Toulouse cicatrise ses plaies un an après les crimes de Mohammed Merah
HOMMAGE. Le président de la République François Hollande s’est déplacé à Toulouse pour la cérémonie d’hommage aux victimes de Mohammed Merah organisée dimanche 17 mars. L’intervention du chef de l’Etat et la marche de recueillement qui l’a précédée, ont été le point d'orgue d'une semaine durant laquelle Toulouse et Montauban se sont replongées dans l'horreur.
« Nous avons besoin de cicatriser les plaies » : à l'instar de Lydia, 34 ans, psychologue interculturel dans le quartier du Mirail accompagnée de sa fille de cinq ans, 1500 personnes parmi lesquelles des familles de victimes ont suivies la marche organisée par la ville de Toulouse. Verbatim sur le parcours entre la Place Saint-Étienne et le square du général de Gaulle.
Photo : L'hommage de François Hollande DR: Sarda Lydie
Mohammed, 40 ans, handicapé en chaise roulante s'est déplacé avec deux amis, Tsilezy et Zakaria, 19 ans chacun. « On parte toujours des musulmans négativement. Je ne comprends cet acharnement. Le musulman que je suis n'est pas radical. Je suis sociable et ouvert. Je ne veux pas que ce tueur d’enfants soit assimilé à tous les musulmans », lâche-t-il.
La marche démarre. Au premier rang il y a Abel Chennouf le père de l'un des militaires du 17 RGP de Montauban tués par Mohamed Merah. Derrière lui il y a d'autres familles parmi lesquelles celles des élèves de l'école juive Or Torah. Léa, 15 ans s’accroche comme à une bouée au bras de sa mère Myriam. « Elle arrive à peine à reprendre le métro depuis seulement deux mois, souffle sa mère. C'est dur. Cela va prendre du temps ». Sa voix se brise. Puis elle reprend : « Évidemment il fallait commémorer. La présence de François Hollande est importante. Mais quand arrêtera-t-on de nous montrer la photo de Mohammed Merah dans les journaux? ».
Alain, 75 ans et sa compagne Marie, 65 ans, militants PS, se sont levés tôt ce matin pour venir depuis Lauzerville une petite commune de la banlieue toulousaine. « Pour témoigner de notre refus du terrorisme », annonce Marie. « C'est un cas isolé », reprend son compagnon qui ne veut pas croire aux dizaines de Mohamed Merah potentiels évoqué par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
11h Au terme d’un parcours de quelques centaines de mètres la marche rejoint la tribune du square Général de Gaulle sur laquelle François Hollande va prendre la parole. Un important dispositif policier quadrille les lieux. Les hommes du Groupe d’intervention de la police nationale (GIPN) sont postés sur le donjon du Capitole et les toits environnants.
11h20. Le chef de l’Etat rappelle qu’il est venu délivrer à Toulouse un message de «solidarité» et «d’unité» aux familles, et dire «que la démocratie est toujours plus forte que le fanatisme». A Montauban et à Toulouse, «c’est la France qui a été agressée. En tuant des soldats, en s’en prenant à des enfants dans une école, c’est la République que l’on va voulu frapper en son cœur» mais la «République a tenu bon» et la «France a surmonté l’épreuve», déclare-t-il.
11h40. Le Président de la République et le Maire plantent un magnolia en symbole de la dignité. La foule se disperse. Les imams étaient invités à déjeuner par les représentantes de la communauté juive à l'espace du judaïsme.
J-M.E


juste une question:
Tous les articles parlent de représentants des communautés juive et musulmane. l'église de France était-elle absente ?
Rédigé par : Omer_dalor | 17/03/2013 à 18h29
Les cathos ?... Ils devaient tous être au Vatican voir FRANÇOIS !
Rédigé par : Ph.G | 17/03/2013 à 20h43
C'est vrai que je n'ai pas vu ce matin de représentants des Eglises, alors que le marche démarrait devant la cathédrale ! Mais pas de polémique inutile : dans cette commémoration, le plus important était que les Musulmans et les Juifs de Toulouse montrent ensemble qu'ils refusent les amalgames,la haine et tout discours de vengeance. Les Chrétiens, je crois, se sentent concernés aussi par ce long combat contre l'antisémitisme, l'islamophobie et tous les discours de haine. Simplement, ils étaient moins au coeur du drame, cette fois-ci.
Rédigé par : Pedro | 17/03/2013 à 21h59
Il y avait également les représentants de l'église catholique et des représentants protestants. J'étais juste à côté d'eux, il y avait probablement d'autres représentations aussi... Il n'y a pas lieu de polémiquer, chacun a fait son devoir, et quelques que soit notre religion, où absence de croyance, nous étions là pour honorer la mémoire des victimes.
Rédigé par : Lima | 18/03/2013 à 10h44
Les articles pointent du doigt les deux communautés qui ont été les plus touchées par cette tragédie. Merci JME.
@ Omerdalo : Nulle part nous ne lisons les regrets ou l'amertume des représentants d'une police qui a failli à sa mission et d'une église peu loquace sur cet attentat contre l'Etat français!!!
Rédigé par : Fleur des Alpes | 18/03/2013 à 18h56
Je viens de lire sur le site de la Dépêche de Toulouse l'annonce de la cérémonie du 19 mars pour l'école juive et toute la communauté juive. Si peu que la pensée de chacun puisse pour ceux et celles qui sont traumatisés par les meurtres qui ont lieu il y a 1 an ... si peu, ce n'est peut-être pas rien. Sincèrement.
Rédigé par : Claire-Hélène | 19/03/2013 à 10h54