
PRÉSIDENTIELLE. Hollande 70,80 % des votes, Sarkozy 29,20%: la ville de Jean Jaurès a voté. Qu'elle vote à gauche n'est pas une surprise depuis 1892. Que François Hollande fasse 6 points de mieux que Ségolène Royal et 2007 (à 64,74% tout de même) en est une, en revanche.
81,77% pour Hollande, 18,23% pour Sarkozy. C'est «plié» pour le bureau de vote n°7 de la ville de Carmaux. Un bureau «un peu âgé, peut-être» selon un scrutateur. «Mais un bureau vraiment très populaire», insiste la scrutatrice de la table à côté. Tout aussi populaire, le bureau n°6 fait plus fort encore.
Les électeurs carmausins viennent attendre, salle François Mitterrand, le résultat national de 20 heures. Avec une sorte de sérénité heureuse. «Celui qui se présentait comme le candidat du peuple, chante un de ces visiteurs visant Nicolas Sarkozy, n'aura pas eu les voix du peuple. Faut pas nous prendre pour plus cons que nous sommes».
À l'heure du dépouillement, trois tables de huit personnes dans cette grande salle. Et un arc de personnes tout autour, bras croisés, comme sagement rangés derrière une ligne fictive de discrétion.
Un scrutateur tire quatre bulletins Sarkozy d'affilée. «Mauvaise main», s'amuse-t-il.
À 19h10, une fois l'affaire close, les tables écartés, les portes réouvertes, il n'est déjà plus possible de s'entendre: les premiers essais de sono sont lancés pour la boum du soir.
Les pancartes en occitan “Avem gagnat” - “on a gagné”- feurissaient depuis une heure dans la salle de vote qui allait devenir salle des fêtes. Mais rien ne vaut, apparemment, l'apparition du portrait du vainqueur à 20 heures sur l'écran géant dressé, mais sans grand effet, pour échapper à la lumière rasante du soleil couchant qui entre par les fenêtres.
Le militant Thierry Ichard, pourtant informé de la victoire de son champion dès 19h 15 se laisse surprendre avec des larmes aux yeux. «On a gagné, on a gagné», s'époumone en une sorte d'ivresse heureuse la secrétaire carmauine du PS, elle aussi pourtant pareillement informée.
En 1981, le maire de Carmaux Jacques Goulesque avait eu un petit moment de défaillance, un léger évanouissement à l'heure de l'annonce de la victoire de François Mitterrand. Il n'avait eu aucune information avant 20 heures.
GLv.
L'explosion de 20 heures, et d'abord le dépouillement. Photos: Christian BELLAVIA