et à la délinquance organisée». La topographie de ces zones couvre aussi bien des cités sensibles que des centres-villes ou encore des zones péri-urbaines ou rurales.

Des paroles aux actes, ce nouveau dispositif piloté par les préfets coordonne l’action de la police, de la gendarmerie, du fisc et des services de répression des fraudes.   

A Toulouse, la "cellule zsp" dirigée par le Préfet et le Procureur de la République rassemble les patrons de la police,de la gendarmerie et des douanes mais aussi l’adjoint à la sécurité de la ville de Toulouse et un représentant du rectorat. État des lieux et des esprits selon le compte-rendu de la dernière réunion dont LibéToulouse a eu copie :

Au nord-est de Toulouse le quartier des Izards compte 14 000 habitants. Il est «composé d’une population pluri culturelle au niveau de vie assez faible. Le trafic de stupéfiants et les violences urbaines, augmentent fortement», est-il ainsi pointé.

Le "deal" de stupéfiants aurait doublé de volume en 2012. «Les individus qui s’y livrent exercent des pressions et des menaces quotidiennes à l’encontre des habitants et des bailleurs sociaux», précise le même document.

Au sud de la ville, 45 000 habitants vivent dans le quartier du Mirail. «La délinquance générale» y aurait «augmenté de 6% sur les huit premiers mois de 2012». Les atteintes aux biens et «notamment les vols de voitures et de deux roues» seraient particulièrement nombreux. «En 2011, les violences urbaines y représentaient un tiers du nombre total des violences urbaines de l’agglomération toulousaine».

Les points de fixation de ces trafics sont «connus». «Tout le monde sait où ça se passe, révéle  à LibeToulouse l’un des membres de la cellule préfectorale : à la Reynerie, au Mirail, les abords de la rue de Kiev et la place des ƒaons aux Izards sont des plaques tournantes du deal de stups».

Pour les faire "tomber", l’objectif est d'abord de centraliser toutes les infos recueillies par les différents services de police et de gendarmerie mais aussi par les bailleurs sociaux. Puis de ccordonner les enquêtes et les interpellations.

Un vœu pieu ? «Ce n’est pas la première fois que l’on décide de mettre le paquet. Mais pour y arriver, là, il faut aussi des moyens humains et techniques. Et ensuite il faut tenir le terrain. Jusqu’ici on ne voit rien venir», lâche ce policier affecté au commissariat du Mirail.

Les renforts attendus dans le cadre des zsp arriveront  en 2014. «D’ici là ça va être difficile de remettre de l’ordre», ajoute Christophe Rouget délégué du Syndicat des cadres de la police nationale.  

Vu du côté des habitants de la Reynerie, le classement de leur quartier en zone de sécurité prioritaire est le cadet de leurs soucis. «Avec 40 % de taux de chômage, la priorité c’est la survie quotidienne», ajoute Azzedine vendeur dans une épicerie de la place Abbal.

"Ici c’est un monde à part. L’entrée du métro, c’est la porte du quartier, lance Marie France travailleuse sociale. Le quartier a dégringolé en dix ans. La souffrance des habitants est grande».

Plus loin, le long de la rue de Kiev un groupe de jeunes attablés à une sanwicherie jouent à la ronda un jeu de carte espagnol. «Le problème ici c’est le respect. On ne se sent pas sur un pied d’égalité avec le reste de la population toulousaine», dit Karim, 32 ans, père de famille et sans emploi.  

Le seul policier visible sur le terrain ce jour-là est François Bergé, 63 ans. Ce retraité de la brigade financière de la PJ est délégué à la Cohésion sociale sur le secteur Reynerie, Bellefontaine. Sa mission, créée sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, consiste à restaurer le lien entre police et population. «Je dépatouille des petits trucs. Je fais remonter les problémes des habitants par rapport à la police. Et j’explique à mes anciens collègues à qui ils ont affaire ici», raconte-t-il. La plupart d’entre eux se sentent en terrain hostile lorsqu’ils patrouillent dans le quartier. Je les comprends».

J-M.E

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