TGV : la machine à promettre à grande vitesse
TOULOUSE-PARIS. C'est selon. À considérer qu'il est depuis vingt ans le sujet d'une conversation qui n'aboutit jamais, le TGV Paris-Toulouse est une machine à désespérer. Le paradoxe est qu'il autorise aussi les élus à annoncer régulièrement de «bonnes nouvelles» au peuple voyageur.
L'approbation par la ministre des Transports hier lundi 9 janvier du tracé reliant Bordeaux à Toulouse est ainsi saluée par la président de Midi-Pyrénées comme «une étape importante» de la réalisation du chemin de fer à Grande Vitesse vers la capitale.
Cette énième «étape majeure» ne conduit pas à recruter tout de suite des chefs de gare. Elle ouvre juste sur la possibilité que soit lancée une enquête d'utilité publique aux horizons 2013 et l'éventualité qu'un décret soit promulgué dans les brouillards de 2014.
À noter que Martin Malvy ne prononce rien qui pourrait engager sa parole quant à la réalité prochaine d'un voyage SNCF Toulouse-Paris en trois heures.
En 2003, le ministre Bussereau annonçait que cette même enquête était susceptible de démarrer en 2004 pour une mise en service du TGV en 2015... Le maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy se voyait alors déjà dans le train et insistait sur «l'efficacité» de ses amis du gouvernement Raffarin.
Toutes les autorités comptent quelque 12 ans entre le lancement de l'enquête et la mise en service après fin des travaux... Si par miracle tout devait se dérouler comme sur du billard, le TGV sifflerait donc au mieux en 2025 en gare Matabiau. Ça laisse encore 13 ans aux élus pour se réjouir des étapes décisives qui d'ici là seront franchies...
La perspective de l'ouverture de la ligne Toulouse-Paris ne saurait toutefois faire dire au chef de la bataille du rail Martin Malvy que l'essentiel est fait. Il n'aurait tenu qu'à lui, une ligne TGV Toulouse-Barcelone était bien plus importante pour le développement économique de Midi-Pyrénées.
LibéTse.

