Sarkozy, Louis XIV et la démographie de la France
(Paru dans Libération ce mardi 7 février)
POLITIQUE. La visite présidentielle d'une crèche hier mardi 7 février à Lavaur, 11 000 habitants dans le Tarn, ne s'imposait peut-être pas. Puissance invitante, le député-maire UMP-Droite populaire, Bernard Carayon est lui-même incapable de dire pourquoi sa ville a été choisie pour illustrer le thème de la politique familiale, -«ça, il faut demander à l'Élysée».
«Si je suis venu à Lavaur, a enfin expliqué le chef de l'État en préambule à son discours à la Halle d'Occitanie devant 600 invités, ce n'est ni «pour détailler un programme» ni pour «dresser un bilan». Mais pour «saluer la natalité et donc la vitalité de la France».
Si Nicolas Sarkozy endosse le costume du chef qui dynamise et du père qui protège les «vraies forces du pays», il n'est donc toujours pas de candidat. Et ce n'est ainsi pas en temps que tel qu'il cogne, sans jamais le nommer, sur François Hollande et son programme.
La politique familiale ne serait ainsi pas à confondre, comme le candidat PS le ferait, avec une politique sociale, glisse le président sortant: «elle s'adresse à tous les Français sans aucune distinction d'origine ou de milieu... La République ne regarde pas si les familles sont aisées ou modestes». « «Ajouter à la remise en cause du quotient familial, la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, développe-t-il, et vous aurez affaibli durablement une politique fiscale intelligente qui permettait aux familles des classes moyennes d'élever leurs enfants».
Citant Charles Péguy, et un petit peu Victor Hugo pour la balance, invoquant les saignées de 14-18, Nicolas Sarkozy veut puiser dans la démographie les forces qui lui manquent peut-être un peu ailleurs:
Sarkozy invoquant Louis XIV, Charles Péguy et Angela Merkel. Photo: Reuters

